La formation d’ingénieur a cette particularité, sans être une exclusivité, de ne pas former des experts dédiés à une certaine technologie mais des personnes adaptables, avec une vue large, capables d’appréhender rapidement et simplement des domaines divers. Cette compétence singulière est essentielle dans le domaine des énergies renouvelables.

 

PARTICULARITÉS DES ÉNERGIES RENOUVELABLES

 

DES AVANTAGES INDÉNIABLES

Chacun s’accorde sur les qualités les plus importantes des énergies renouvelables : disponibilité théoriquement infinie de la ressource, possibilité de décentraliser la production pour une résilience plus importante, etc. Elles offrent à tous les territoires de nouvelles possibilités en proposant plus d’autonomie. On voit ainsi fleurir des champs éoliens dans des zones rurales en garantissant des revenus intéressants aux collectivités, mais aussi des panneaux solaires thermiques ou électriques chez les particuliers pour une consommation locale ou un complément de revenus. Certains voient donc dans ces formes d’énergies une opportunité d’émancipation des individus comme des collectivités locales vis à vis des grands acteurs et producteurs nationaux.

QUELQUES INCONVÉNIENTS À MAÎTRISER

Cependant, tout n’est pas encore si évident. La ressource est certes infinie, mais qu’en est-il de l’outil de conversion ? Quelle durée de vie pour une éolienne, un panneau solaire ? Comment les produit-on, à partir de quels matériaux et comment les recycler ? Autant de questions qui viennent s’ajouter à la problématique centrale concernant ces énergies : la ressource est infinie mais intrinsèquement discontinue. Comment consommer localement sans moyen de stockage efficace ? Comment partager cette production fluctuante sur un réseau qui doit garantir un équilibre stricte avec la consommation ?

DES OPPORTUNITÉS POUR LES INGÉNIEURS

Si les avantages sont des certitudes, les inconvénients sont surtout des questions auxquelles il faut encore répondre… c’est-à-dire des opportunités et des enjeux pour les ingénieurs.

PROJETS À GÉRER DE BOUT EN BOUT

Un projet lié aux énergies renouvelables est toujours complexe. D’une phase d’étude où il faut pouvoir optimiser le placement, l’orientation, la technologie et les coûts des installations pour maximiser la production, à une phase d’installation au cours de laquelle il faut accompagner ces chantiers – souvent de grande envergure – jusqu’à la phase d’exploitation et de suivi où l’ingénieur doit être capable de tirer au maximum profit de l’ouvrage mis en place. Des compétences techniques, en gestion de projet, en optimisation physique ou économique, mais aussi en conseil et en vente sont ainsi nécessaires à ces ingénieurs.

DES OUTILS NUMÉRIQUES À INVENTER

Reste la problématique principale de ces énergies : l’intermittence. L’ingénieur a ici un défi passionnant qui l’attend. A l’ESILV, nous croyons à l’utilisation massive du numérique pour analyser et optimiser ce secteur de l’énergie. La production d’énergie renouvelable est discontinue ? Le numérique, l’analyse de données Big Data et les prévisions météorologiques devront pouvoir prédire de façon toujours plus précise ces fluctuations. La consommation doit être équivalente à la production d’énergie pour maintenir un réseau équilibré ? Le numérique, l’automatisation des processus, de machines industrielles ou personnelles nous permettrons d’optimiser l’ensemble. Des pics de consommations ou des faiblesses de production arrivent de manière inattendue ? Le numérique, grâce à des communications automatiques avec les plus gros consommateurs ou avec une multitude de petits consommateurs agrégés nous permettra d’effacer cette surconsommation et ainsi de réguler le réseau. Pour permettre une intégration plus conséquente des énergies renouvelables dans notre mix énergétique, nous avons donc besoin de ces outils numériques. Et c’est le rôle des ingénieurs d’aujourd’hui et de demain d’imaginer et de créer ces solutions.

© ESILV - Pôle Léonard de Vinci

© ESILV – Pôle Léonard de Vinci

 

Par Pierre Courbin,
Responsable du Département Nouvelles Energies de L’ESILV