les 25 ans de la promotion 87

 

N°3 en Europe, le pôle transport ferroviaire de marchandises (TFM) de la SNCF a entrepris une transformation sans précédent afin de créer un grand réseau de fret européen et de devenir un champion en la matière. Directeur financier et juridique de ce pôle, Alain Ribat exerce un rôle opérationnel et stratégique. Passionné par la dimension managériale de son job, cet ESSEC 87 a développé une passion pour la trompette, un instrument avec lequel on ne peut pas tricher.

 

Alain Ribat, ESSEC 87, directeur financier et juridique du Pôle transport ferroviaire de marchandises de la SNCF

Alain Ribat, ESSEC 87, directeur financier et juridique du Pôle transport ferroviaire de marchandises de la SNCF

Après 3 ans dans le conseil chez Accenture, Alain Ribat intègre Valeo, puis Carrefour, dans des postes opérationnels et financiers. Chez Carrefour, il prend goût à l’univers opérationnel de la logistique et du transport, un secteur clé et rejoint Geodis, racheté par la SNCF en 2008. Numéro 3 en Europe, le pôle TFM comprend la partie Fret SNCF, qui fait partie de l’EPIC SNCF, qui regroupe 10 000 personnes et réalise 1.2 milliard d’€, et une cinquantaine de filiales en France ou à l’étranger qui emploient 3 300 personnes et réalisent 800 M€. Le pôle a développé des expertises assez différentes notamment dans le transport de dimension exceptionnelle, les trains très lourds, le wagon isolé, le transport à proximité des ports internationaux, le transport combiné ou sur longue distance et les autoroutes ferroviaires. Le pôle dispose également d’un réseau européen qui couvre les grands bassins industriels européens qui lui a permis de gagner des contrats multinationaux. Il vise encore à développer des offres de bout en bout en association avec Geodis.

 

Faire évoluer le fret SNCF
Dans ce secteur d’avenir, sous fortes contraintes, très challengé, le pôle TFM a pour objectif d’atteindre l’équilibre d’ici quelques années et a engagé énormément de travaux pour faire évoluer le fret SNCF. Le premier grand projet concerne l’activité wagons isolés, que la SNCF était seule à proposer, et qui consiste à faire bénéficier les clients d’une offre restructurée, Multi-lots Multi-clients, adaptée à l’évolution du marché. La deuxième évolution, plus organisationnelle, a consisté à créer 4 entités au sein de Fret SNCF qui sont à la fois en charge d’un secteur d’activité et d’une région de production, ce qui s’accompagne pour Alain Ribat d’un gros travail de refonte complète des outils de pilotage et du dialogue de gestion avec les 4 patrons de business units. Le dernier gros projet, qui a pour objectif de réduire le gâchis de ressources, concerne la refonte des processus de production pour les adapter à la nouvelle donne ferroviaire. Ces 3 chantiers majeurs doivent permettre à moyen terme à Fret SNCF d’équilibrer ses comptes. La Direction financière accompagne ces sujets, elle est même force de proposition, « ce qui m’intéresse dans mon job à la fois opérationnel et stratégique c’est de contribuer à orienter les décisions stratégiques. »

 

Améliorer la culture économique
Pour recadrer les réponses aux appels d’offres commerciaux, très hétérogènes, y répondre plus finement, avec les bons repères économiques, Alain Ribat a mis en place avec les commerciaux, les producteurs et les concepteurs de plans de transport un guide de valorisation et de cotation des appels d’offres. « Améliorer la culture économique des producteurs, cadrer l’imagination des commerciaux, faire accepter sa valeur ajoutée en étant pédagogue constitue une partie passionnante de mon job. Chez Fret SNCF, le champ des possibles est extrêmement vaste, l’engagement des agents me stupéfie tous les jours, j’ai rarement vu un tel niveau d’engagement, leur attachement à l’entreprise crée un état d’esprit, c’est un vrai bonheur de travailler dans un tel environnement, et d’arriver à faire progresser ses collaborateurs quand ils sont là pour 40 ans. »

 

L’état d’esprit de l’ESSEC, un mélange de solidarité et d’audace
« J’ai l’impression que c’était hier, d’autant plus que j’ai la chance de faire partie d’une promo qui se réunit périodiquement sur la péniche d’un de nos camarades à Boulogne. J’ai notamment le souvenir de la photo de promo. Hormis la photo classique sur les marches de la préfecture de Cergy Pontoise, nous avions fait une photo de la promotion avec une immense banderole marquée «Plus jamais ça » qui marquait la fin de l’année et faisait référence à l’affaire Malik Oussekine, mort sous les matraques des policiers lors d’une manifestation étudiante contre les lois Devaquet. Cela reflétait bien l’état d’esprit de l’ESSEC, un mélange de solidarité et d’audace. L’ESSEC m’a enseigné l’importance du travail et l’humilité. Je me suis rendu compte avec le temps qu’il faut savoir reconnaître ses limites, de reconnaître que l’on a besoin des autres. »
Passion
La trompette, un instrument avec lequel on ne peut pas tricher
« Natif de Toulouse, j’ai une passion pour le rugby dont les valeurs me sont extrêmement chères. J’ai une autre passion pour la trompette. Mon rêve d’en jouer s’est réalisé. A l’âge de 7 ans, j’ai été l’élève d’un élève de Maurice André, le plus grand trompettiste de tous les temps, et de son fils Lionel. Après avoir étudié au conservatoire, j’ai fait partie de l’orchestre des Grandes Ecoles et d‘un quintet d’instruments à vent. Nous donnions des concerts dans les églises du Quartier Latin. J’ai choisi de faire mon service dans la musique militaire à Châteauroux avec un général de caserne qui adorait la musique, et en compagnie d’un professionnel de la trompette. Pendant un an, j’ai fait 6 heures de trompette par jour, du jazz, de la variété et j’ai été, en uniforme, dans les villages de la Creuse, jouer la sonnerie aux morts et faire des concerts dans des maisons de retraite. »