Grandes Ecoles et Universités : Les formations proposées aux sportifs de haut niveau

 

Le monde du sport et celui des études semblent totalement disjoints. Trop souvent, les étudiants sont associés à des gringalets non-sportifs et les athlètes a des machines sans cervelles. Pourtant, de plus en plus de passerelles se créent, offrant l’opportunité aux sportifs de poursuivre des études supérieures. Serge Derongs, Directeur de la Formation Sportive à l’Ecole Polytechique, nous livre son témoignage.

Florent Delval est élève de l’École Polytechnique, dans la promotion X2011. Il est membre d’une liste Kès (BDE de l’École), la Kèsquette, en qualité d’aspirant IK-man. L’IK, ou InfoKès, est le journal hebdomadaire des polytechniciens.

Florent Delval est élève de l’École Polytechnique, dans la promotion X2011. Il est membre d’une liste Kès (BDE de l’École), la Kèsquette, en qualité d’aspirant IK-man. L’IK, ou InfoKès, est le journal hebdomadaire des polytechniciens.

Florent Delval : Pourquoi faire des études supérieures lorsqu’on suit déjà une formation sportive de haut niveau ?
Serge Derongs : Les sportifs de haut niveau ayant fait des études supérieures sont assez nombreux. Par exemple, Stéphane Diagana, champion du monde de 400m haies, est diplômé de l’ESCP Europe. Pourquoi faire des études supérieures lorsqu’on est sportif ? Souvent, le sport, surtout à haut niveau, est associé à un échec scolaire. Mais ce n’est bien sûr pas le cas. Je crois donc qu’il y a une volonté des sportifs, pendant leur carrière, de paraître cultivés. […]
De toute façon, on ne peut être sportif de haut niveau qu’avec un cerveau bien fait. Effectivement, le sport nécessite une grande concentration ; il faut être capable d’anticiper, de réfléchir l’optimiser. La plupart des sportifs de haut niveau ayant fait peu d’études ont des carrières sportives très courtes. […]
A l’inverse, on pourrait se demander si faire du sport n’est pas une condition nécessaire pour réussir des études supérieures. De mon point de vue, c’est évident. Cela développe la maîtrise de soi, et démontre la pugnacité de chacun. C’est d’ailleurs ce que l’École Polytechnique a compris. Ce n’est pas vraiment du haut niveau sportif, mais c’est un véritable soutien pour la formation académique. […]

 

Comment peut-on combiner sport de haut niveau et études supérieures ?
Aujourd’hui, en particulier à l’X, rien n’est fait. Les formations sportive et académique de haut niveau ont chacune de très lourdes contraintes, qui sont très difficiles à associer. […]

 

Indépendamment de proposer des études sportives de haut niveau, que met l’École Polytechnique en place pour favoriser le sport universitaire ?
L’X a une véritable politique sportive universitaire : au moins 70% des élèves participent aux compétitions universitaires. Une élite sportive s’en dégage, qui est dès lors prise en charge et soutenue par l’X. Cela fait partie du projet de l’École. […]

 

Le handisport est-il également un aspect majeur de la formation sportive dans les écoles ?
C’est certainement une préoccupation des grandes écoles. On se doit de proposer des activités physiques aux handicapés. Ceci dit, l’impact financier est fort pour les écoles : il faut adapter toutes les infrastructures pour permettre le handisport. […] L’X a la volonté d’accueillir des élèves handicapés. […] Le principal problème de l’X pour accueillir des élèves handicapés est la présence de tests sportifs à l’admission. Tant que cette pratique existe, les handicapés ne pourront pas présenter ce concours, et donc il n’y aura pas d’élèves handicapés. Cette situation évoluera inexorablement […].

 

Et dans le futur ? Quelle est votre vision du sport et des grandes écoles ?
La culture sportive dans les grandes écoles va certainement se renforcer. Les universités sont pour le moment plus en avance, et le sport universitaire est très développé, mais du fait des problèmes financiers et de recrutement, il est dans une impasse. Alors que les écoles ont davantage de moyen, et n’ont pas de problèmes de recrutement. Le sport dans les grandes écoles continuera donc de se développer. […]

 

Propos recueillis par Florent Delval.