Après les ordinateurs puis les téléphones mobiles, c’est au tour des voitures d’entrer dans l’ère de la communication instantanée. Un nouveau marché en phase de structuration qui génère bien des convoitises. Petit instantané à l’instant T…

Se laisser guider vers la place de parking disponible la plus proche, idéaliser son itinéraire en fonction de la circulation, recevoir les informations fournies par les autres automobilistes ou encore obtenir musique et vidéos à la demande pour ses passagers, tous ces services, parmi bien d’autres, seront bientôt à la disposition des conducteurs.

 

Quand exactement ?
Disons entre 2015 et 2019, le temps pour les acteurs de ce marché balbutiant de l’automobile connectée de trouver leurs marques. Car depuis qu’ils ont compris qu’en faisant entrer un smartphone dans l’habitacle d’un véhicule, un champ de possibilités extraordinaire s’ouvraient à eux, non seulement les constructeurs automobiles, mais également les équipementiers, fabricants de smartphones, opérateurs de téléphonie comme géants de l’internet veulent leur part d’un gâteau estimé à quelques 40 milliards de dollars à l’horizon 2016 !

 

Raccourcir la phase « Babel »
Si, à travers des dispositifs simples comme le « eCall » de Peugeot donnant l’alerte en cas d’accident ou l’assistance en ligne Onstar proposé par Général Motors, seuls 5 % du parc automobile est aujourd’hui « connecté », ce pourcentage devrait grimper à 20 % dès 2016 à travers des « applications » rendues possible par l’association de la 4G et du fameux « cloud ». Nouvelle extrapolation futuriste ? Que nenni : la quasi-totalité des services cités en début d’article sont déjà au point, à l’image du « contourneur » de bouchons de Google. Il faudra cependant attendre au moins deux à trois ans avant de pouvoir en disposer. Pourquoi ? D’abord parce qu’à chaque fois qu’une nouvelle technologie émerge (vidéo, informatique…), le premier chapitre de son histoire semble être une inévitable guerre des standards. Et chaque constructeur, cette fois encore, a mis au point son propre système de connectivité : R-link chez Renault, Chevrolet My- Link, BMW Connect Drive, Audi Connect, etc.

 

Table des négociations
Ensuite parce que les différents acteurs de ce nouveau marché viennent de mondes opposés et ne parlent pas la même langue : le temps de concevoir, fabriquer, commercialiser puis utiliser 1 voiture, 20 ans se sont écoulés, soit… 15 ! générations de smartphones. Parce qu’également, il faut mettre en place de nouveaux modèles économiques : qui va investir où ? Toucher combien ?… Rien n’est décidé. Ford par exemple, envisage une connectivité totale, ouverte à tous dans l’esprit d’internet là où BMW propose un système propriétaire cadenassé, façon iPhone, réservé aux seules applications maison. La seule chose certaine, c’est que le consommateur désire ces services. « Dans le prolongement de son utilisation du smartphone, il place désormais système de contournement des bouchons ou appel automatique en cas de panne au même niveau que le design ou les performances » explique Jean Cabanes, directeur du secteur automobile chez Accenture, important cabinet de conseils aux entreprises. La bonne nouvelle, c’est que face à l’abondance des retombées économiques annoncées (celui qui détiendra les rennes de la connexion accédera aussi aux retombées publicitaires associées : « faites halte dans tel hôtel, telle station-service, etc. »), les différents protagonistes ont passé la seconde : un CarConnectivity Consortium (CCC) a été créé qui réunit régulièrement tout le monde autour de la table des négociations. La seconde bonne nouvelle, c’est que de nombreux métiers sont en train de voir le jour qui associent pour la première fois passion de l’automobile, de la technologie et des communications. Affaire à suivre…

 

JB