« Je suis le maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme. » Ces derniers vers tirés du poème Invictus de William Hamley sont repris par les étudiants de l’ISC Paris pour se motiver. Le sens ? Oser, expérimenter, réussir, se tromper, persévérer. Un modèle d’apprentissage prôné par l’école de commerce à travers son système d’entreprises étudiantes. Rencontre avec ceux qui terminent un mandat ou prennent leurs fonctions.

 

© Léa Benhadouche – Journal des Grandes Ecoles et Universités

Entreprendre pour apprendre

Ce concept de learning by doing, un pilier de l’ISC. Son fondateur, Paul Icard, souhaitait encourager les étudiants à être responsables de leurs apprentissages. La quintessence de cette ambition pédagogique : les entreprises étudiantes. De l’humanitaire au job service, ces associations sont parties intégrantes de l’école. Cursus aménagé, locaux dédiés, l’ISC propose à ses étudiants une expérience pratique et professionnelle originale. C’est ce qui a motivé Charly à rejoindre la formation. Affichant fièrement le logo de son association sur son t-shirt, le jeune homme conçoit l’entreprise étudiante comme « un incubateur d’auto-entrepreneuriat pour faire évoluer mes projets ». L’école donne des repères et encadre. « L’administration nous épaule mais ne nous impose rien », explique Camila.

Développer ses soft skills

Un apport professionnel, c’est certain. Ce principe associatif permet aussi de développer des qualités humaines et relationnelles. Les élèves apprennent les ficelles du management et les clés pour avoir confiance en soi. Les personnalités s’affirment. Alors que Matthieu, posé et éloquent, parle de « gérer des recrues », Louisane, plus expressive, reconnaît que « développer l’humain a toute son importance dans une entreprise ». Les deux dirigeants sortants admettent que c’est fatiguant, mais se félicitent d’en sortir grandis et expérimentés. « Ça permet de se découvrir, de se forger et de cerner nos qualités et défauts », développe Louisane, l’ex-présidente de l’association Waving.

Des budgets ambitieux

Associations loi 1901, les entreprises étudiantes sont à but non lucratif. Mais pour faire vivre leur activité, elles ont besoin de fonds. En qualité d’ancienne trésorière du BDE, Camila clarifie ce fonctionnement : « Les assos sont subventionnées en partie par l’école (environ 400 000€/an) mais on doit aussi se débrouiller pour trouver d’autres financements : cotisations des adhérents, recettes générées par les goodies, partenariats avec des salles de sport ou cinéma. Etre trésorier c’est gérer ces ressources ». « On est porteurs d’affaires », conclut Anthony, attristé d’être le dernier président de l’entreprise étudiante Challenge.

Sur 2 000 étudiants de l’ISC, près de la moitié sont engagés dans ces « business unit » qui conjuguent savoir-être et savoir-faire.

Les étudiants se confient en vidéo !

 

3 questions à Pierre Barreaud, Directeur des Entreprises Etudiantes et Projets Entrepreneurs à ISC Paris

Votre définition d’une entreprise étudiante ? Une entreprise étudiante n’est pas une association lambda. Elle présente la même logique d’évolution que n’importe quelle organisation entrepreneuriale : business plan, management, gestion des finances, rapports d’activité… La validation d’une nouvelle entreprise étudiante s’étudie comme un fonds d’investissement.

Quel est l’atout majeur de ce modèle pédagogique ? L’ISC fournit aux étudiants l’environnement pour monter ou rejoindre un projet qui leur plaît. Quelqu’un de passionné est forcément plus productif. Il s’agit de se battre contre l’incompétence apprise. Si on est motivé et épris de ce que l’on fait, alors il faut oser et travailler pour y parvenir. C’est une façon de casser les conventions pour impulser de nouvelles dynamiques où chacun se révèle.

Vous êtes un diplômé de l’ISC ? Je suis en effet de la promo 94 ! J’étais le vice-président de l’entreprise étudiante ISC Network. Cette expérience m’a permis de décrocher mon 1er emploi en ingénierie des affaires car je pouvais déjà justifier d’un an d’expérience en vente B to B.