L’enquête opinionway-horoquartz de 2018 confirme de nombreuses similitudes entre les générations dans leur relation au travail. A l’ère de l’hypermodernité, traduisant un usage croissant des technologies digitales et des réseaux sociaux, les travailleurs vivent une fragmentation de leur activité et une érosion de la frontière entre vie privée et vie professionnelle. Quelles en sont les conséquences sur leur comportement ?

 

Fomo, multitasking, blurring… les nouveaux comportements

En réunion, plus personne ne décroche de son smartphone pour s’adonner au multitasking. Ce traitement de divers sujets en simultané, via divers supports, entretien une culture de l’instantanéité. Par ennui, les collaborateurs s’adonnent aussi aux micro-leisure soit des micro-pauses consacrées aux loisirs durant le temps de travail. Loin du bureau, en déplacement, ils n’hésiteront pas à s’octroyer des micro-pauses durant le travail.
La confusion entre vie privée et vie pro bat son plein. Certains salariés sont frappés de blurring en recherchant à s’accomplir personnellement en dehors du boulot, et d’autres sont sous le joug du fomo, le Fear of Missing Out ou la peur de louper une information importante, en restant connectés parfois jour et nuit.

Quel impact sur les GRH et le management ?

Même si l’humanité évolue dans l’ère la plus connectée de son histoire, Murthy (2018) montre que le taux de solitude a doublé depuis les années 80. https://www.hbrfrance.fr/magazine/2018/11/22823-que-sait-on-du-lien-entre-la-solitude-et-le-travail/. Pendant que les nouvelles formes de travail à distance réduisent les interactions physiques, les réseaux sociaux leurrent avec leurs liens virtuels. La double pression de peur de solitude et de non réaction aux évènements des différents groupes sociaux conduit à l’ultra-connexion afin de liker des évènements d’ordre privés durant les horaires de travail ou à répondre aux mails soir et weekend.
A l’heure du bilan, rien de très bon en perspective. Murthy compare la solitude à une épidémie qui entraine une baisse de la durée de vie similaire à celle causée par le fait de fumer 15 cigarettes par jour. Les neurosciences prouvent que le cerveau nous trompe car il ne peut réaliser deux choses en même temps. Le slashing cérébral, consistant à osciller d’une activité à une autre tellement vite que nous pensons les réaliser simultanément, épuise les individus. Chaque fois que le cerveau est dérangé par un sms ou un mail, il lui faut plus de 3 minutes pour revenir à un taux de concentration optimal. Le multitasking n’est pas sans contreparties négatives sur la fatigue et le stress comme le montre l’étude de Mark, Gudith et Klocke.

https://www.ics.uci.edu/~gmark/chi08-mark.pdf

Harrari (2015) juge d’ailleurs l’humanité malade du fomo, qui conduit à être attentif à tout alors que parallèlement se propage la perte de capacité à porter une présence attentive aux choses. Le fomo rend accro au smartphone qui alimente le workaholisme ou l’addiction au travail. Les workaholiques ressentent plus de stress car ils s’imposent une plus forte pression. Ils sont sujet à l’épuisement émotionnel car ne se détachent pas suffisamment de leur travail, avec évidemment des répercussions directes sur leur vie de famille. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0033298416300176.
Du côté des bonnes nouvelles, les adeptes du blurring, centrés sur l’objectif, sont plus facilement adaptables aux variations d’activités ou d’horaires. Leur activité extraprofessionnelle favorise le développement de compétences potentiellement déployables dans le cadre du boulot. Certaines entreprises, comme Decathlon, tentent d’en tirer parti en recrutant des sportifs actifs pour une relation de conseil renforcée pour le client. Dans ce contexte, les slashers tirent leur épingle du jeu par leur choix assumé de la multi-activité. Les slashers ambitionnent de générer des revenus de leurs passions et ainsi conjuguer travail, plaisir et indépendance. Véritables talents, ils cumulent d’importantes capacités d’adaptation et développent des compétences dans diverses domaines.

Des solutions simples pour éviter les digital zombies

Des solutions individuelles simples peuvent être facilement mises en place. L’étude menée par Hunt et ses collègues (2018) montrent qu’une limitation de 30 minute quotidienne de réseaux sociaux pendant 3 semaines entraîne une baisse du sentiment de solitude et une amélioration de l’humeur. L’étude de Gentille et al (2019) montrent que le fait de s’extirper 12 minutes de son bureau pour marcher en souhaitant du bien aux gens que l’on croise permet d’éprouver moins d’anxiété et plus de bonheur. Cette technique, inspirée de la méditation « metta », rappelle que la méditation est une arme redoutable contre le stress. Elle entraine une réduction significative du stress (Carlson et Garland, 2005). Il est donc important d’apprendre à sortir du bureau.

 

  Dr Julien Granata, Directeur de l’Executive MBA, Professeur Associé – Coach Certifié, j.granata@montpellier-bs.com

 

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