KAMEL, QUENTIN ET ELISABETH ONT EN COMMUN DE CONJUGUER ÉTUDES ET RÉUSSITE. RETOUR SUR LEURS PARCOURS ET LEURS PROJETS AUSSI NOMBREUX QU’AMBITIEUX.

 

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KAMEL BENKHALFALLAH, Etudiant en L3 de Méthodes informatiques appliquées à la gestion d’entreprise (Université de Haute Alsace)
MON PARCOURS
Passionné de sciences depuis toujours je me suis tourné avec un ami vers une formation en maths et informatique : à 2 c’était plus facile d’affronter les galères ! Dès mon arrivée à l’UHA, j’ai été très bien accueilli par la Mission Handicap et par ma responsable de 1ère année qui m’a beaucoup aidé.
AUJOURD’HUI
Je suis spécialisé en informatique : c’est un domaine plus pratique et visuel que les maths (et donc plus compliqué du fait de mon handicap) mais qui offre plus de débouchés. Plus autonome, je n’hésite pas à aller au contact des autres étudiants et des professeurs pour exprimer mes besoins éventuels. Les réactions face à mon handicap sont diverses (peur, surprotection, indifférence,…) mais je m’accroche. Je suis très optimiste, notamment grâce au soutien de ma famille sans laquelle je n’en serais jamais arrivé là.
ET DEMAIN ?
Mon job idéal serait de coordonner une équipe. Je cherche mon premier stage et m’interroge sur l’accueil des personnes en situation de handicap en entreprise. Aussi compétent qu’un valide, je peux mettre un peu plus de temps à faire les choses : un informaticien étant facturé à l’heure, ça met la pression. Malgré mes craintes, je suis sur que ce sont mes compétences et pas mon handicap qui feront la différence.

 

QUENTIN PELÉ, Ingénieur en bureau d’études (INSA Rennes 2013)
MON PARCOURS
J’ai choisi une formation d’ingénieur post-Bac en 5 ans et accessible du fait de mon handicap. L’INSA de Rennes m’a semblée la plus adaptée car elle dispose d’une structure d’accueil des étudiants handicapés assez performante qui m’a permis de réaliser mes études sereinement.
MA VIE D’ÉTUDIANT
L’ambiance de ma promo était géniale. Le financement des interprètes en langues des signes a été ma seule vraie difficulté même si mes parents m’ont énormément aidé et l’école, soutenu. La quasi- totalité des cours était assurée en LSF, les enseignants étaient assez coopératifs et un système de prise de notes rémunéré a été mis en place avec des étudiants de ma promo. J’ai aussi suivi des cours particuliers d’anglais avec une autre étudiante sourde où nous communiquions par écrit avec notre professeur.
AUJOURD’HUI
Je travaille au sein d’un bureau d’études en structure pour une entreprise spécialisée en management de projet, ingénierie, et conseil dans les domaines de la construction, des infrastructures et de l’environnement. Mon entreprise a notamment mis en place des cours de sensibilisation à la surdité et à la LSF pour mes collègues ainsi que le système TADEO pour me permettre de téléphoner et participer aux réunions.

 

ELISABETH SIDIBE, Chargée de mission RH, en Licence Chef de projets emploi & handicap au CNAM
MON PARCOURS
Après avoir débuté dans la traduction audiovisuelle je me suis réorientée vers une Licence Chargé de mission RH en alternance car je voulais un métier d’échanges. Je me suis alors familiarisée avec la question du handicap en entreprise et j’ai rencontré l’association TREMPLIN Études-Handicap-Entreprises qui accompagne les étudiants en situation de handicap dans leur parcours d’études et dans leur accès à l’emploi.
MON ENTRÉE SUR LE MARCHÉ DE L’EMPLOI
Une fois diplômée, j’ai participé aux réunions mensuelles de TREMPLIN avec des grandes entreprises de tous les secteurs. Mon CV a été retenu par Bouygues Immobilier que j’ai rejoint il y a 4 ans en tant qu’assistante RH. Mon intégration s’est très bien passée : je disposais déjà d’un dispositif d’aménagement de poste mis en place par mon précédent employeur que l’entreprise a complété par une loupe électronique utile dans le suivi des réunions. Pour monter en compétences, je suis depuis octobre une Licence diplômante de Chef de projet emploi & handicap au CNAM.
MES PROJETS
Malgré une réelle prise de conscience des entreprises sur la question de la diversité, beaucoup de choses restent à faire. C’est un métier qui offre beaucoup d’opportunités, un métier utile et humain : permettre à une personne handicapée d’accéder à l’emploi dans les meilleures conditions possibles c’est bien plus qu’un simple recrutement.

 

CW.