[Rentrée 2018 ] Fin du redoublement en Paces, qu’est-ce que ça va changer ? Frédéric Dardel, président de l’université Paris-Descartes dont le pôle santé forme près de 15 000 étudiants par an nous répond. Il décrit les nouvelles modalités d‘accès aux études de santé, la Paces One, testées par son université. Il revient aussi sur la réussite dans l’une des filières parmi les plus sélectives en France.

 

Sait-on dire qui va ou non réussir en Paces ?

Frédéric Dardel, président de Paris-Descartes ©F POLETTI

Frédéric Dardel, président de Paris-Descartes ©F POLETTI

Nous savons par expérience que depuis 8 ans à Paris-Descartes aucun bachelier non-scientifique n’a jamais intégré les études en santé après la Paces (Première année commune aux études de santé) ! Et pourtant, chaque année ils sont 150 à 250 à s’y inscrire … Au fil des années ce sont des milliers d’étudiants qui perdent un et le plus souvent deux ans de leurs études.

En revanche il est difficile de dire quels bacheliers S vont réussir. Car en Paces, ils mettent en œuvre de nouvelles compétences, comme la capacité de mémorisation et à fournir un travail intense.

Inutile le redoublement ?

Nous constatons que 95 % de ceux qui réussissent après un redoublement étaient après la barre. Nous constatons aussi qu’un redoublant qui travaille bien augmente ses résultats de deux points et demi. Il est donc évitable de laisser ceux dont nous savons d’avance qu’ils n’ont pas vocation à réussir de perdre un an supplémentaire ! Aujourd’hui, 80 % des étudiants redoublent ou sont réorientés. Nous allons donc éviter un énorme gâchis.

Fin du redoublement en Paces, comment cela va-t-il fonctionner concrètement ?

Aujourd’hui, au-dessous d’un certain seuil de résultats il est déjà impossible de redoubler la Paces. Quatre universités parisiennes (Paris-Descartes, Paris-Diderot, Pierre et Marie Curie et Paris-Est Créteil) vont tester à partir de la rentrée 2018 une nouvelle formule de sélection à l’entrée dans les études de médecine à l’issue de la Paces.
Elles organiseront d’abord un examen ouvrant à 75 % du numerus clausus en mai. Puis, elles proposeront à ceux qui ont été recalés de justesse de passer un oral de rattrapage. Cet oral permettra d’évaluer les connaissances, le projet professionnel, les compétences et la motivation des candidats. Ceux qui auront été collés à l’examen ne seront pas autorisés à redoubler. Ceux qui auront été collés à l’oral auront la possibilité d’intégrer une filière AlterPaces en 2ème année de Licence, et de retenter leur chance en cursus médical à l’issue de leur Licence en psychologie ou sciences, s’ils le souhaitent. Les étudiants intégrant ainsi les études de santé représentent à ce jour environ 5 % du numerus clausus.
Une réforme du contenu de la Paces est par ailleurs en préparation pour 2019.

Quelle est la situation aujourd’hui à Paris-Descartes ?

Paris-Descartes est la seule université d’Ile-de-France qui prépare aux 4 débouchés de la Paces : médecine, odontologie, maïeutique, pharmacie. Elle accueille aussi les élèves d’instituts de formation d’infirmiers, et a développé une large offre en formation continue pour les professionnels de santé. Elle accueille ainsi plus de 15 000 étudiants en santé par an.

Sur les 8 000 places de Paces en IDF, Paris-Descartes en offre 1 400. Aux primants s’ajoutent 1 000 doublants. Nos promotions de Paces ont donc un effectif de 2 400 étudiants.
Selon les années et le numerus clausus, nous offrons ensuite :

  • 350 places en médecine, jusqu’avant le non-redoublement, 100 étudiants intégraient après un an, et 250 après redoublement
  • 110 en pharmacie
  • Une 60taine en dentaire
  • Une 60taine en maïeutique

Pour info : cette année, l’université a plus d’inscrits titulaires d’un Bac S avec mention TB (en tenant compte des doublants) que de places en santé à l’issue de la Paces …

Quels effets attendez-vous du non-redoublement ?

L’année 2018/2019 sera hybride puisque nous accueillons les redoublants de 2017/2018. Nous aurons donc cette année encore 2 400 étudiants en Paces. Avec la fin du redoublement, ils ne seront plus que 1 400 à la rentrée 2019. Ainsi à ressources et moyens égaux, nos enseignants encadreront moins d’étudiants. C’est évidemment un atout pour les accompagner et les faire réussir. Au plan logistique et matériel également les choses vont s’améliorer. Les salles et amphi, TD seront moins saturés. Sur le plan logistique, les choses vont être grandement simplifiées et facilitées. Nous allons pouvoir renforcer nos systèmes de tutorat, d’accompagnement.

Comment éviterez-vous la rupture d’égalité entre les primants et doublants de cette année hybride ?

Une augmentation exceptionnelle du numerus clausus est prévue pour éviter cela. Les redoublants auront un numerus clausus dédié. Un numerus clausus sera aussi réservé aux primants.

Toutes infos sur les nouvelles modalités d’accès aux études de santé testées à Paris-Descartes – la Paces One – c’est par ici