Si Google concentre ses efforts dans l’algorithmique avancée et Amazon dans la logistique, Apple mise sur un marketing hors pair avec chaque sortie de produit ou même de version qui est un événement[1] savamment orchestré et mis en scène. Apple, qui est l’entreprise avec la plus grande capitalisation boursière dans le monde, produit massivement des produits standardisés avec des tarifs plutôt élevés et donne l’image de produits hauts de gamme grâce à un marketing de luxe. Apple investit beaucoup en R&D, en marketing et en rachat de start-up innovantes.

 

Des diplômés des Grandes Écoles au siège d’Apple

 

Quelques Français travaillent au siège de Cupertino, le « One Infinite Loop » (et les numéros suivants, une boucle de 1 à 6 avec des parkings tout autour qui débordent et même un service voiturier). Nous avons également des petites antennes périphériques à proximité, plutôt pour les fonctions supports, lesquelles arborent des logos de la pomme dans diverses couleurs.

 

Les trois Français avec lesquelles j’ai échangé sont tous diplômés d’une grande école : Olivier (X Télécom), Alexandre (HEC) et Jean-Marc (école de design).  Ils travaillent dans les domaines stratégiques du design qui est un attribut différenciant du produit associé à l’ergonomie, dans le développement logiciel pour les différents systèmes de la pomme (OS X et iOS) avec des responsabilités dans la gestion de projets.

 

Je leur ai proposé de les interviewer pour Le Journal des Grandes Écoles et Universités. Toutefois le contrat de Jean-Marc, designer de renom et connu par ailleurs pour sa casquette de créateur artistique et ses nombreuses réalisations en son nom ne le permet pas. Cela fait partie de ses clauses contractuelles. Alexandre et Olivier se sont renseignés avant de pouvoir répondre ou non à quelques-unes de mes questions (aux caractères plus pratiques pour des étudiants que stratégiques) mais un refus leur a été donné pour le premier et pour le second, il convenait d’avoir la bénédiction de son Senior Vice President, opération un peu complexe en interne.

 

J’ai alors investigué tout en faisant remarquer que leurs profils étaient visibles sur LinkedIn et même pour l’un d’entre eux sur Copains d’avant… et que l’on pouvait également sur le Web recueillir d’autres informations personnelles ou relatives aux projets menés.

 

Comment frapper à la porte d’Apple ?

 

Ce qui est important à mes yeux est, s’agissant d’Alexandre et d’Olivier, qu’ils ne sont pas venus à Cupertino par hasard. Ils travaillaient déjà chez Apple France aux Ullis. Ils faisaient probablement partie des potentiels repérés par l’entreprise et à la suite de propositions ou de postes vacants dans la Silicon Valley, ils ont effectué le grand saut qui relève aussi d’un choix personnel et familial.

La question demeure : s’il est possible de travailler en tant que diplômé d’une Grande École avec une expérience probante chez Apple France ou un background atypique permettant d’être chassé pour des postes de niche, est-il possible pour un jeune diplômé ou un étudiant d’effectuer un stage ici ?

 

D’après le site de recrutement d’Apple, c’est assez délicat à voir. En revanche sur LinkedIn pour la page dédiée aux postes, il est possible d’effectuer des requêtes dans la zone de Cupertino où l’on découvre que sur les 3 707 postes proposés, 1 285 postes concernent les jeunes diplômés et 34 seulement des stagiaires (moins de 1 % ce qui est peu et en regardant de près, il ne s’agit que de 20 postes car certains sont propres à des organisations partenaires comme VMware, Lattice Engines, Khan Academy, etc.).

 

Il peut être intéressant de tenter sa chance car la magie Apple est intacte même si partant d’une feuille blanche l’opération est plus complexe. Le jeu peut en valoir la chandelle.

 

 


[1] Interview de D. Fayon dans Les Grands dossiers de diplomatie, Les GAFA(M) sont-ils déjà les maîtres du monde ?, novembre 2015