Paris, Bruxelles, Utrecht, Amsterdam… depuis le 13 juin trois amis de Centrale ont parcouru plus de 800 km sur leurs bicyclettes. Ils ont suivi l’Atlantique vers le nord et s’apprêtent à piquer vers l’Est du continent. Leur objectif ? parcourir 4000km au travers de l’Europe pour comprendre et étudier les implications du prototypage rapide (impression 3D) et de l’open source en rendant visite aux « communautés maker », ces groupes de geeks et de passionnés essaimés au travers du vieux continent.

 

3 vélos à la conquête des makerspaces européens

« Notre projet pourra vous paraitre un peu fou, ou atypique » résume Pierre Victor Morales l’un des trois étudiants de l’association Fab Bike en janvier dernier. « Nous comptons prendre trois vélos et partir réaliser un tour d’Europe des makerspaces». Tout est dit d’emblée : il y a l’aspect nomade, voyager, quitter sa zone de confort dans une itinérance quotidienne, et l’aspect intellectuel : comprendre les mutations profondes introduites par le prototypage rapide et l’open source au travers de la thématique des makerspaces, ces ateliers qui ont éclos au travers de l’Europe et où l’on trouve pèle mêle des projet de drôness, des imprimantes 3D et laser, des fraiseuses et autres machines à commande numérique. Mais ces deux aspects sont indissociablement liés dans un seul voyage : rencontrer les « makers », ceux qui fréquentent les makerspaces (ou fablabs), dont la traduction française la plus exacte serait « doueur ». « Nous » c’est Pierre Victor Morales, Coline Nantermoz et Eymard Houdeville, trois étudiants qui se sont rencontrés sur les bancs de Centrale Paris.

« Un véritable bouleversement dans la façon dont nous pensons notre travail et notre éducation d’ingénieur »

Leur tour d’Europe est une grande boucle d’environ 4 000 km au travers des plus grandes capitales du vieux continent : départ de Paris, Bruxelles, Amsterdam puis Berlin, Prague, Vienne, Bratislava et Ljubljana… Au total c’est 2 mois passés sous la tente ou accueillis par des hôtes croisés au bord du chemin. « Le phénomène maker est jeune, encore assez peu étudié et nous a paru un véritable bouleversement dans la façon dont nous pensons notre travail et notre éducation d’ingénieur » ajoute Coline. Un bouleversement qui valait bien la peine d’aller au plus près des makers, réaliser des entretiens pour saisir à la source ce phénomène socio-technique neuf. Né d’une volonté de « vulgariser, divulguer largement et étudier en profondeur le phénomène maker » l’association Fab Bike s’est construite pendant un an. Nos trois étudiants ont commencé par budgéter très précisément leur exploration. Ils ont également passé au crible la littérature existante sur les makers et pris contact avec plusieurs dizaines de fablabs (fabrication laboratory) européens. De grands groupes se sont également joins au projet : on compte notamment Dimension Data, un leader mondial des solutions IT intégrées, également connu pour réaliser les big datas du Tour de France. Parmi les partenaires on compte aussi Crédit Mutuel Arkéa ou le groupe de conseil CGI ainsi que le bureau d’étude Ocalia. « Il s’agit également d’apporter quelque chose de concret à notre communauté en France » ajoute Eymard, en apportant un réseau, des bonnes pratiques (machines à acheter, contraintes juridiques) au futur fablab de CentraleSupélec et à ses 3000 étudiants.

Par l’équipe de Fab Bike