BONNET D’ÂNE DE L’EUROPE EN MATIÈRE D’ÉNERGIES RENOUVELABLES, LA FRANCE, COP 21 OBLIGE ET LOI SUR LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE ENFIN VOTÉE, VA DEVOIR S’ATTELER À UN IMMENSE CHANTIER DE RÉNOVATION/TRANSFORMATION. DES EMPLOIS EN PERSPECTIVE ? CERTAINEMENT. QUE L’ON COMMENCE À DISTINGUER UN PEU MIEUX. APERÇU…

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« A bord du Train du Climat, nous avons parcouru 20 villes et rencontré 25 000 personnes explique Catherine Jeandel, chercheuse au CNRS et coauteur d’une bible sur l’énergie*. Les gouvernements chinois et américain semblent prêts à s’engager lors de la COP 21 : ouf ! On courrait à la catastrophe planétaire, sinon. Et chez nous, le grand chantier va enfin s’ouvrir : passer des 2,5 % d’énergie renouvelables (ENR) actuels (moyenne mondiale : 6 %) à 20 % d’ici 2020. Sacré challenge ! Il était grand temps : toutes les entreprises françaises liées à l’innovation énergétique travaillent aujourd’hui avec l’étranger faute de chantier en France ».
*L’énergie à découvert (CNRS éditions)

 

« Au moins 100 000 emplois par an »
A l’heure où le monde entier a les yeux fixés sur notre pays en raison de la conférence mondiale sur le climat, où en est le « cancre énergétique » de l’Europe ? Et que penser des 600 000 emplois que devait créer la transition énergétique dans les années à venir selon l’ADEM*, prévision vielle de deux ans déjà ?… Entretemps, la Loi de Transition Energétique a été votée, le décret sur la « Stratégie énergies bas carbone » passe ces jours-ci et la Programmation sur les Investissements sera officialisée en mars, confirmant les marchés conclus avec tous les opérateurs liés à l’énergie : grands et petits, anciens et nouveaux… « Cette fois, la France est engagée. Non plusde manière orale, mais concrètement, explique Michel Colombier, Directeur Scientifique de l’IDDRI (Institut du Développement Durable et des Relations Internationales). A l’horizon 2030, notre mix énergétique ne comprendra plus que 50 % d’énergie nucléaire, ouvrant une place d’au moins 40 % aux ENR (l’hydraulique valant 10 %). En partant de la programmation pluriannuelle, chaque région a préparé son propre plan énergie, s’est fixé des objectifs chiffrés sur les ENR et a contacté les opérateurs. Ce sont leurs études d’impact qui donnent, enfin, une idée un peu précise des emplois que l’on devrait voir se créer : de 100 à 300 000 par an, en moyenne, pour les 15 ans à venir ; avec un plateau de 2 à 300 000 entre 2017 et 2025. Sachant que ces prévisions incluent le décompte des emplois supprimés dans la filière carbone. »
*Agence pour le Développement de l’Emploi

 

R&D et ingénierie
Où naitront ces emplois ? Dans la R&D et l’ingénierie (particulièrement des systèmes) tout d’abord, tant de progrès restant à faire au niveau des ENR, de leur stockage et leur éventuelle transformation en hydrogène, voire en carburant. Et davantage dans l’éolien que le solaire, plus mature. Ingénierie, techniciens et main d’oeuvre encore pour déployer les fameux réseaux intelligents ou « smart grid » qui géreront l’approvisionnement et la distribution à partir de ces nouvelles sources de production multiples. Et puis, il y a le second volet du plan, consacré à « l’efficacité énergétique » ; autre chantier technologique dans lequel les grandes entreprises françaises sont tout aussi impliquées. A commencer par le marathon de la rénovation de l’habitat (500 000 logements/ an à partir de 2017 selon la loi), mais également dans les transports, les process industriels ou les… data centers, internet générant actuellement à lui seul autant de CO² que l’ensemble du transport aérien !!!

 

Consommation : le noble paradoxe
Diminuer nos prélèvements en matières naturelles en recyclant les produits usagés permet non seulement de consommer moins d’énergie, mais créé également de l’emploi. Selon l’ADEM, 600 000 personnes travaillent déjà, en France, au recyclage et à la valorisation des « déchets ». Et 300 à 400 000 emplois supplémentaires s’y ajouteront si le pays se fixe des objectifs un tant soit peu contraignants en matière de « réduction des déchets à la source », principe de base de cette économie circulaire actuellement en discussion au Parlement Européen.

 

JB