Fin mars 2019, les 37 participants de l’Executive MBA d’Audencia réalisaient leur second business trip du programme. Après San Francisco en novembre, ils découvraient l’une des régions les plus dynamiques du monde : le Sud de la Chine. Attachez vos ceintures et découvrez comment la Chine a depuis longtemps décollé et n’a pas fini d’atteindre sa vitesse de croisière.

 

Visite de la bourse de Shenzhen

Visite de la bourse de Shenzhen

Les participants du EMBA ont exploré Hongkong la libérale et pont vers l’Asie et l’Occident du régime chinois, et Shenzhen patrie de Tencent, Huawei et BYD (Build Your Dreams). Ils ont rencontré les experts de CCI France dans la région, visité des entreprises à la croissance fulgurante grâce aux relations (le fameux Guanxi) du directeur du développement de la SABS et d’alumni d’Audencia. Ils ont découvert la bourse de Shenzhen créée en 1991, symbole du capitalisme dans un décalage assez surréaliste au sein d’une Nation à l’idéologie communiste. La bourse compte 72 % d’entreprises cotées actives dans la hightech tandis que la Chine tient désormais la dette des Etats-Unis entre ses mains…

 

Avec au final deux leçons d’une certaine brutalité : l’importance cruciale de l’appréhension des différences culturelles dans le business, et le fait qu’il va falloir courir très vite et aller toujours plus vers la haute qualité, la R&D, l’innovation, la créativité, l’audace et une très grande rigueur pour espérer préserver notre avance.

L'une des nombreuses skylines de Shenzhen, la ville a poussé en hauteur !

L’une des nombreuses skylines de Shenzhen, la ville a poussé en hauteur !

Lorsque Deng Xiao Ping choisit Shenzhen comme première zone économique spéciale en 1980 pour tester l’ouverture du pays et le socialisme de marché, ce n’est pas par hasard. Ce village de pêcheurs alors habité par 20 000 personnes, a la grande qualité de se trouver à deux encablures de la très libérale (et encore britannique) Hongkong. Il anticipe la rétrocession de 1997. En 2019, la population de Shenzhen est estimée aux alentours de 20 millions et elle est la plus jeune de Chine, avec une moyenne d’âge de 32 ans. La ville affiche le 3e plus important PIB mondial des villes côtières en 2017. Elle vise le haut du podium pour 2030.

Hongkong et Shenzhen poursuivent leur mutation

Le président Xi Jinping a fait sien un nouveau projet : la création de la Greater Bay Area. Le projet va connecter 11 villes du Sud dont Canton, Shenzhen, Hongkong et Macao pour créer une zone économique, technologique et exportatrice de premier plan. Les autorités misent sur plusieurs leviers :

* Le dynamisme économique de la région
* Hongkong comme vitrine et avant-garde de la Chine rassurante avec la politique du « un pays, deux systèmes ». Un régime de semi-liberté dont il faudra voir l’évolution au moment de l’intégration complète en 2047. Déjà le chief executive de HKG est nommé par le pouvoir chinois
* Le système ouvert de HKG : une monnaie internationale le HKG$, un système fiscal et légal ultra libéral, un mode de vie Occidental, un accueil facilité pour les entrepreneurs étrangers qui en font souvent une première étape avant d’aborder Mainland
* La présence de très nombreuses entreprises et usines dans la région
* La localisation pour en faire un hub vers l’Asie et le monde (50 % de la population mondiale est à moins de 5 heures d’avion de HKG !)
* Le développement rapide des infrastructures et de la logistique portuaire et aéroportuaire
* Des marchés locaux déjà assez sophistiqués, très curieux de nouveautés et de technologies
* La création d’une silicone valley chinoise, Science park
* Macao leader mondial de l’industrie du jeu avec un CA 14 fois plus élevé que celui de Las Vegas !

