ESC Dijon-Bourgogne

 

Les Trente Glorieuses1 ont pris fin avec la crise pétrolière de 1973. Les Trente Piteuses2 se sont certainement achevées avec la crise de 2008, qui, au-delà de ses origines financières, marque clairement un tournant dans la configuration du paysage économique mondial. Certains parlent déjà pour cette nouvelle période de Trente Frileuses3 : basculement du centre économique vers l’Asie, recomposition des secteurs, évolution des stratégies des entreprises4… autant de phénomènes que les Grandes Écoles de management doivent prendre en compte pour que leurs formations restent en phase avec les réalités de l’économie. Et les écoles s’adaptent. Tant dans les contenus qu’en matière d’offre de formation, beaucoup a été fait depuis 2008 pour intégrer cette nouvelle donne de l’économie mondiale.

Stéphan Bourcieu Directeur Général du Groupe ESC Dijon-Bourgogne

Stéphan Bourcieu Directeur Général du Groupe ESC Dijon-Bourgogne

Plus de responsabilité
Tout d’abord les écoles ont fait évoluer leurs enseignements pour s’attaquer aux racines managériales de la crise et éviter, autant que faire se peut, les comportements irresponsables « à la Lehman Brothers » en 2008 qui ont conduit l’économie mondiale au bord du gouffre :
– Plus de contenus visant à former des managers responsables : on retrouve désormais régulièrement dans les cursus des cours de Responsabilité Sociale de l’Entreprise, d’éthique ou encore de gouvernance d’entreprise.
– Plus de cours et spécialisations orientés vers les modèles économiques alternatifs : Economie Sociale et Solidaire, Social business, microfinance, etc. Le succès de la Majeure Alternative Management lancée en 2006 à HEC Paris en est une illustration.
– Et plus largement une orientation plus forte de la recherche en management menée dans les écoles sur ces questions. C’est par exemple le cas d’Audencia Nantes en Responsabilité Sociale d’Entreprise ou de l’ESC Dijon en gouvernance et en microfinance, via le développement de chaires créées en partenariat avec des entreprises intéressées par ces problématiques.

 

Une offre de formation adaptée
Les écoles ont également fait évoluer leur offre de formation pour répondre aux besoins des secteurs en croissance. On constate ainsi le développement de spécialisations pointues dans les domaines du management du luxe ou du tourisme, en lien avec les atouts de l’économie française. Dans cette perspective, l’ESC Dijon a fortement renforcé son offre dans le management du vin d’accompagner la forte croissance de ce secteur à l’international (secteur qui représente en l’occurrence le deuxième poste d’exportation français).

 

Accompagner les mutations
Enfin les écoles s’attachent à faire évoluer la manière même dont leurs élèves doivent appréhender l’économie et le monde. Car après tout, la crise économique que nous traversons actuellement n’est peut être pas la période basse d’un cycle économique, tel que l’économiste français Clément Juglar l’a conceptualisé au 19e siècle, mais bien la situation normale d’une économie européenne qui doit désormais composer avec d’autres zones économiques plus dynamiques. Dès lors, il est nécessaire de faire évoluer, au-delà des savoirs académiques, les savoirs-être des élèves pour leur permettre de s’adapter à cette nouvelle donne. Cela passe par :
– une ouverture internationale et interculturelle toujours plus forte, afin d’amener nos élèves à considérer le monde comme leur terrain d’employabilité et d’activité. Si plus du quart des jeunes diplômés de Grandes Écoles de management françaises débutent aujourd’hui leur carrière à l’international, ce n’est pas seulement en raison de la faiblesse du marché de l’emploi français, mais bien parce que leurs aspirations sont sans frontières,
– des capacités entrepreneuriales, afin que les futurs managers soient à même de faire face à un environnement économique en perpétuelle évolution, où les positions acquises ne le restent jamais très longtemps,
– une capacité à « apprendre à apprendre ». Face à la dynamique de l’environnement, il est fondamental que les managers renouvellent en permanence leurs connaissances. L’acquisition de méthodes prend donc une place grandissante dans les formations.

On le voit, au-delà de la crise ou des crises, nos Grandes Écoles de management ont cette capacité de se mettre en harmonie avec les exigences économiques de leur temps. Une adaptabilité qui fait leur force.

 

1 Jean Fourastié, Les trente glorieuses ou la révolution invisible de 1946 à 1975, Fayard, 1979
2 Nicolas Baverez, Les Trente Piteuses, Flamarion, 1998
3 Bernard Le Gendre, Après les Trente glorieuses et les Trente piteuses, les Trente frileuses ?, Le Monde, 01 décembre 2010
4 Stéphan Bourcieu, Le low cost, modèle économique des années frileuses ?, L’Expansion Management Review, n°148, mars 2013

 

Par Stéphan Bourcieu
Directeur Général du Groupe ESC Dijon-Bourgogne