Louis Jouanny, directeur général de l’ESIEA, entend former les ingénieurs de demain. Sa méthode ? S’assurer qu’ils soient toujours à la pointe des innovations numériques en bénéficiant d’un cursus sans cesse mis à jour. Par Maximilien Arengi

Pour la formation d’ingénieurs innovants

Louis Jouanny insiste d’emblée, l’ESIEA ne forme pas et ne formera pas de codeurs. « Notre ambition est de former des architectes de systèmes dont l’expertise est utile dans des secteurs variés : médecine, finance, armée… Au-delà de ses compétences techniques, notre ingénieur comprend les besoins des utilisateurs afin d’anticiper et de répondre à leurs attentes ».

« La technologie est un produit frais »

Selon le directeur général de l’ESIEA, la révolution digitale s’accélère. L’école s’adapte en temps réel aux dernières innovations. « La technologie est un produit frais, avec une date de péremption. Nous faisons évoluer nos enseignements tant en termes de contenu que de méthodologie. En outre, pour dispenser nos enseignements tournés vers les technologies et les métiers (en quatrième et cinquième année), nous faisons appel à des intervenants extérieurs, en pointe sur les dernières évolutions dans leur domaine ».

Des métiers en constante évolution

Les métiers du numérique présentent une autre caractéristique : ils évoluent avec une rapidité inédite. Louis Jouanny explique ainsi lors des journées portes ouvertes, que les options de dernières années du cursus ingénieur peuvent être amenées à changer d’ici que le jeune entré post-bac arrive en quatrième année. Par exemple, les options « systèmes d’information » et « systèmes embarqués », hier distinctes, commencent à converger.
« Il faut oublier le numérique si l’on ne veut pas d’un métier qui change tout le temps. Les entreprises attendent des jeunes diplômés adaptables et aptes à leur apporter les dernières technologies ou langages informatiques. Nos ingénieurs sont polyvalents au sens où ils sont capables de passer d’un système donné à un autre grâce à leur formation pluridisciplinaire et pluritechnologique ».

 

L’innovation est un décalage

La technique n’est qu’une composante du métier d’ingénieur. « Il faut faire comprendre aux jeunes que ça bouge très vite, qu’ils seront à la disposition de métiers qu’il faut comprendre et que le digital a aussi des implications qui ne sont pas que technologiques. Le progrès technologique soulève des questions éthiques ou encore psychologiques. L’innovation est un décalage. Si tout le monde voit les choses d’une manière identique, il n’y a pas d’innovation. Etre en avance de phase peut s’avérer difficile. Nous apprenons à nos étudiants qu’il faut prendre l’initiative ».
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