Associations innovantes : Centrale Lyon

 

Chaque année, les élèves-ingénieurs de l’EPSA créent un nouveau véhicule de compétition qui sera finalisé trois ans plus tard. Rencontre avec le président de l’association, Romain Guérout.

 

L’équipe en charge du prototype Virtuoz (saison 2011)

L’équipe en charge du prototype Virtuoz (saison 2011)

Fiche d’identité
Date de création : 2002.
Nombre de membres : 55 actifs, tous élèves-ingénieurs de Centrale Lyon, auxquels s’ajoutent environ 25 partenaires (principalement des élèves d’écoles techniques ou professionnalisantes qui aident à la production du véhicule) et 10 anciens.
Missions : « La première mission de l’EPSA est de réaliser un véhicule hybride écologique de compétition. Sa deuxième mission cachée est de nous former : dans l’association nous sommes en majeure partie passionnés d’automobile, nous comptons pour beaucoup travailler dans ce secteur à la sortie de Centrale Lyon. »
L’association en une phrase ? « Un projet passionnant qui regroupe des étudiants à mixité sociale (des ingénieurs mais aussi des élèves de bac professionnel) sur une initiative innovante, dans l’ère du temps, avec une équipe motivée. »
Actions : Chaque prototype de véhicule représente un projet de trois ans :
1. Quand ils sont en première année, les élèves-ingénieurs conçoivent leur prototype.
2. La deuxième année est réservée à la réalisation du véhicule : à la fin, « il est terminé et prêt à courir. »
3. « En troisième année, on passe à la phase d’optimisation parce que le véhicule, comme tous les prototypes, a quelques défauts. »
La finalité, pour chaque prototype, consiste ensuite à participer au Trophée SIA. L’ensemble de ce processus s’est sensiblement amélioré et précisé au fil des ans. « On a commencé à maîtriser des outils qu’on ne connaissait pas au début. Avant on travaillait avec du papier et des stylos. Aujourd’hui, on utilise les logiciels des constructeurs automobiles », explique Romain avant d’ajouter que l’EPSA essaie « de suivre au maximum les innovations qui sont faites dans l’industrie automobile. » En parallèle, l’association possède de plus en plus de partenaires. « Au début on faisait tout tous seuls », rappelle le président. A présent, l’EPSA bénéficie de l’aide précieuse de six partenaires : une école de design, l’EM Lyon qui aide à trouver les financements et à communiquer, et quatre partenaires techniques. Par ailleurs, 2012 a vu la naissance de deux nouvelles entités : L’EPSAC (EPSA Académie) : Un organisme dont le but est de mettre en place un partage de connaissances entre les anciens membres de l’association et les nouveaux, à l’aide de cours, de conseils techniques. L’EPSAF (EPSA Fondation) : Un fonds de dotation alimenté par les anciens membres de l’association, qui s’est donné pour mission de financer un prototype qui participerait aux 24 heures du Mans.
Valeurs : « Déjà, un fort engagement de la personne. Ensuite, le travail en équipe. Sur un véhicule, on travaille en même temps à vingt personnes, auxquelles s’ajoutent tous les partenaires : cela demande de la discipline pour chacun et une sacrée organisation. C’est aussi un moyen de se retrouver, un plaisir commun, une passion. C’est un projet très technique, certes, mais également très humain. »
Originalité : « Déjà le projet que nous proposons : toutes les associations ne fabriquent pas un véhicule. De plus, c’est une des plus grosses associations de Centrale Lyon. Nous sommes confrontés à de grosses problématiques et il faut absolument qu’on les résolve dans le temps imparti. L’EPSA ressemble davantage à une entreprise : des associations qui tournent avec un budget de 140 000 €, je n’en connais pas beaucoup ! »
Et dans dix ans ? « On aimerait bien avoir notre propre piste afin de créer une deuxième écurie et de présenter un véhicule aux qualifications des 24 heures du Mans. Ce projet s’appellera l’EPSAM. On aimerait également réaliser un véhicule sans pilote. »


Le Trophée SIA : Organisée cette année les 1er et 2 juin, cette course qui marque la fin de la saison pour l’EPSA, réunit plusieurs écoles d’ingénieurs qui présentent chacune un ou deux véhicules. « Nous sommes la plus grosse association aussi bien en termes de budget qu’en termes de membres, et d’ailleurs la seule qui se permet de faire un nouveau prototype chaque année », précise Romain. « Avec des véhicules qui n’ont jamais été utilisés avant le trophée, on prend des risques que les autres écoles ne prennent pas. »
Budget : Le budget de la saison est d’environ 140 000 € Au tout début, le véhicule coûtait autour de 10 000 €, aujourd’hui il nécessite 90 000 €
Financement : La taxe d’apprentissage et le sponsoring. Entre 25 et 30 entités comme Total, Safran, PSA Peugeot Citroën (…) offrent des dons financiers ou en nature.

 

Claire Bouleau
Twitter @ClaireBouleau

 

Plus d’informations sur :
www.epsa-team.com