Une femme à la tête du plus important réseau de chauffage urbain de France ! Directrice Générale de la CPCU  (Entreprise Publique Locale filiale de la Ville de Paris et d’ENGIE) depuis six mois, Camille Bonenfant – Jeanneney (X 2000, Sciences Po et ENPC 2006) nous raconte comment ENGIE fait de tous ses talents, sans distinction, des acteurs de la transition énergétique locale.

 

© Antoine Meyssonier

Comment la CPCU œuvre-t-elle au quotidien pour la transition énergétique ?

En zone urbaine dense, un réseau de chaleur est écologiquement plus pertinent que de multiples installations de chauffage collectif ou individuel, plus optimisé en termes de distribution d’énergie et bien moins émetteur de gaz à effet de serre. Et lorsque les ressources du territoire nous permettent de produire ou de récupérer cette chaleur localement, nous faisons un grand pas vers la transition énergétique de la ville. Près de 45 % de la chaleur distribuée par la CPCU est issue de la valorisation énergétique des déchets ménagers. A l’idéalisme d’un monde sans aucun déchet, nous préférons le pragmatisme et la pérennité de la valorisation énergétique au bénéfice du réseau de chaleur. Nous œuvrons aussi pour une substitution progressive mais certaine du charbon par des granulés de bois et du gaz par du biogaz. Une stratégie significativement gagnante : depuis que nous avons introduit la biomasse dans notre mix énergétique qui a ainsi dépassé les 50% d’énergies renouvelables et de récupération, nous avons diminué de 250 000 tonnes nos émissions de CO2 par an.

Comment managez-vous cette transition ?

En mode collectif ! Si la force du réseau de chaleur de la CPCU se puise dans son histoire, sa capacité à s’adapter à la fois aux besoins des populations et aux exigences urbaines et environnementales, nos 580 collaborateurs ont aussi besoin d’expertises complémentaires pour aller au bout du chemin que nous avons tracé. La transition énergétique passant également par une meilleure maîtrise de la consommation d’énergie des bâtiments, nous travaillons main dans la main avec toutes les filiales d’ENGIE expertes de l’efficacité énergétique. Nous sommes tous des pièces d’un même puzzle.

Des projets particulièrement novateurs auxquels pourront contribuer de jeunes diplômés ?

Nous venons de signer la convention de mise à disposition de la chaleur des data centers installés par la Ville de Paris dans le quartier Chapelle International pour y héberger ses données numériques. Plutôt que de climatiser ces installations particulièrement calorifères, nous allons récupérer la chaleur générée, l’injecter dans une boucle d’eau tempérée et ainsi alimenter le chauffage des bâtiments alentours dès 2019.

Nous travaillons aussi à minimiser l’impact sur la voirie de nos opérations de maintenance et de surveillance de notre réseau souterrain de canalisations . C’est ainsi que nous avons récemment développé l’inspection par piston instrumenté des canalisations, mise en œuvre cette année sur plus de 10 km. Dernier test en conditions réelles : nous avons inspecté l’état de nos  tuyaux situés sous une place du 12e arrondissement sans toucher à la chaussée.

Vous évoluez depuis toujours dans des milieux trustés par les hommes : cela a-t-il eu un impact sur votre parcours ?

Chez moi, la scientifique, c’était ma maman et le littéraire, mon père. Ma grande chance est de n’avoir jamais vu de différence entre hommes et femmes à la maison : j’ai été élevée de la même manière que mon frère et ma liberté de choix était réelle. Il est certain que je n’ai pas toujours eu beaucoup de femmes autour de moi (nous étions 5 dans ma classe de Terminale !) mais je n’ai jamais vraiment senti de différence et d’interdit. La liberté de choix : c’est ça la clé.

 Une leader est-elle un leader comme les autres ? Si le métier d’ingénieur en appelle à des fondamentaux totalement asexués (curiosité, attrait pour des sujets techniques, envie de trouver des solutions…), la perception du leadership répond à d’autres codes. Il y a une vingtaine d’années, une femme leader était malheureusement souvent obligée de singer des attitudes masculines et de « faire semblant ». Mais les choses changent peu à peu : le fait d’avoir une relation différente aux rapports de force ou aux émotions ne remet plus en cause notre légitimité.

Les chantiers prioritaires pour améliorer la représentativité des femmes dans l’entreprise ?

D’abord, ne pas transiger avec la compétence : il n’y a rien de pire pour desservir une femme que de dire qu’elle est à sa place parce qu’elle est une femme. Il faut ensuite encourager les femmes à postuler. Enfin, lors d’entretiens d’embauche, les hommes n’hésitent pas à me démontrer par A + B à quel point ils sont formidables ; en revanche, il n’est pas rare que des candidates me fassent part de leurs doutes sur leurs compétences et leurs aptitudes. En tant que recruteur, il est essentiel de passer outre cette autoévaluation biaisée et d’accepter de faire le pari des femmes. En entreprise, il ne faut pas hésiter à faire partie de réseaux. A mon arrivée chez ENGIE, j’ai rejoint le réseau WIN – Women In Networking où je retrouve des femmes issues de toutes les Business Units du Groupe pour échanger de façon libre et bienveillante.

On dit souvent que les femmes censurent leurs ambitions par manque de rôle modèle. Quelles sont les figures qui vous ont inspirée ?

Sur un plan philosophique je suis très impressionnée par la personnalité et la figure de Simone Veil. J’ai débuté ma carrière au sein de la Représentation permanente de la France auprès de l’UE et parmi tous ses combats, son engagement européen m’a évidemment particulièrement touchée. Je citerais également Isabelle Kocher pour son charisme et son intelligence stratégique hors du commun. D’un point de vue privé enfin, je suis persuadée que je ne ferais pas ce que je fais aujourd’hui sans ma famille et ma maman en particulier. Professeur de mathématiques, elle m’a ouvert la voie des sciences et aujourd’hui encore, son soutien et sa bienveillance vis-à-vis de mes choix sont plus que précieux.

Votre conseil à une jeune femme pour aller au bout de ses rêves ?

Ose un peu d’impertinence, c’est comme ça que tu feras bouger les lignes !

 #BalanceTonCliche

Quand une femme évoque son équilibre vie professionnelle / vie personnelle, la réaction immédiate de son entourage est toujours « c’est bien pour ses enfants ». Bien sûr que c’est important pour notre famille… mais c’est surtout important pour nous ! Cet équilibre ne conditionne pas que le bonheur de nos enfants, il conditionne aussi le nôtre. Pour ma part, je profite tous les jours de ces petits moments à moi pour m’évader dans des romans. Mon auteur fétiche ? Dostoïevski.

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