Philippe Monloubou, (ESTP 77, IAE Rennes 77), président du directoire d’Enedis (ex-ERDF), revient sur son parcours et sur sa vision du management. Son credo : apprendre en permanence et faire grandir ses collaborateurs.  – Par Fanny Bijaoui

 

 

Entré dans le groupe EDF sur les conseils d’un ami de promotion de l’ESTP, Philippe Monloubou a très vite compris que cette grande entreprise lui permettrait d’accéder à des postes de direction d’envergure. « Bien que spécialisé en mécanique et électricité, j’ai fait des choix de carrières atypiques afin de me préparer à diriger une entité. Malgré ma formation d’ingénieur et ma spécialité en mécanique et électricité, j’ai commencé par la dimension clientèle avant de revenir au technique et de diriger les Ressources Humaines dans une direction d’EDF. Ensuite, j’ai eu des opportunités, notamment celle de partir en Argentine pour conduire l’ouverture des marchés de l’électricité, avant d’occuper des postes de direction générale en France. »

© Enedis/Cornut Cyrus

© Enedis/Cornut Cyrus

Une grande capacité d’adaptation

«Un dirigeant doit intégrer une complexité et la traduire en terme d’orientation simple pour l’ensemble des équipes, souligne le Président. Or aujourd’hui, la complexité n’est que croissante. D’où l’importance d’aller se confronter à des pays et à des cultures différentes afin d’accroître son aptitude à prendre des décisions dans des environnements techniques, humains et technologiques différents. »

« Un bon président doit diriger des talents et créer les conditions pour qu’ils grandissent »

 

Conduire la révolution numérique

Pour Philippe Monloubou, la révolution technologique et écologique transforme en profondeur l’exercice des métiers au sein d’Enedis. « Il y a dix ans, la production d’électricité était centralisée et délivrait un flux d’électricité qu’il fallait conduire jusqu’au client final. Aujourd’hui, la production se développe de manière décentralisée et intermittente. En quelques années, le métier s’est transformé sous l’effet du développement écologique, technologique et digital avec des modes de travail beaucoup plus transverses. L’entreprise doit anticiper pour faire évoluer son « business model » car nous sommes désormais également un opérateur de Big Data. Le métier d’exploitation et d’intervention sur le réseau se trouve modifié tout comme la gestion des actifs patrimoniaux et la relation aux partenaires. Cette transformation, il faut la préparer et faire des investissements en ressources financières, humaines et en évolution d’organisation. »

© Enedis/ Fauquembergue Louis

© Enedis/ Fauquembergue Louis

Leader des smart grids

Depuis 2015, Philippe Monloubou est également président de l’association « Think Smartgrids » qui développe la filière industrielle des Réseaux Électriques Intelligents en France et à l’international. Un engagement qui lui tient à coeur. « Seuls les réseaux intelligents sont capables de traiter en temps réel une masse de données considérable et d’intégrer massivement des énergies délocalisées, intermittentes, ainsi que des bornes de recharges pour véhicules électriques. Les smart grids sont la réponse à des enjeux de modernisation, de sécurisation, de développement et d’intégration des énergies renouvelables. Un secteur dans lequel la France dispose de beaucoup d’atouts. » Et de souligner que l’équipe de France des Réseaux Électriques Intelligents est l’une des meilleures au monde parce qu’elle dispose d’opérateurs de réseaux, d’équipementiers, de grands opérateurs, d’universitaires et d’un tissu de PME et de startups exceptionnel.

 

Chiffres clés pour  2015
39 033 salariés
1 340 896 KM de longueur de réseau (HTA et BT)
35 M clients
13 548 M€ de CA

 

Contact :
www.enedis.fr/travailler-chez-erdf