Mondialisation, globalisation, village mondial : pas un jour ne passe sans qu’étudiants, écoles et entreprises ne parlent de l’international comme un défi majeur. Mais si la mobilité des personnes et des business est aujourd’hui résolument incontournable, comment l’appréhender pour faire rimer international avec succès ?

  

Enseignement supérieur et international : peut mieux faire 

 

Des étudiants de plus en plus mobiles

 Selon une note rendue conjointement par la CPU, la Cdefi, la CGE et Campus France le 3 juillet dernier, on dénombrait 235 000 étudiants internationaux en France en 2015 (dont 73 % dans les universités). Un chiffre en légère baisse. En effet, alors que l’hexagone a longtemps été le 3e pays de destination derrière les USA et le UK, il vient de se faire ravir sa place sur le podium par l’Australie, qui accueille désormais près de 266 000 étudiants étrangers sur son sol. Une baisse également constatée sur la mobilité européenne : longtemps 2e pays d’accueil des étudiants Erasmus, la France occupe aujourd’hui la 4e place.
Mais bonne nouvelle, la France reste une bonne élève sur de nombreux plans ! Pour preuve, la Cité U de Paris a récemment présenté un projet de construction d’une maison par la Chine (la 1e nouvelle maison depuis 1969) et les étudiants français sont devenus les premiers à partir dans le cadre des échanges Erasmus + (39 985 étudiants soit + 55 % en 5 ans et 14 % du nombre total des étudiants en mobilité Erasmus).

 

Classements internationaux : la concurrence est rude

Malgré cette dynamique, les établissements français peinent encore à s’imposer en nombre dans les classements internationaux. Ainsi, si PSL a fait son entrée dans le Times Higher Education 2017 (THE), l’UPMC, Polytechnique et l’INSEAD sont sorties du palmarès où elles étaient pourtant classées en 2016, réduisant à 3 le nombre d’établissements français présents (contre 5 en 2016). De même, si 5 de nos institutions (ENS Paris, Polytechnique, UPMC, ENS Lyon et CentraleSupélec) sont dans le Top 200 du classement QS cette année, leur influence reste fluctuante. Alors que l’ENS Paris a perdu 10 places en un an, l’ENS Lyon en a quant à elle gagné 20.

 

Des pépites à valoriser

Une situation pouvant s’avérer préoccupante, l’attractivité de l’enseignement supérieur d’un pays étant en effet un gage du maintien de son influence et de la diffusion de sa langue et de son développement économique. Pour Bernard Ramanantsoa, Directeur général honoraire d’HEC Paris et auteur d’un rapport sur « l’enseignement supérieur français par-delà les frontières » publié cette année, les classements n’ont d’ailleurs rien de symbolique. « Malgré les nombreux atouts de notre système, nous perdons des parts de marché en nombre d’étudiants étrangers en France. En effet, s’il y a plus d’étudiants étrangers qui viennent en France, leur nombre progresse moins vite que dans le reste du monde. L’effectif des étudiants chinois en France a par exemple baissé de 3.7 % depuis 2010. »

 

Un mot d’ordre : IN-VES-TIR !

Pourtant, la France jouit d’une réputation historique en matière d’enseignement supérieur, portée notamment par de très belles marques, comme la Sorbonne et HEC Paris par exemple. « Depuis quelques années, les écoles de management ont fait une percée significative sur la scène mondiale. Une percée à saluer au regard du désintérêt de plus en plus fort des pouvoirs publics quant à leur financement, qui les pousse à se rabattre sur des ressources propres. La question du financement, c’est l’Alpha et l’Omega de l’attractivité internationale de l’enseignement supérieur français », affirme-t-il.

 

Continuité ou différenciation : comment s’imposer à l’international ?

