Le taux de chômage des jeunes atteint 25 %, soit plus de deux fois le taux de celui de la population générale. L’accès à l’emploi leur est d’autant plus difficile que leur niveau de qualification est faible : de 11 % pour les diplômés de l’enseignement supérieur, il passe à 22 % pour ceux qui ont un CAP-BEP, à 30 % pour les détenteurs du Brevet des collèges et, culmine à 37 % pour les non diplômés. – Par Christian Grapin Directeur de TREMPLIN Études-Handicap-Entreprises  

 

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Le constat est sans appel :

le diplôme est le meilleur sésame (pas pour autant infaillible) pour entrer dans l’emploi. Or si 17 % de l’ensemble des jeunes inscrits dans un parcours d’études sont dans l’enseignement supérieur, ils ne sont que 7 % parmi les jeunes handicapés, soit 20 600 en 2014- 2015. Parmi eux, le plus grand nombre (18 800) est à l’université, 880 en STS, 70 en CPGE, 760 en écoles d’ingénieurs.

Pour ces jeunes il y existe une réelle difficulté à se projeter dans des études post-bac, ce qui entraîne une difficulté à se projeter dans le monde professionnel. Même s’ils sont, d’année en année, plus nombreux dans le supérieur – ils étaient 8 500 en 2005 – beaucoup encore hésitent, s’autocensurent, se freinent, n’étant par ailleurs, pas contredits par leurs parents, ou par le système éducatif lui-même. Parmi tous les jeunes handicapés inscrits dans un parcours d’études, ils ne sont que 1 % en bac +5.

« Même les plus grands voyages se font pas après pas »

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Parfois le meilleur moyen de faire des études longues est de faire des études courtes

Si l’issue des études longues paraît incertaine, les études courtes sont une bonne solution.

Les cursus bac +2/3 – BTS, DUT, Bachelor – ont trois vertus : d’une part, ils permettent de décrocher un diplôme pour augmenter les opportunités d’entrer dans le monde professionnel, d’autre part de se prouver en 2 ou 3 ans que la réussite est possible et de prendre confiance en soi, et enfin d’être un levier pour aller plus loin dans sa qualification. Les exemples ne sont pas rares chez TREMPLIN. Une jeune fille a ainsi fait, pas après pas, tout son parcours jusqu’à l’obtention de son Master RH. Après un bac pro secrétariat, elle a obtenu un BTS Assistante de direction, puis un Licence Assistante RH et enfin son Master. D’autres, leur BTS ou un DUT en poche, accèdent à des écoles d’ingénieurs ou de commerce et en sortent diplômés.

Il y a une condition à remplir : être persuadé que faire des études longues en passant par des études courtes, c’est possible. Chercher et obtenir toutes les informations pour s’orienter, et y arriver. Recenser toutes les passerelles et les critères pour prolonger son « par-court » jusqu’au bac +5, se renseigner sur les dispositifs que les établissements mettent en place pour faciliter l’accueil et les études des jeunes en situation de handicap ; ils sont de plus en plus nombreux.

Certains, inquiets de ne pas réussir, craignent après deux ou trois ans d’études, d’arriver face au marché de l’emploi non seulement sans diplôme, mais aussi sans expérience. Pour ceux-là, la solution existe : c’est l’alternance. Avec l’alternance, non seulement l’étudiant handicapé, comme tout autre étudiant, développe sa qualification et acquière de l’expérience, mais en plus, immergé dans une activité, il confronte les limites subjectives comme objectives à la réalité d’un métier et mesure très concrètement ses capacités en situation. Il s’ouvre alors à l’issue de sa formation plusieurs possibilités : fort de son expérience, entrer dans l’emploi ; fort de ses connaissances, continuer vers un Master. Et pourquoi pas toujours en alternance.

Cette voie d’apprentissage ou de professionnalisation est loin d’être à négliger car pour les entreprises, soumises à l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés, elle est souvent retenue pour former les jeunes d’aujourd’hui à leurs métiers, leurs produits, leurs services, leurs activités et ainsi mieux les recruter demain.