Après Google et Apple, place au 3e des GAFA qui a son siège dans la Silicon Valley. Alors que Facebook vient d’annoncer avoir franchi le cap des 2 milliards de comptes, qu’Instagram, Messenger et WhatsApp poursuivent leur forte croissance et que le groupe annonce des bénéfices à 2 chiffres, petite escale sur le campus de Facebook.

 

Facebook et la volonté de rester incontournable

L’essentiel de la publicité s’opère à présent via Google et Facebook et Facebook est bien décidé à accentuer cette bascule. L’entreprise qui génère du cash comme Google n’hésite pas à opérer des rachats et à copier certaines fonctionnalités d’acteurs plus récents comme Twitter et surtout Snap. C’est le culte de la version bêta permanente ! L’entreprise modifie par ailleurs ses CGU désormais léonines s’agissant des données car, postées sur Facebook, elles deviennent sa propriété. Les développements récents sont concentrés sur les chatbots, la réalité virtuelle (rachat d’Oculus) et la vidéo en direct avec Facebook Live qui a déjà fait de l’ombre à Periscope. Instagram, acquis par l’entreprise, continue sa propre vie, sa croissance et des synergies fortes avec Facebook. Ses bureaux à Menlo Park sont d’ailleurs à proximité du 1 Hacker Way, siège de Facebook.

Une politique d’intégration des nouvelles recrues avec les bootcamps

Outre la culture des plateaux projets pour fédérer dans un même lieu des cerveaux-d’œuvre aux compétences multiples (au-delà du simple fait de bien coder), une des caractéristiques de Facebook est celle des bootcamps pour les nouvelles recrues. Pour exemple, les ingénieurs et les chefs de projets passent six semaines de formation au siège à Menlo Park avec des mentors. L’objectif ? Qu’ils soient rompus aux outils et méthodes internes quel que soit le pays où ils exerceront, d’acquérir la culture de l’entreprise et d’être exposés au code de Facebook. Dès le départ, un travail leur est assigné et les personnes sont poussées à travailler en dehors de leur domaine d’expertise. Un des buts est de permettre de publier du code en live, d’évaluer les compétences, d’être immédiatement gratifié et d’avoir des ingénieurs motivés. Un autre objectif est de faire comprendre l’écosystème d’une application que l’on travaille sur une partie visible ou en back-office. Les salariés choisissent ensuite globalement leurs projets et leurs équipes.

En visitant le campus, j’ai pu constater les similitudes entre le Googleplex et Mountain View. En particulier, la flotte de vélos aux couleurs de Facebook qui rappelle les vélos aux 4 couleurs du logo Google, les services sur place (restaurants) et autres boutiques avec des gratuités qui facilitent la vie sur le campus et invite chaque salarié à rester le plus longtemps possible. C’est vraiment une ville dans la ville dans la plus pure tradition des campus universitaires américains.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la mobilité entre les 9 fantastiques (GAFAM – Google Apple Facebook Amazon Microsoft et NATU – Netfix Airbnb Tesla Uber) est fréquente, formatant ainsi un certain esprit.

Facebook à Menlo Park et le challenge des transports : time is money

Le temps de transport des salariés vers l’entreprise (commute) est un sacré challenge dans la Silicon Valley avec des autoroutes souvent engorgées (la 101 surtout mais aussi les 280, 680 et 880 pour ne citer qu’elles). Aussi, tout est optimisé et Facebook a même un directeur du transport en la personne de Kevin Mathy, transfuge de chez Google.

Outre la mise à disposition de vélos sur le campus, des possibilités d’utiliser Uber et de Lyft sont même offertes afin de faire gagner du temps pour les réunions. Un programme de covoiturage (3 à 5 personnes) est aussi organisé pour les salariés. Il leur permet de travailler pour celui qui ne conduit pas et d’échanger ce qui permet de tisser des liens avec bien évidemment des connexions à Internet à bord. Des transports sont gratuits (on est loin de la carte Navigo remboursée à moitié), des recharges sont proposées pour les véhicules électriques, des services de voituriers sont proposés.

Par ailleurs, les analyses du big data sont poussées jusqu’à élaborer des cartographies pour savoir où les salariés de Facebook vivent et en fonction des profils respectifs (ingénieurs/développeurs, commerciaux, fonctions support) et de connaître les horaires d’arrivée, de départ, etc. Enfin, une application interne, Ride, a été créée pour la gestion des transports des salariés. Avant de la commercialiser pour d’autres entreprises…