L’ENA se veut et entend rester une école d’excellence de hauts fonctionnaires. Elle recrute et forme des hommes et des femmes le directeur de l’Ecole, revient sur la stratégie de l’Ecole et nous éclaire les enjeux de demain.

 

 

BERNARD BOUCAULT

BERNARD BOUCAULT

« Depuis 1945, l’Ecole n’a eu de cesse d’évoluer et d’adapter ses enseignements pour rester à l’écoute de la société et de ses enjeux, s’adapter aux réformes de l’Etat et s’inscrire dans un processus d’amélioration et de performance de l’Administration, rappelle le directeur, afin mieux répondre aux besoins du public ».

 

Une formation à double dimension : expertise et management
École d’application, polyvalente et pluridisciplinaire, l’ENA forme ainsi ses élèves dans une double dimension : expertise et management. « L’objectif est de leur donner les moyens d’être des experts dans tous les champs essentiels de l’action publique (droit, finances publiques, économie appliquée, administration électronique) et de leur offrir la possibilité, le moment venu, de devenir un vrai manager et d’avoir ainsi une carrière ascendante, d’où des enseignements ciblés en gestion des équipes et de projets, suivi et mesure de la performance collective, contrôle des coûts, etc. »

 

Un rayonnement international et un ancrage européen incomparable
Atout considérable de la formation : l’ancrage international ancien de l’Ecole. « Depuis la création des premiers cycles internationaux, en 1949, le rayonnement de l’ENA n’a fait que s’amplifier, pour dépasser aujourd’hui largement le cadre de l’accueil des élèves étrangers. Mais pour assurer son statut d’école d’excellence de hauts fonctionnaires, l’Ecole ne mise pas seulement sur recrutement et la professionnalisation de sa formation. »

 

Deux défis pour l’avenir : démocratisation et professionnalisation
Après la création, l’année dernière, d’une classe préparatoire intégrée réservée à quinze élèves issus de milieux défavorisés, l’Ecole vient ainsi de « mettre en place un groupe de travail pour réfléchir à une refonte globale des épreuves du concours, afin que celui-ci permette l’expression des talents les plus divers (meilleure prise en compte des acquis professionnels, épreuves moins académiques, etc.) » Quant à la formation, l’Ecole met plus que jamais l’accent sur la professionnalisation, avec le développement des études de cas, l’accroissement des exercices de simulation, et surtout un nouveau rôle donné au stage en entreprise, devenu un véritable pivot de la formation.

 

Vers la suppression du classement à la sortie ?
Serait-ce la fin d’un mythe ? Jusque-là, les quinze meilleurs élèves d’une promotion avaient la possibilité de choisir leur affectation dans les grands corps de l’État. Mais « ce classement ne permettait pas une bonne gestion des ressources humaines, reconnaît Bernard Boucault. Nous souhaitons aujourd’hui une meilleure adéquation entre le profil des élèves et les besoins des entreprises. » Désormais, les élèves auront un dossier d’évaluation d’aptitudes personnalisées, qui sera transmis aux employeurs potentiels avant que ces derniers les convoquent en entretien. Cependant, « pour éviter un retour du favoritisme ou des effets de réseaux, l’Ecole a prévu des garde-fous : les administrations sélectionneront leurs recrues de façon anonymisée. » La réforme, qui avait été annulée par le Conseil constitutionnel au printemps dernier, devrait être réexaminée d’ici à la fin de l’année, pour entrer en application dès la promotion 2012.

 

CD