Google fait partie des entreprises qui fascinent même si elle a des détracteurs du fait de sa position dominante et de son optimisation de ses résultats financiers comme tous les géants du Web.


Sa logique est le recrutement des meilleurs après une âpre sélection et des critères propres, la nécessaire course à l’innovation en permanente pour ne

pas se faire dépasser (ou ubériser), le rachat de start-up innovantes, les petites équipes avec l’évaluation par ses pairs, la règle des 20 % du temps des salariés (non administratifs) consacré à des créations personnelles (qui peuvent bénéficier à l’entreprise), la priorité accordée aux utilisateurs, etc. Son modèle de management est nouveau comme le fordisme et le toyotisme en leur temps.

La logique du recrutement chez Google (mais aussi chez Facebook et les autres majors du numérique) s’apparente parfois à celle qui existe dans des concours d’entrée de type ENA ou grands corps d’État. On recrute d’abord des talents et ensuite l’entreprise est suffisamment grande pour trouver une adéquation entre leur singularité – même si les candidats doivent correspondent à un certain état d’esprit/formatage – et ses besoins internes.

Ce n’est plus tant la logique poste vacant / comblement qui fait foi sauf pour de rares profils très pointus. Il existe aussi au sein de Google des bases de données internes très puissantes qui permettent la recherche de profils par compétence. Un rêve pour les DRH des entreprises 1.0 !

 

Près de 9 000 candidats ont été recrutés chez Google l’an dernier. Le groupe, désormais Alphabet, a dépassé les 50 000 personnes.


David Fayon

 

Interview de Vincent Palatin (X 2000, Télécom ParisTech 2005), Staff Software Engineer chez Google HQ à Mountain View pour Le Journal des Grandes Ecoles & Universités

 


1. Comment êtes-vous arrivé chez Google ?

Je travaillais sur la virtualisation pour les systèmes embarqués au sein d’une start-up en France qui a été rachetée par VMware et j’ai déménagé par la suite de Grenoble à Boston. Un jour j’ai reçu un appel d’un recruteur de chez Google en 2010 qui me proposait de travailler chez eux. J’avais pourtant un profil plus dans l’électronique embarqué (consumer electronics) et non côté serveur et web. Je me suis rendu à Mountain View au siège de Google pour voir, en étant plutôt sceptique au départ. L’entretien s’est bien passé avec des personnes d’Android mais aussi de Chrome OS qui m’ont présenté ce qu’ils faisaient. On est face à un tableau blanc à faire du code, des schémas. Les questions sont très pratiques. C’étaient des entretiens uniquement avec des ingénieurs.

2. Comment se passe la vie dans l’entreprise et en quoi travailler chez Google est différent ?

Elle ressemble plus à un campus d’université qu’à une entreprise. Tout est sur place, le but est de faire gagner du temps. Toutes les cantines appartiennent à Google, on a des bus avec Wi-Fi. Le fait de ne pas être dans sa voiture avec le trafic enlève du stress.

Google attribue rapidement des moyens importants à des projets nouveaux, rien n’est impossible et tout est à inventer. Par exemple sur le projet Chrome OS, des gains énormes de parts de marchés ont été faits avec des machines qui équipent les écoles (avec HTML5 et stockage dans le cloud). L’entreprise est aussi « engineering driven » avec un management assuré par des ingénieurs qui savent coder. C’est une culture forte.

3. Quid des 20 % du temps consacré à des projets personnels ?

Ce principe peut être plus ou moins formalisé. Au bout d’un certain temps, il est demandé de faire une revue de projet et d’expliquer à ses pairs. On peut ainsi bâtir des applications qui n’ont rien à voir avec ses missions premières.  Le personnel est assez libre de proposer et développer des idées nouvelles avec des éléments chiffrés et factuels. On pourrait citer le projet de lunettes de réalité virtuelle en carton (Google Cardboard).

4. Enfin, quels conseils donneriez-vous aux étudiants des Grandes Ecoles qui souhaiteraient faire un stage ou travailler chez Google ?

Le planning des stages est calé sur celui des universités américaines. Aussi faut-il envoyer sa candidature dès octobre. Ensuite l’entretien pour le stage est à préparer comme un concours.  Les questions sont très techniques quel que soit le poste et il ne faut pas être surpris de se voir poser des questions de code et de plancher devant un tableau blanc comme si c’était une colle. Enfin il existe beaucoup de métiers différents et il convient en amont d’avoir une idée de ce que l’on veut faire.

 

Mise à jour le 27/10/2015

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