L’État du Nevada jouxte la Californie. En voiture, neuf heures suffisent pour rallier le CES (Consumer Electronic Show) de Las Vegas depuis la Silicon Valley. Ce salon est le temple des tendances high-tech qui, pour certaines, auront des applications notables dans nos vies quotidiennes. Il fêtait cette année sa cinquantième édition.

 

Les tendances de demain au-delà des aspects gadgets

Une différence fondamentale existe entre les Américains et les Européens. Pour les premiers, tout nouveau produit représente une opportunité potentielle s’il contribue à satisfaire un nouveau besoin, répondre à un problème, le rendre meilleur. Pour les seconds, un nouveau produit est parfois vu comme un gadget avant que des usages massifs le rendent indispensable à la majorité.

Pourquoi être présent au CES ?

Les motivations sont de 4 ordres. Tout d’abord la couverture médiatique assurée pendant l’événement pour les entreprises qui ont un stand. Ensuite, le fait de pouvoir frapper à la porte du marché américain pour raisonner global. Le fameux « think global, act local ». Puis le fait d’être reconnu comme une entreprise de référence dans son domaine. Enfin éventuellement obtenir un CES Award, label qui permet de crédibiliser une start-up (par exemple l’entreprise française Cityzen Sciences en avance sur le wearable (vêtement connecté) en avait décroché un en 2015. Cette année, 11 sociétés françaises été primées parmi lesquelles 42tea pour le thé connecté, Holi pour le réveil intelligent, Hydrao pour la douche intelligente et respectueuse de la consommation d’eau, MyxyPod une enceinte évolutive pour l’habitation intelligente, SensePeanut une App qui propose des capteurs intelligents. Si « Le Monde est le journal pour être vu le lisant », le CES est « l’endroit où les Français peuvent rencontrer des Français pour réseauter ».

Les tendances fortes : Internet des objets, réalité virtuelle, voiture autonome…

Les mots clés qui correspondent aux différentes entreprises présentes sont l’Internet des objets (même si le décollage ne sera véritablement qu’à l’horizon 2020), la réalité augmentée notamment sur les smartphones mais pas que et la réalité virtuelle avec des caques plus performants et plus ergonomiques. Dans ce cadre, c’est surtout Alexa, l’assistant vocal d’Amazon qui s’impose.

Amazon réalise le tour de force d’être fortement présent par procuration. Sa solution de commande vocale est intégrée par Huawei (smartphone Mate 9), Ford, VW et beaucoup d’autres entreprises et start-up (frigo intelligent de LG, aspirateur de Samsung). L’ouverture des APIs des assistants personnels d’Amazon et de Google aux développeurs permettent de les voir apparaître dans divers objets du quotidien (aspirateur, automobile, etc.). Amazon a, sur ce point, une belle longueur d’avance sur Google, Apple et d’autres géants technologiques.

 

Notons, enfin, l’intelligence artificielle présente partout, les téléviseurs Oled et la voiture autonome. D’ailleurs le CES ubérise le Mondial de l’automobile pour tout ce qui concerne la voiture connectée et la voiture autonome. On notait la présence de Carlos Ghosn, le P-DG de Renault Nissan. Nvidia, fabricant de micro-processeurs graphiques montrait les atouts de la voiture autonome.

Un lieu spécial

Plus de 4 000 exposants étaient réunis dans un environnement où les hôtels et casinos abondent, ces derniers étant licites dans l’État du Nevada contrairement à d’autres. Les distances sont à l’image de l’Amérique. Elles impliquent de longs déplacements et pour corollaire de bonnes paires de chaussures…

La France en force

La France était présente massivement avec 275 entreprises et exposants (3e toutefois derrière les États-Unis avec 1 713 entreprises et la Chine, 1 307 entreprises). La Poste, qui cherche avec des start-up partenaires des relais de croissance, avait mobilisé 6 facteurs et Legrand qui investit dans la maison connectée, faisaient le show. Et en matière de start-up, la France était la 2e délégation dans l’Eureka Park, espace dédié aux jeunes pousses. Se posent néanmoins la question de la durée de vie et du développement de certaines. Les fleurons français comme Sigfox (opérateur télécom pour l’Internet des objets au même titre que LoRa), Parrot (pour les drones) ou encore Withings font partie des habitués.

Politiquement, il s’agissait d’un duel entre François Fillon et Emmanuel Macron à distance. Le premier qui était accompagné de NKM s’y est rendu plusieurs fois et le second bénéficie de l’image numérique de son ancienne Secrétaire d’État qui a beaucoup communiqué sur la French Tech, label lancé en novembre 2013 par Fleur Pellerin.

Par David Fayon