Une question de moyens qui impacte bien sûr les stratégies adoptées par les écoles et universités pour s’illustrer sur la scène internationale. « Les établissements français ont l’espoir, tournant parfois à l’illusion, de trouver une stratégie de différenciation. Mais quand on regarde les moyens dont disposent les grandes institutions américaines, il reste difficile de s’imposer », indique-t-il. Reste alors une solution : pédaler plus fort pour essayer de rattraper ceux qui sont devant nous ! Bernard Ramanantsoa  perçoit d’ailleurs une opportunité pour nos business schools. « Aujourd’hui, le monde fonctionne en clusters. Si nous arrivons à être en tête du cluster européen, les USA et l’Asie seront obligés de nous reconnaitre comme tels. Cette volonté de devenir le leader européen est d’ailleurs plus accessible et suffisante pour être reconnus mondialement. Mais chaque jour qui passe sans investissement supplémentaire nous fait reculer dans la compétition, qu’elle soit européenne ou mondiale », conclut-il.

 La France championne du soft power ! Selon le Soft Power Ranking 2017, la France est en tête du classement des pays les plus influents du monde en termes de « soft power ». Effet Macron Vs. Effet Trump : en gagnant 4 places par rapport à 2016, elle détrône ainsi les États-Unis, en 3e position depuis l’élection de leur nouveau président. Une influence non négligeable lorsqu’on regarde les facteurs pris en compte par l’indice : culture, gastronomie, tourisme, mais aussi diplomatie et éducation.

Le + d’Erasmus : Selon le rapport de l’Observatoire Erasmus + publié en mai dernier, la France est devenue le pays qui envoie le plus d’étudiants en mobilité via Erasmus depuis 2014, coiffant ainsi au poteau l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie. Alors que la mobilité d’études concerne plutôt des étudiants de licence (54,5 %), les étudiants de master plébiscitent la mobilité de stage (52 %), tout comme ceux qui font le choix d’un cycle court (23 %). Leurs destinations favorites ? Le UK (19 %), l’Espagne (18 %) et la Scandinavie (12 %).

 

Des entreprises entre prudence et audace

 

Un contexte favorable à une montée en puissance

 Et si la percée de nos établissements supérieurs dans la concurrence internationale reste encore trop timide, qu’en est-il de nos entreprises ? « La France n’ose pas encore assez. Le commerce extérieur reste déficitaire depuis près de 10 ans et macro économiquement on ne voit pas de nette amélioration. Il existe pourtant beaucoup d’entreprises françaises très dynamiques à l’export. Nous sommes ainsi dans un contexte favorable à l’amélioration et à une initiative franco-allemande dans la reconfiguration d’une politique commerciale ouverte sur une dynamique de mondialisation régulée et maitrisée », indique Alain Bentéjac, Président du Comité National des Conseillers du Commerce Extérieur Français (CNCCEF).

 

Secteurs, géographies : nos points forts

L’économie française dispose en effet de nombreux atouts. La diversité de ses pôles d’excellence bien sûr : transports, aéronautique, luxe, agroalimentaire, nouvelles technologies… Mais aussi la capacité de ses entreprises à s’illustrer sur la scène internationale. Les startups privilégient ainsi par exemple des hubs comme New York, Londres, Berlin, Barcelone, la Silicon Valley ou encore Hong Kong et Singapour. Les PME ont aussi un rôle essentiel à jouer. « En matière de commerce extérieur, un des principaux défis de la France est d’augmenter le nombre de ses entreprises exportatrices. En effet, nous en comptons aujourd’hui 125 000 en France, alors qu’elles sont plus de 300 000 en Allemagne et plus de 200 000 en Italie. De plus, nos entreprises qui exportent sont souvent des exportatrices occasionnelles, une différence majeure avec l’Allemagne qui a beaucoup d’entreprises de taille moyenne qui exportent », ajoute-t-il.

