«Les élèves des grandes écoles qui incarnent la méritocratie à la française, portent sur leurs épaules des enjeux importants puisqu’ils participeront demain aux changements de la société.» Jeannette Bougrab, secrétaire d’Etat à la jeunesse et à la vie associative.

Jeannette Bougrab et Patrick Simon

 

« Le service civique est un dispositif adopté en mars 2010 »
Il vise à proposer à des jeunes âgés de 16 à 25 ans des missions d’intérêt général sur une durée de 6 à 12 mois. Ces missions, prioritaires pour la Nation, peuvent être assurées dans le cadre humanitaire, notamment lors d’un sinistre comme en Haïti où des jeunes du service civique se sont engagés pour faire de la formation professionnelle et de la scolarisation. Les jeunes, notamment dans les écoles de commerce, sont également intéressés par les liens inter générationnels, comme par exemple de rompre l’isolement des personnes âgées. Nous nous sommes inspirés des pratiques des grandes écoles en nous engageant à valoriser les missions de service civique en tant qu’unités de valeur pour les jeunes qui reprennent le cours de leurs études. Un décret concernant la reprise d’étude et l’insertion professionnelle, est en cours de signature. Ainsi, des conventions vont être signées avec des entreprises qui s’engagent à former les recruteurs au service civique afin que les missions de volontariat soient incluses dans leur CV.

Attention… adultes !
Je remarque que les jeunes participent souvent à l’éducation de leurs parents en leur inculquant les bonnes attitudes en matière d’écologie. En matière d’égalité des droits, je pense que rien n’est complètement acquis pour les femmes. Si les jeunes sont sûrement plus progressistes que les générations passées, il leur reste à faire la révolution économique afin d’accorder aux femmes l’égalité dans l’entreprise.

 

« Au mois de mai, nous allons organiser la fête de la jeunesse ! »
Elle permettra de fêter le premier anniversaire du service civique et de mettre en valeur le monde associatif afin de le promouvoir auprès des jeunes. En effet, la majorité des bénévoles étant des retraités, nous nous sommes fixés le but de rajeunir le monde associatif en faisant adopter la pré-majorité associative qui permet de diriger une association dès l’âge de 16 ans. A cette occasion, nous présenterons une série de portraits de jeunes bénévoles français engagés à travers le monde dont l’action n’est pas assez connue. Sur les établissements de réinsertion scolaire : la question des « décrocheurs » fait partie d’un grand chantier de ce Ministère. En effet, face à ces 130 000 jeunes qui arrêtent leurs études supérieures et se retrouvent finalement sans aucune qualification, nous avons la volonté d’individualiser les parcours à travers un cadre d’enseignement spécifique afin de les réinsérer dans le système scolaire.

Association, loi de 1901 !
Cette année, nous allons fêter les 110 ans de la loi de 1901 qui permet la création d’associations ; c’est également l’année européenne du bénévolat qui constitue l’occasion de mettre en lumière les 14 millions de bénévoles qui s’engagent le plus souvent de manière discrète mais dont l’action me paraît capitale pour la solidarité.

 

L’ascenseur social en marche
Il existe aujourd’hui une réelle volonté d’adapter l’entrée aux grandes écoles à des publics divers. Etant opposée au critère ethnique, j’estime que pour éviter la reproduction sociale, la vraie révolution pour le progrès social repose sur la présence d’enfants d’ouvriers et d’employés actuellement sous-représentés. Le challenge consiste à faire fonctionner le modèle méritocratique tel qu’il a été conçu dans l’idéal républicain. Beaucoup de grandes écoles participent déjà en amont à ce processus ; il est possible, par exemple, d’intégrer Sciences Po ou l’ENA par une autre voie que le concours externe.

« La culture est un marqueur social. »
Je constate que si la culture classique est encore inégalitaire sur le plan de l’accessibilité, parallèlement, les jeunes issus de milieux populaires ont su s’approprier et créer d’autres formes culturelles comme les arts urbains qui sont malheureusement assez peu présents dans les médias.

Politiquement vôtre
Je me définis comme une gaulliste sociale. Je m’inscris dans la filiation de certains juristes comme René Capitan ou Léo Hamon qui prônent un idéal républicain à atteindre en passant par des principes d’égalité comme la méritocratie et l’ascenseur social.

Maintenant et demain
Actuellement maître des requêtes au Conseil d’Etat et Secrétaire d’Etat à la jeunesse et à la vie associative, j’aimerais plus tard travailler à l’étranger car il est positif d’élargir ses perspectives et de s’ouvrir à d’autres cultures. Etant fonctionnaire, je serais également intéressée par une expérience professionnelle au sein d’une grande entreprise.

 

Patrick Simon