Bernard Belletante, président du directoire d’emlyon business school* a changé de modèle. Celui de l’institution et de son financement, mais surtout de modèle pédagogique en créant une fabrique d’early makers, un mall des intelligences.

 

Comment est né le early maker d’emlyon ?

En voyant les makers aux Etats-Unis portant un t-shirt déclarant : No school ! Je me suis dit qu’ils allaient nous disrupter. Et pour disrupter il faut être excessivement curieux, aller voir ce qu’il se passe dans toutes les industries. J’attends de mes équipes qu’elles nous poussent à aller plus loin. Je dirige une entreprise qui vit de ses résultats et les réinvestit. Depuis 4 ans, nous avons eu 100 départs et 200 recrutements. Notre activité est passée de 55 à 111 M€, les résultats de -2 à +5 M €, et nous ne percevons plus d’argent public. Nous avons inventé un modèle pérenne et rentable. Je suis très très fier des équipes !

Quelle ambition pédagogique derrière cela ?

Notre pédagogie early makers a vocation à transformer les individus de manière à devenir des décideurs responsables et efficaces. Ce modèle pédagogique optimise les expériences en sortant du schéma numérique vs présentiel. L’expérience à emlyon ce sont les cours mais aussi l’accès des bases de données, des chats, des activités de makers… Nos apprenants vivent une aventure.

Une aventure confirmée par Benoit Dubief, il partage sa vie d’étudiant au sein du PGE

Quelle place pour le numérique justement ?

Le numérique permet de fluidifier le processus d’apprentissage. Il enrichit, décloisonne dans le temps, l’espace et entre individus. Il est un outil pour permettre le meilleur mix entre expérience présentielle, blended et à distance. Grâce à l’IA, ces expériences sont personnalisées, et répondent aux besoins et ambitions de chacun de nos apprenants.

Le numérique change ainsi la nature du présentiel ?

Plus encore, il rend l’apprentissage beaucoup plus intense car il n’y a plus de limites aux données académiques. L’apprenant est accompagné par l’IA et l’analyse des datas, et en plus il bénéficie de l’intelligence collective née au sein de nos communautés. Nous créons les conditions de création de communautés, nous offrons les outils comme la bibliothèque numérique, des tableaux interactifs, des abonnements aux bases de données… tout cela dans de nouveaux espaces.

Tout le monde apprend et interagit dans ce modèle ?

Élèves, staff, enseignants, diplômés, nous apprenons en permanence. Nous avons appris à faire tomber les frontières. Aujourd’hui, 1 250 communautés fonctionnent sur emlyon. Des gens travaillent à 5, 10 ou 1 000, appartiennent à 1 ou 6 communautés avec des entreprises, le staff, des élèves, des alumni, des professeurs ; autour d’un cours, d’un thème, d’une profession.

En avance emlyon ?

En avance sur le making, la capacité à faire, à innover, notre bibliothèque numérique, la création et l’animation de communautés. Nous pouvons encore progresser, par exemple dans nos méthodes d’évaluation. Ma philosophie est que nous devons être prêts à aller plus loin. Car nous ne sommes qu’au début de notre transformation. Nous passons d’une l’éducation par les stocks à une éducation par les flux.

« Le Silex, Paris, Casablanca, Shanghai, sont des avant-goût de ce que nous inventons pour Gerland : un mall des intelligences »

Gerland offrira le bâtiment le plus souple et flexible, des lieux qui changent d’usages et de visages au fil des journées, s’adaptent aux besoins des apprenants. Nous ne voulons plus de temple du savoir, mais d’un lieu de voyage, de transformation des individus. Un lieu qui accueille autant nos étudiants, apprenants, professeurs, staff, entreprises partenaires qu’alumni. Il favorise :

  • l’ambition et l’excellence intellectuelle
  • la compréhension et la mise en œuvre des ruptures
  • le passage à l’acte
  • l’apprentissage
  • la mise en relation
  • la rencontre des mondes
  • la création d’émotions
  • la transformation des individus

 

* Bernard Belletante prend les fonctions de vice-président du conseil de surveillance d’emlyon business school au 1er avril 2019
Tawhid Chtioui, actuel directeur général d’emlyon africa lui succédera au poste de président du directoire et Dean d’emlyon business school
Pour en savoir plus sur cette évolution, c’est à lire ici

Témoignage d’une diplômée d’emlyon business school

Keolis, prend soin de ses collaborateurs autant que de ses clients !