DE MANIÈRES DIFFÉRENTES, CES JEUNES CRÉATEURS/CRÉATIFS EXPORTENT LE SAVOIR-FAIRE ET UNE CERTAINE IDÉE DE L’EXCELLENCE À LA FRANÇAISE. LES UNES AU JAPON (LORIE BAYEN EL KAIM ET LAURIANNE CARRA, ÉTUDIANTES À L’ESADSE ONT EXPOSÉ À NAGOYA) ; LES AUTRES AUX ETATS-UNIS (JULIEN BARBIER (EPITECH 2006), COFONDATEUR DE LA HOLBERTON SCHOOL).

Deux jeunes designers au sommet de Nagoya

Lorie (à droite) et Laurianne (à gauche) sont les lauréates du projet Utopia in the Cloud proposé par l’association japonaise Arts Bridge Cities aux élèves de l’ESADSE (Ecole supérieure d’art et design de Saint-Etienne).

12 équipes ont concouru avec a` la clé, l’exposition de leur création sur le belvédère de la tour de télévision de Nagoya (4 500 visites par semaine) fin février 2016. « Saint-Etienne et Nagoya sont de hauts lieux du design mondial, membres du réseau des villes créatives de l’UNESCO. C’est une fierté d’y exposer ! » explique Lorie.

UN DESIGN FRANÇAIS JAPONISANT !

Les étudiantes ont imaginé une installation aérienne et dépouillée appelée A portée de souffle. « L’appel d’offre nous laissait très libres. Notre seul objectif était de rendre un effet Wahou ! Nous avons habillé les espaces vides entre les piliers du belvédère de caissons recouverts de silnylon blanc », décrit Laurianne. L’installation se gonfle et se dégonfle au rythme d’une respiration, animée par des ventilateurs. « Le sol est recouvert d’une moquette blanche et les piliers de molleton blanc, pour donner l’impression d’être dans un nuage qui respire », complète Lorie.

FIERTÉ ET CONFIANCE

Les étudiantes considèrent cette expérience internationale telle un tremplin. « C’est une reconnaissance valorisante, une chance exceptionnelle d’exposer si jeune à l’étranger. Nous étions heureuses et fières de représenter notre école » raconte Laurianne. « Avoir pu travailler au Japon c’est magique ! Cela nous donne confiance pour l’avenir » conclut Lorie. Vidéo du projet « A portée de souffle »
https:// www.youtube.com/watch?v=1ItzkNy9hcM

 

Une école française au coeur de la Silicon Valley

Julien Barbier a cofondé en janvier 2016 la Holberton School avec Sylvain Kalache, après un parcours d’entrepreneur à succès Outre-Atlantique.

GEUM 71

© Holberton School

COMMENT IMAGINEZ-VOUS UNE ÉCOLE DE CODE « À LA FRANÇAISE » ?
Nous sommes 4 co-fondateurs français avec Sylvain, mon épouse Sophie et Rudy Rigot (cf. photo). Nos expériences d’entrepreneurs, de développeurs, notre connaissance des technologies, des besoins des entreprises et nos réseaux dans la Silicon Valley nous ont inspiré le modèle de la Holberton School.

QUI SONT VOS ÉLÈVES ?
Nous avons créé tous les logiciels pour une école automatisée. Cela commence dès la sélection via informatique afin de contrer le travers humain qui conduit à recruter des clones. Notre 1ere promo (32 élèves sur 1 300 candidats américains) est composée de 40 % de femmes et 50 % des étudiants sont «  non-blancs » . Cette diversité est inédite dans une école d’informatique. La scolarité est gratuite, les élèves s’engagent ànous reverser 17 % de leur salaire durant 3 ans. Donner accès àtous àl’éducation dans un pays où les études sont onéreuses est une valeur très francaise que nous portons.

QUELS SONT VOS PRINCIPES PÉDAGOGIQUES ?
Tout est fondé sur la communauté. Il n’y a pas de cours formel. 100 mentors exercant dans la Silicon Valley viennent partager leur expertise. Ainsi, pas de risque d’obsolescence des connaissances et technologies, et une prise directe avec les préoccupations, pratiques et besoins des entreprises. Nos cours sont aussi ouverts au public. Autre principe : les apprentissages se font en situation, via la réalisation de projets. Nous apprenons àapprendre. Car les technologies se renouvellent en permanence. Ce qui compte est de savoir faire les choses, d’être efficace, de résoudre les problèmes. L‘autonomie et la confiance sont le 3e pilier du modèle. Les élèves gèrent les locaux, fixent les règles de vie en communauté. Ils sont ici chez eux et en responsabilité. Tout est pensé autour de l’expérience utilisateur. Les locaux sont beaux, agréables, et favorisent le partage.

QUELS SONT PROJETS POUR LA SUITE ?
Personne n’avait appliqué l’esprit startup àune école ! Ce sont 4 frenchies qui l’ont fait. Notre ambition est d’ouvrir des centaines de Holberton Schools car le besoin est mondial et se chiffre en centaines de milliers de développeurs !

Par Ariane Despierres-Féry