Le digital est partout : autour de nous, dans nos poches ou sur notre poignet. Il nous sert à communiquer avec nos amis et nos collègues, et à commander nos produits en ligne. Il s’agirait d’une révolution… Mais, en pratique, comment est-ce qu’il transforme réellement nos usages ? Par Nicolas Glady, Professeur à l’ESSEC Business School, Chief digital officer et directeur du K-Center et Anne-Caroline Gallimard, étudiante MSc In Management ESSEC Business School

 

Toujours plus connectés : la fin des frictions au quotidien

Le digital supprime les étapes inutiles et « lève les frictions. » L’exemple emblématique de cette nouvelle dynamique est l’émergence des plateformes collaboratives : Uber, Airbnb ou encore Menu Next Door, qui permettent aux individus d’échanger directement entre eux. Il n’y a plus besoin d’intermédiaire, l’offre et la demande se rencontrent directement.

Un geste quotidien comme un paiement est dorénavant beaucoup plus simple grâce au digital. Plusieurs applications, comme Lydia ou Pumpkin, permettent de rembourser un ami en deux clics seulement. Plus besoin de porte-monnaie ou de RIB tiers, seul le numéro de téléphone suffit. De même, grâce au « cashless » et à la technologie NFC (Near Field Communication), chacun peut payer ses courses en utilisant son mobile ou encore un bracelet connecté.

 

Les usages professionnels eux-aussi révolutionnés par le digital

 Au travail, la fameuse « paperasse » est elle-aussi simplifiée par le digital. Plusieurs applications proposent ainsi de faciliter les démarches administratives au sein de l’entreprise en les dématérialisant. Concord, une start-up française, permet à deux parties de remplir et signer à distance et en ligne leur contrat. De même, les logiciels ERP (Enterprise Resource Planning) permettent de gérer les ressources (humaines, financières ou autres) plus efficacement.

Grâce au digital, les opérations – qu’elles soient privées ou professionnelles – autrefois fastidieuses et pénibles sont désormais plus faciles et rapides. Mais la séparation entre les activités en devient dès lors plus difficile…

Vers une fin de la séparation vie privée/vie professionnelle ?

La technologie sonne en effet le glas de la séparation entre vie privée et vie professionnelle. Même à la maison, nous continuons – parfois contre notre gré – à échanger des emails et à travailler. Et bien qu’au boulot, nous pouvons toujours être en relation avec nos amis ou notre famille…

Un exemple récent est particulièrement intéressant en la matière : Facebook vient de lancer Workplace, une plateforme visant à fluidifier la communication et les interactions au sein des entreprises. Après avoir transformé pour toujours notre rapport à nos « amis » la firme de Mark Zuckerberg semble donc vouloir faire de même avec nos collègues. La transition en sera donc toujours plus facile…

En réalité, grâce au digital, l’Homo numericus a dorénavant la possibilité d’être connecté en permanence, à tous ses réseaux, selon une pléthore de modalités ou d’appareils.

 

Les objets connectés : un univers sans friction encore plus pertinent

Et quand on regarde vers l’avenir, que ce soit pour nos usages personnels ou professionnels, avec les montres intelligentes (Apple Watch), les assistants personnels à domiciles (Amazon Echo), ou la voiture autonome (Google Car), nous rentrerons de plus en plus dans l’ère des objets connectés. Parce qu’ils sont directement intégrés dans notre quotidien, les objets connectés peuvent en effet tenir compte de notre contexte et être toujours plus pertinents. Par exemple, les lunettes de réalité augmentée (Google Glass) sont testées par la Banque Populaire afin de donner aux commerciaux directement accès aux données de leurs clients. C’est toute l’expérience utilisateur qui s’en trouve facilitée : tout est toujours à portée de pouce. Avec le digital, et à plus forte raison avec les objets connectés, nous rentrons dans un univers où tout est toujours plus simple, plus rapide, et où, de notre domicile à notre lieu de travail, nous avons accès à « tout, tout de suite ».