94 % des Français seraient prêts à élire une femme à la tête de l’État selon un sondage BVA Opinion réalisé en mars 2015 pour Orange et i-Télé. Un véritable plébiscite qui a même augmenté de 9 points en 10 ans. Or, en 2014, les entreprises du CAC 40 ne comptaient que 6 % de femmes à leur présidence et 32 % de membres des conseils d’administration et des comités de surveillance, selon la Commission européenne. Pourquoi un tel décalage entre la société française et le monde professionnel ? La mixité en entreprise s’avère pourtant un facteur clé de compétitivité.

 

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Si la parité entre les sexes dans la participation au marché du travail était réalisée au cours des vingt prochaines années, elle conduirait à une augmentation annuelle de 0,4 point de pourcentage du taux de croissance du PIB par habitant, révèle le rapport OCDE, 2012 Inégalités femmes-hommes : il est temps d’agir.
Or, la réalité est toute autre. Mark Smith est enseignant chercheur et directeur de la Doctoral School à Grenoble Ecole de Management. Ses recherches portent sur les conditions de travail, la gestion du temps de travail, l’égalité hommes femmes, l’équilibre vie privée professionnelle. Les chiffres témoignent : une femme française est en moyenne payée 15,4 % de moins que son homologue masculin selon Eurostat (Agence de données de l’Union Européenne). Un écart qui se situe dans la moyenne des pays de l’Union européenne (16,5 %). Pourtant, depuis quelques années, l’écart salarial entre hommes et femmes s’est réduit. « Ce n’est pas un pas vers l’égalité mais plutôt une conséquence directe de la crise. En effet, les salaires masculins ont été revus à la baisse ».

 

Les femmes françaises en âge de travailler sont moins actives que leurs voisines européennes.
En effet, le taux d’activité des femmes en France est de 66 %. Un chiffre très proche de la moyenne de l’Union européenne (63 %) mais qui situe la France derrière l’Allemagne (73 %), les pays nordiques (72 % à 77 %) ou l’Angleterre et surtout loin des objectifs fixés par la communauté européenne à 75 %.

 

30 % d’entre elles travaillent à temps partiel
Le taux d’emploi à temps partiel est moins important en France (30 %) que dans les autres pays de l’Union européenne où il atteint 47 % en Allemagne, 42 % en Angleterre, 38 % en Suède et grimpe même à 77 % aux Pays Bas. Pourquoi de telles barrières entre les femmes et les hommes ? « Au cours de mes recherches pour la Commission européenne sur les projets femmes – hommes et leur situation sur le marché du travail,  il est apparu que les femmes sont exclues des réseaux car elles s’occupent des enfants : il n’y a pas d’égalité au niveau des tâches domestiques et c’est une contrainte pour les femmes. Donc, pour tendre vers la mixité, tout le monde doit faire des efforts ! »
La moitié du marché du travail est féminin donc les avantages liés à la mixité sont réels. Toutefois, les femmes étant moins payées que les hommes, il leur est plus difficile parfois de poursuivre leurs études plus loin. « Je l’observe au niveau doctoral : il y a plus d’étudiants que d’étudiantes. Or, le niveau d’études est un premier pas vers l’égalité notamment salariale. Nous en avons eu la confirmation au sein d’une étude que nous avons réalisée sur les couples : parmi les couples formés à 100 % à GEM, la proportion est plus forte (72 %) à penser que les carrières seront traitées de manière identique par rapport aux couples au sein duquel seul l’un des deux membres a été formé à l’école (50 %). » Lorsque l’on a le même diplôme, il est plus courant de penser en termes d’égalité. Prochaine étape pour l’école : la création d’une chaire dédiée aux entrepreneurs féminins. C’est pourquoi il est indispensable de se pencher sur la question et de tendre de plus en plus vers une mixité équilibrée au sein des comités de direction. Une réelle valeur ajoutée pour l’entreprise et une évidence dans un pays dont la devise place l’égalité comme principe fondateur !

 

VC