La logistique du dernier KM, pierre d’achoppement récurrente pour les acteurs de la Supply Chain entre dans une nouvelle zone de turbulences ; les professionnels des Achats et de la Logistique sont amenés à de sévères remises en cause de leurs pratiques et à en imaginer de nouvelles. Les nouveaux modes d’achats, nés de la mise à disposition gratuite de technologies dédiées au commerce à distance sous toutes ses formes à partir de nos terminaux « connectés », bouleversent les comportements des consommateurs. De surcroit, les nouvelles règlementations environnementales viennent, sans nul doute, ajouter à la complexité de la situation. Autant de motifs d’inquiétude il est vrai, mais néanmoins cette nouvelle donne pourrait se révéler porteuse de création de valeur pour autant que toutes les parties prenantes sachent rapidement saisir les opportunités qui se présentent à eux.

 

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Un commerce en ligne qui explose
La vente à distance séduit de plus en plus, les chiffres du commerce en ligne l’attestent, il va atteindre prochainement 70 milliards d’euros dont près de la moitié pour l’acquisition de biens, les applications marchandes facilitant grandement le processus d’achat, de la commande au règlement. Avec un coût moindre et des délais de livraison courts, il vient battre en brèche le commerce traditionnel, Amazon en est une illustration iconique. La mondialisation de l’offre est en mesure de proposer au client de nouveaux standards : largeur de gammes disponibles, livraison dans la journée, choix du lieu de livraison, tout cela gratuitement ou à faible coût. C’est le règne du « commander quand, comme, où on veut et pour tout de suite » Les achats multicanaux vont donc modifier en profondeur les flux logistiques traditionnels et demander aux fournisseurs un effort d’adaptation significatif. La problématique du dernier KM, trajet du distributeur au client final se pose donc à nouveau pour les fonctions Achat et Logistique. Comment maintenir le niveau de service proposé sans pour autant augmenter les coûts et entamer la marge ? Il convient donc de se pencher attentivement sur le contenu du cahiers de charges et la nature de la relation contractuelle à établir dorénavant avec les fournisseurs et prestataires.

 

Une responsabilité sociétale qui progresse
La thématique du dernier KM se pose également en termes de responsabilité sociétale. Le consommateur sensible au devenir de notre planète se trouve de plus en plus concerné par la façon dont sont produits et mis à sa disposition les objets dont il fait l’acquisition. Les pouvoirs publics, notamment les édiles municipaux, engagent la lutte contre toutes les nuisances provoquées par un accroissement de la densité du trafic automobile en centre-ville ; ceux-ci vont vraisemblablement imposer progressivement l’utilisation de véhicules propres et de modes de transports alternatifs.
Les enseignes Séphora et Monoprix, magasins de proximité urbains se sont déjà engagés dans la réduction de leur empreinte carbone en affichant clairement celle-ci, de Chine en France : transport maritime puis fluvial et enfin le dernier KM au moyen de véhicules non polluants ; à cet égard les véhicules électriques gagnent régulièrement en autonomie. Des plateformes logistiques de proximité devraient prochainement voir le jour aux abords des villes et des « Flottes Green » se développer pour permettre une distribution « responsable ». Ces nouvelles exigences ne seront pas, bien entendu, sans incidence sur les coûts.Les Responsables Achat et Logistique doivent accompagner ces évolutions, voire les anticiper. Les cahiers des charges à venir, soumis aux sociétés de transports notamment, devront prendre en compte les orientations de Grenelle I et II, imaginer des modes de stockage et de locomotion respectant les normes en vigueur. La publication en 2010 de la norme ISO 2 600 constitue à cet égard un véritable outil de progrès pour le respect de l’environnement et de la performance économique de l’entreprise. Aux professionnels de faire en sorte que les conditions soient réunies pour que Fournisseurs et Clients en sortent mutuellement gagnants.
Ces préoccupations sont bien évidemment pleinement partagées par les équipes pédagogiques de l’Institut Léonard de Vinci qui, d’ores et déjà, les a intégrées dans ses programmes de formations des futurs Responsables d’Achats.

 

Par Dominique Benoist,
Directeur du Comité d’Orientation Pédagogique du MBA Responsable des Achats, Titre RNCP de niveau  1, à l’ILV