Céline Guivarch, directrice de recherche à l’École des Ponts ParisTech, économiste au CIRED (Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement) et contributrice aux travaux du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) fait partie des 13 experts nommés fin 2018 pour former le Haut conseil pour l’action climatique. Intégrer cette instance indépendante est à l‘image de sa vision d’une recherche au service de l’intérêt général.

 

Une surprise cette nomination ?

Je ne sais pas comment j’ai été identifiée. Je suppose que cela est lié au fait que je fais partie des auteurs du rapport du GIEC qui sortira en 2021. Mon laboratoire aux Ponts, le CIRED, est aussi réputé pour ses travaux sur le changement climatique.

Un honneur aussi ?

Cette nomination est une reconnaissance, mais surtout une responsabilité ; et je veux être à la hauteur ! Je suis heureuse de me dire que je participe au début de quelque chose. Ce qui m’importe, c’est que nos travaux soient utiles. Car pour moi, faire de la recherche, c’est contribuer au bien commun. Sur le sujet du changement climatique, cet état d’esprit est porté à son paroxysme car nous vivons tous sur la même planète.

Comment est né ce moteur chez vous ?

Ma mère et mes professeurs ont cultivé et fait grandir chez moi le désir de comprendre le monde qui m’entoure. L’envie de recherche est née à Polytechnique où contribuer au bien commun est une valeur phare. J’ai choisi le corps de Ponts, me plaçant au service de l’Etat. J’ai réalisé une année de césure en Asie centrale où j’ai découvert que je voulais travailler sur l’impact du changement climatique dans les dimensions sociales et économiques. Et j’ai engagé ma thèse au CIRED.

Quelle contribution pensez-vous apporter au sein du Haut conseil ?

Mon expertise porte sur les implications économiques du changement climatique et l’évaluation économique des scénarios de transition vers des économies sobres en carbone. Le groupe est appelé à considérer d’un point de vue indépendant les politiques publiques en matière de climat. Nous allons travailler sur le fond dans une approche globale, et sur des enjeux précis pour favoriser l’action publique. Mais nous resterons dans notre rôle d’experts qui analysent différentes trajectoires pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. C’est le débat public et le politique qui décideront in fine du chemin à emprunter.

« Le chercheur a toujours en tête le rêve de construire un monde meilleur »

« L’esprit humain est ainsi fait, et c’est assez beau : il veut toujours évoluer »