Notre correspondant, David Fayon poursuit son périple et sa découverte de la Silicon Valley. Pour cette nouvelle étape : arrêt à Santa Cruz.

 

Santa Cruz est une ville de bord de mer, située à 60 km au Sud de la Silicon Valley, riche en contrastes. Symbole de la contre-culture et également frappée par le séisme de Loma Prieta en 1989, la petite ville de 60 000 habitants accueille l’Université de Californie et ses plus de 18 000 étudiants.

Le développement de la contre-culture en Californie avec Stanford

Par le passé, la contre-culture libertaire a irrigué les campus américains, en particulier en Californie. La guerre du Vietnam et le mouvement hippie ont influencé les étudiants, sans parler de la consommation de drogues, notamment du LSD. Certains pensent même que la CIA l’aurait d’une certaine façon promue…

Cette contre-culture s’installa dans la Silicon Valley, à Stanford, dans les années 1960-1970. L’université de la ville, avec le Stanford Artificial Intelligence Lab et surtout le Stanford Research Institute, ont joué un rôle majeur dans les innovations technologiques qui ont façonné le monde de l’informatique d’aujourd’hui.

 

Un héritage qui perdure à Santa Cruz

L’héritage de cette contre-culture libertaire des années 1970 avec le mouvement hippie imprègne encore fortement des villes comme Santa Cruz. Cela se remarque au travers des tenues grunge de quelques habitants, d’un rapport au temps – plus zen, de la presence de nombreux musiciens aux vêtements improbables, de SDF également, etc. Le centre de Santa Cruz est ainsi animé de nombreux bars, restaurants et boutiques.

L’activisme est aussi très répandu avec notamment The Resource Center for Nonviolence. Son but est d’améliorer la condition humaine de façon non violente, en dénonçant par exemple la guerre en Irak ou en prônant l’utilisation du cannabis à des fins thérapeutiques. Cela n’empêche pas la venue de manifestations violentes comme celles du 1er mai 2010 qui ont opposé des militants d’extrême-gauche à la police.

 

De la Silicon Valley à Santa Cruz et vice versa

Pour se rendre à Santa Cruz depuis la Silicon Valley, la distance est certes modérée mais le trajet se change en expédition quand il s’agit d’emprunter la CA-17, une route sinueuse de deux fois deux voies. Celle-ci est souvent congestionnée, notamment lors des départs en week-end. Sur mon chemin, peu après Los Gatos, siège de Netflix à l’extrémité Sud de la Silicon Valley où je coache pour la préparation au marathon, le fameux réservoir de Lexington. Installé au milieu d’une nature pittoresque, il a débordé en fin d’hiver et bloqué des automobilistes se rendant ou revenant de leur travail ! Il était en effet tombé plus de pluie ce mois-là que lors des deux années précédentes, qui au contraire avaient été très sèches. Inutile de préciser que les temps de parcours indiqués alors par Google Maps ou Waze avaient été totalement faussés ce jour-là ! Le reste du temps, cette route est plutôt calme, traversant des forêts de séquoias et arborant une nature magnifique avec au loin de petites montagnes.

Santa Cruz et ses environs, regorgent de plages où les espaces sont à l’image des États-Unis, sans grande contrainte. Cela permet aux jeunes salariés, mais pas seulement, de pratiquer facilement certaines activités. En tête, le surf, dont la pratique aurait débuté en Californie. Suivi du kitesurf, un sport cher à Loïc Le Meur, une des figures françaises de San Francisco qui lance d’ailleurs sa nouvelle start-up « Leade.rs ».

À proximité se trouvent de nombreuses autres stations balnéaires comme Capitola, plus calme et plus conventionnelle aussi. Santa Cruz, finalement se résume à un état d’esprit, comme le rappelle le Santa Cruz Boardwalk, une fête foraine de plage avec des attractions.