La notion de FabLab (contraction de l’anglais fabrication laboratory, « laboratoire de fabrication ») est une notion qui est apparue fin des années 1990. Ce concept créé par Neil Gershenfeld du Center for Bits and Atoms du MIT dans le cadre d’un cours académique a comme objectif principal l’ ‘‘empowerment’’ c’est à dire « amener les citoyens à devenir des protagonistes technologiques plutôt que de simples spectateurs » (Gershenfeld 2005). La communauté des FabLabs est en pleine croissance, principalement parce qu’ils sont perçus comme un vecteur d’innovation, même si d’un point de vue académique les approches culturelles (communauté des makers, corsaires contemporains,…) ou sur l’interaction homme-machine (fabrication numérique, culture matérielle-numérique, objets connectés) sont nombreuses.

FabLab, un lieu pour tout faire

FabLab, un lieu pour tout faire

Un lieu pour tout faire
Un FabLab est matériellement un lieu où on peut trouver des machines numériques, c’est à dire des machines ayant la capacité de transformer un fichier numérique (virtuel) en objet physique (réel). Cette transformation peut se faire par retrait de matière (fraiseuse numérique), ajout de matière (technologie de l’impression 3D) ou encore par assemblages d’éléments 2D (découpe laser). On y trouve également des logiciels de production numériques (modeleur 3D, programmation micro-électronique, dessin vectoriel) et de programmation électronique (cartes Arduino). Ensuite, selon les spécialités des FabLabs, on trouvera dans ces lieux du matériel de fabrication plus conventionnel type atelier : de la machine à coudre à la dégauchisseuse-raboteuse. On parlera alors à ce moment-là de makerspace, un fablab étant traditionnellement orienté production numérique. Certains fablabs (tels que celui du Programme I.D.E.A.) sont également équipé de dispositifs d’hyper-connectivité qui permet de connecter instantanément tout objet connecté produit au travers des moyens traditionnels de connexion sans fil (bluetooth, wifi, Zigbee, infra-rouge) ce qui les place à la limite des living-labs.

 

FabLab, un lieu de par tage

FabLab, un lieu de par tage

Un lieu de partage
Au-delà de cet espace de production physique, les FabLabs sont avant tout, et c’est là le véritable enjeu dans leur déploiement actuel, un lieu de partage des savoirs, savoir-faire et des pratiques mais également un lieu d’apprentissage et de rencontre (cf. figure 2). En tant que véritables tiers-lieux de la connaissance, ils sont un outil naturel pour tout établissement d’enseignement aussi bien sur la dimension de réappropriation de la maîtrise des technologies où ils sont un outil efficace en appui de cours théoriques, que sur la dimension projet (réalisation physique de prototypes), que sur la dimension du travail collectif et du changement de paradigme dans la transmission des connaissances d’un mode vertical (professeur-étudiant) à un mode horizontal (partage communautaire des connaissances). Ainsi au-delà de la production d’objets, un FabLab est un lieu de production de talents créatifs ayant capacité à travailler collectivement, en réseau dans une pratique transdisciplinaire.

 

La notion de FabLab étendu
L’intégration de la dimension sociale, collaborative et technique d’un FabLab amène naturellement à la notion de fablabs étendu, c’est à dire un lieu où à l’atelier proprement dit, viennent se greffer des espaces de co-working, des espaces de réunion et également un espace d’incubation transformant les FabLabs en laboratoire de création d’activités innovantes. C’est cette dimension qui est aujourd’hui le véritable enjeu dans toutes les implantations académiques et industrielles qui sont faites des FabLabs.

 

Par Fabien Mieyeville,
Maître de Conférences HDR – École Centrale Lyon – Institut des Nanotechnologies de Lyon (UMR CNRS 5270), co-responsable du Programme I.D.E.A. (Innovation Design Entrepreneuriat et Arts) et responsable du groupe de recherche et du FabLab qui y sont associés.