 

Les clés pour oser

Mais alors quels leviers activer pour que la France ose plus et mieux à l’international ? « Il n’y a pas de recette miracle ! » affirme Alain Bentéjac. « Il faut d’abord travailler sur la compétitivité des entreprises, en créant un bon mix entre compétitivité prix et hors prix (technologie, approche commerciale…). Il est aussi nécessaire de passer un message positif sur l’internationalisation. A ce titre, la récente élection d’un président ouvertement pro-européen encourage les investissements étrangers. Il faut enfin mobiliser les énergies en simplifiant les systèmes et en les rendant plus lisibles, notamment pour les PME. Il n’y a pas de fatalité au déficit », conclut-il.

 

EUX, ils ont osé !

 

« Etudiante à l’université de Shanghai, j’ai choisi la France car on m’offrait l’opportunité de suivre un double-diplôme avec CentraleSupélec. Je rêvais depuis toujours de partir étudier à l’étranger et apprendre le métier d’ingénieur en France était une superbe opportunité que je n’ai pas hésité à saisir. En plus le programme de formation d’ingénieur généraliste proposé par CentraleSupélec était génial ! J’ai pu approfondir mes connaissances sur ma spécialité tout en m’ouvrant à d’autres domaines qu’on appréhende peu dans les universités chinoises. Grâce à cette expérience j’ai appris à parler le français, j’ai rencontré beaucoup d’amis et j’ai découvert un pays magnifique et romantique avec une culture, une ambiance, des expositions… exceptionnelles. Si ce n’est pas le pays idéal pour tout le monde, sa capitale est sans aucun doute le meilleur choix, quand on fait des études d’ingénieur, de maths, de mode, de luxe… » Ding Ming, en Master à l’Université de Shanghai

 

« Quand je suis arrivé à CentraleSupélec, j’ai choisi d’apprendre le chinois et de rejoindre Pengyou, le club d’amitié franco-chinoise de l’école. Quand il s’est agi de partir à l’international, c’est donc naturellement que j’ai opté pour un semestre académique dans une université partenaire de l’école à Pékin. Une expérience dont j’attendais beaucoup. Faire des rencontres, découvrir le patrimoine chinois et asiatique au sens large et, dans une moindre mesure, préparer ma rentrée en 3e année en me frottant à ma spécialité, les biotechs. Tous mes objectifs ont été atteints. J’ai été émerveillé par le patrimoine exceptionnel de Pékin, de Singapour et de Thaïlande (la Cité interdite, le Temple du Ciel, les brochettes de scorpions, la Grande Muraille de Chine…). J’ai noué des liens d’amitié avec des élèves français et chinois, dont mon colloc qui m’a fait découvrir le meilleur canard laqué de la ville et j’ai rencontré les chercheurs d’une université prestigieuse. D’un point de vue professionnel, le fait d’avoir suivi une formation d’ingénieur généraliste a vraiment été un atout car, dans un pays où on est vite spécialisé, ce côté touche à tout est très apprécié.  Pierre Louis Schnitzler, en 2e année à CentraleSupélec

 

 

« L’UTT m’a donné la chance de partir deux fois à l’étranger au cours de mes études. En 2e année, j’ai découvert Shanghai à l’occasion d’un semestre sur le campus de l’université d’Utseus. Plutôt attiré par les USA au départ, j’ai d’abord été complètement dépaysé par cette culture que je ne connaissais pas : je me souviens encore de la première fois où j’ai acheté un billet de train tout seul : quelle épreuve ! Mais j’y ai vite pris goût, si bien que j’ai commencé à apprendre le chinois et qu’à la fin de mon semestre d’étude, je suis parti faire du volontariat au fin fond de la Chine : une grosse claque ! Cette année, je pars pour un semestre à l’université d’Hong Kong pour étudier le génie industriel, ma spécialité. Lors de mon premier séjour, j’ai sans aucun doute vécu les 6 mois les plus épanouissants de ma vie : j’espère renouveler l’expérience ! » Maxime de Simone, en 4e année à l’UTT