Du haut de ses 28 ans, Gaëtan Bizard a déjà vécu plusieurs vies. Batteur, il a également été table d’hôtes en Roumanie avant de revenir en France et de rejoindre Grenoble École de Management. Étudiant en première année du PGE, il place aujourd’hui son amour de l’art au service de la business school dauphinoise.

 

D’où vient votre passion de la musique ?

Enfant, j’étais hyperactif. Ma mère a alors eu la bonne idée de m’inscrire à la batterie vers mes 11 ans pour me canaliser. Et ça a marché ! De fil en aiguille, j’ai rencontré des copains qui faisaient de la musique et j’ai gagné en expérience.

Vous avez joué donc rejoint de nombreux groupes ?

Oui. Le premier était constitué d’amis d’enfance qui étaient passés par le Conservatoire de Lille. Notre musique était très éclectique : du jazz au blues en passant par la funk ou le métal. J’ai ensuite rencontré un groupe spécialisé dans les medleys : Medley Peace. Avec eux, j’ai fait quelques scènes, notamment pour des associations comme Le Secours Populaire ou pour les sans-abri.

Vous êtes ensuite allé en Roumanie ?

Encore étudiant à Sciences Po Lille, je suis parti en Erasmus dans ce pays. C’est là où j’ai commencé les jam-sessions dans un bar. Cela m’a permis de rencontrer de nombreux musiciens dont un groupe de funk/rock avec qui j’ai joué lors du Nouvel An par -20°C. De très bons souvenirs ! J’ai également rencontré un autre groupe de Français spécialisé dans les medleys. La musique ne subvenant pas à mes besoins, j’ai fini par ouvrir une table d’hôte dans mon appartement en Roumanie et j’ai abandonné mes études. Malgré tout, j’ai toujours poursuivi mes jam-sessions. C’est ce qui m’a permis de rencontrer ma petite amie.

Vous êtes ensuite rentré en France en décembre 2017 ?

En effet. J’y ai retrouvé tous mes amis d’enfance qui avait fondé le groupe Caresses. Ils essayaient de se lancer depuis plus d’un an et demi et voulaient enregistrer leur album et faire le plus de scènes possible. Je les ai rejoints en tant que batteur. C’était une expérience concrète, très professionnalisante. Nous sommes même partis en tournée en République tchèque. Une expérience très sympa, car le bar dans lequel nous devions jouer à Prague nous a déprogrammés peu de temps avant notre arrivée. Nous nous sommes donc tournés vers l’une des plus grandes boîtes de nuit de la ville qui met en avant des petits groupes de pop-rock. Ils nous avaient tellement aimés, qu’ils nous avaient réservé le meilleur créneau, celui de 1h du matin !

C’est aussi le moment où vous passiez les concours de GEM ?

Je me suis rendu compte que je ne pouvais pas travailler sans diplôme. Un ami m’avait parlé des admissions parallèles de GEM et j’ai décidé de m’inscrire. Alors que Caresses commençait à préparer sa tournée d’été dans de nombreux beaux festivals, j’ai annoncé que j’étais accepté au sein de la business school et que je les quittais à la rentrée. Ils m’ont alors déprogrammé de cette tournée et nous avons continué notre route chacun de notre côté.

Aujourd’hui, comment alliez-vous votre passion et votre formation ?

En rentrant à GEM, j’avais peur de devoir sacrifier la musique, mais j’ai pu m’impliquer dans l’associatif et j’ai rejoint Jam’In. Cette asso étudiante est l’un des plus gros organisateurs de jam-sessions à Grenoble. GEM nous a permis de mettre en place de nombreux projets : un concert à Noël, mais aussi pour le Trophée des Arts et pour le Festival de géopolitique… Et nous ne comptons pas nous arrêter là ! Nous sommes actuellement en train de créer notre label qui offrira plus de visibilité aux petits groupes. L’école m’a aussi offert la possibilité de donner des cours de musique aux étudiants. On y apprend en s’amusant. L’objectif : montrer qu’avec un peu d’entraînement, on peut pratiquer d’un instrument. C’est une expérience réussie qui sera renouvelée l’année prochaine !  

Gaëtan Bizard en 4 notes

Votre genre musical préféré ?

La funk  

Vos artistes préférés ?

Miles Davis
Chinese Man
Red Hot Chili Peppers  

Si vous deviez jouer pour un groupe connu ?

Ce serait les Red Hot Chili Peppers. C’est d’ailleurs l’un des premiers groupes qu’on apprend à jouer à la batterie lorsqu’on est enfant !  

Si vous deviez choisir un autre instrument ?

Je me suis beaucoup intéressé aux percussions et notamment le cajon qui permet d’avoir une approche plus détendue de la musique. Je m’installe dans un parc avec cet instrument et je me fais immédiatement des amis. C’est comme ça que j’ai rencontré Medley Peace.