Un potentiel qui donne le vertige

Les visites d’entreprises, Tencent et BYD témoignent d’une stratégie de leader. Il faut en imposer. Ecrans géants, infographies, démonstrations de technologies, chiffres étourdissants, les géants des services internet et mobile et du véhicule électrique ne se dévoilent pour autant pas. S’ils usent du vocable international du business durant les présentations, le discours est balisé.

Visite de la société Tencent à Shenzhen

Visite de la société Tencent à Shenzhen

Tencent fondée en 1998 propose la première plateforme de contenus du pays (notamment culturels dans un esprit de transmission aux jeunes générations), une market place, un système de paiement Wepay qui remplace à vitesse grand V l’usage du cash, un système de messagerie Wechat (Weixin) qui compte 1 md d’utilisateurs mensuels (tous Chinois ou de la diaspora). Tencent déploie allègrement ses fermes de données et son AI Lab tourne à plein régime.

 

Visite de BYD, n°1 mondial de la voiture électrique

Visite de BYD, n°1 mondial de la voiture électrique

BYD fondée en 1995, exporte déjà ses bus et camions électriques dans 300 pays, en Amérique Latine, en Europe, ou aux Etats-Unis où elle truste 30 % du marché des bus électriques. A Shenzhen elle équipe la ville en taxis et bus électriques à la vitesse de l’éclair. Elle est aujourd’hui le n°1 mondial des ventes de véhicules électriques. La société qui fabriquait originellement des batteries, s’est depuis développée à l’échelle de la Chine, c’est-à-dire de manière prodigieuse ! Trains, véhicules utilitaires, camions, autos, bus, BYD couvre toute la gamme et pense déjà à un avion électrique. Elle déploie actuellement ses trains automatiques sur monorails et ponts dédiés, sky shuttle et sky rail. BYD compte 20 000 ingénieurs R&D parmi ses 240 000 employés et réalise un CA de 18 mds RMB.

Mais laisse perplexe

C’est impressionnant mais gardons en tête la fâcheuse habitude chinoise de copier, imiter, réaliser trop hâtivement les choses avec à la clé la fameuse « chinese quality » réputée médiocre et peu pérenne. Ici la vitesse prime sur la rigueur et l’excellence. Il faut envahir les marchés et développer toujours plus rapidement. On est encore loin de la haute technologie fiable. La main d’œuvre et le cash sont si abondants qu’on explique que si un pont s’écroule qu’à cela ne tienne, on le reconstruit dans la foulée…

Vers le designed in China

Mais désormais, les entreprises comme le pouvoir se positionnent sur le développement original. La Chine ne veut plus être l’usine du monde. Son économie reste encore drivée par les exportations et la production de biens de consommation courante. La stratégie de nouvelle route de la soie indique que cela n’est pas prêt de cesser. Il faudra encore inonder le monde de produits, désormais plus uniquement made in China, mais aussi designed in China. Le pays peine encore à développer son marché intérieur, pourtant immense, faute d’un développement réellement équilibré entre l’intérieur et les zones côtières. Les tensions sociales sont palpables et bien camouflées alors que la croissance ralentit (à 6/7% tout de même) suite à la commercial dispute avec les Etats-Unis, et que le coût de la main d’œuvre n’est plus si compétitif. La Chine doit réinventer son modèle économique, et nous avec …

 

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Le sky rail de BYD

Le sky rail de BYD

Car si le développement économique est à tout crin, la question environnementale agite de plus en plus pouvoir et population. Shenzhen se veut une ville verte. Les plantes et arbres sont partout, les taxis, bus et scooters sont électriques, le métro est très étendu. La Chine est déjà le premier producteur mondial de panneaux solaires mais reste accro à ses centrales à charbon. Le gigantisme qui frappe à peine le pied posé dans le pays du milieu, vaut autant pour les aspects positifs de son développement économique que son revers environnemental. A la mesure de son engagement et ses moyens la Chine s’engage à se verdir car elle est la première à souffrir de ses pollutions. Le pays investit désormais 2.5 % de son PIB dans l’innovation et l’environnement.