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Alors que Viadeo est en chute libre avec des opérations de croissance à l’international hasardeuses, Criteo survole le ciblage publicitaire personnalisé et précis grâce à un algorithme sophistiqué. L’entreprise est devenue l’emblème de la réussite numérique française qui voit grand et s’exporte en pensant global. Et la Silicon Valley constitue un passage obligé.

 

Aux manettes, un homme et une envie de créer

Jean-Baptiste Rudelle (Supélec) est un homme discret, efficace, orienté sur les objectifs et fin joueur d’échecs. Il a d’ailleurs récemment joué contre le Grand Maître international Anatoli Karpov.

Il s’est lancé dans l’entreprenariat par choix, pour l’envie d’être son propre chef et de voir l’impact de ses actions.

Souhaitant mixer théorie et pratique, il voulait « concevoir quelque chose d’inspirant, attirer des talents, des investisseurs et des co-fondateurs en leur vendant une belle histoire et la créer pour ne pas être déceptif ». Il est dans la logique américaine qui consiste à faire confiance a priori aux personnes avec en retour une haute exigence.

La décision de franchir le Rubicon de la Silicon Valley

Après avoir créé d’autres start-up et avoir vécu dans le passé à l’étranger et dans la Silicon Valley, c’est avec Criteo, lancé en 2005, que la consécration arrive, après avoir toutefois tâtonné et même galéré pour trouver le bon business model. Après le succès en France, une extension aux pays limitrophes est décidée. Et pour voir grand, la question des États-Unis est posée : faut-il être s’y installer solidement, être racheté, conserver le pouvoir ?

N’ayant pas vu de boîte similaire à ce que Jean-Baptiste proposait, il prend le pari des États-Unis en 2008 en allant s’installer à Palo Alto, épicentre de la Silicon Valley. Il part du principe que dans les rares cas de succès, au moins des fondateurs résidait aux États-Unis. Il opte pour une stratégie en deux temps, d’abord le lancement de la filiale commerciale puis de la fonction corporate.

Le déclic du succès aux États-Unis, le client Zappos

Il était convaincu qu’« il est impératif d’être leader aux États-Unis pour être leader mondial ». Le début aux États-Unis n’a pas été un fleuve tranquille, en cause : des difficultés de recrutement. Les Américains sont peu enclins à travailler pour des entreprises françaises et il est important d’avoir des références américaines pour être crédible. Le déclic s’est alors produit avec Zappos qui constitua une excellente référence commerciale. Avec le pragmatisme américain et le bouche à oreille, le succès s’est alors dessiné. La cotation au NASDAQ en octobre 2013 a suivi car les États-Unis étant le plus gros marché, c’est là que Jean-Baptiste décida de miser sans pour autant négliger la France (nouveaux locaux de R&D à Paris en 2012). Dès 2015, la société a dépassé le cap du milliard d’euros de chiffre d’affaires. Sa saga est relatée dans le livre On m’a dit que c’était impossible.

Les perspectives et l’intérêt pour les ingénieurs talentueux qui rêvent d’international

Aujourd’hui, Criteo est en compétition avec Google (partenaires ou clients sur des projets, concurrents sur d’autres). Leur ADN est similaire car ce sont des boîtes d’ingénieurs où l’algorithmique règne en maître. Criteo travaille également avec Microsoft et poursuit son développement avec six acquisitions dont deux récentes aux États-Unis (Datapop basée à Los Angeles et Hooklogic installée à New York) pour capter de nouveaux clients. Le secteur de la publicité reste porteur et conduit par la technologie. « Une nouvelle révolution numérique avec les smartphones dans les magasins physiques va arriver ce qui donne de belles perspectives de croissance » conclut Jean-Baptiste.

Enfin, il mentionne que les ingénieurs de talents sont prisés. Et que « plusieurs ingénieurs français de Criteo après avoir travaillé en France peuvent avoir l’opportunité après 1 an ou un peu plus de tenter l’aventure aux États-Unis ».

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