Les jeunes filles forment 14 % de l’effectif polytechnicien. L’objectif est d’atteindre les 20 % en 2021. L’Ecole, ses élèves-ingénieures et les polytechniciennes ont à cœur de montrer des modèles de réussite, moteur essentiel de l’orientation et des vocations ; de montrer la voie, pour dire « c’est possible ! » Le point sur ces actions avec Alice Carpentier, responsable du pôle diversité et réussite de l’Ecole.

 

© Jérémy Barande – Ecole polytechnique

Quels sont les enjeux du pôle égalités des chances sur le champ de l’égalité femmes/hommes ?

Le premier est de faire venir des jeunes filles sur notre campus pour découvrir les études d’ingénieurs en général, et le second de développer leur présence à Polytechnique en particulier. Pour cela, nous agissons à 3 niveaux : en amont des études d’ingénieurs, durant la scolarité et à la sortie.

Comment travaillez-vous ?

En amont, nous menons des opérations sur notre territoire et nationales. Durant la scolarité, nous multiplions les occasions de réfléchir à la place des femmes à l’X, sur les stéréotypes de genre pour faciliter la bonne intégration professionnelle, l’égalité des salaires et éviter le phénomène du plafond de verre. En aval enfin, l’ensemble des élèves polytechniciens sont formés à ces questions afin d’être attentifs durant leurs stages et lorsqu’ils intègrent la vie active.

A quels types d’activités invitez-vous des lycéennes ?

Le plus important est d’informer et faire savoir aux lycéennes qui en ont le niveau qu’elles peuvent tout autant faire le choix d’études d’ingénieurs que les garçons. Nous accueillons des jeunes filles sur le campus. Elles le visitent, participent à des « promenades mathématiques », déjeunent avec des étudiantes, découvrent les métiers de l’ingénieur, assistent à une pièce de théâtre visant à les faire réagir et interagir sur le thème de l’orientation. Nous organisons 3 à 4 journées de ce type par an, touchant ainsi 1 000 jeunes filles. Nous organisons aussi des visites pour des classes pour rencontrer des étudiantes et des chercheuses.

Et pour les préparationnaires ?

Nous proposons depuis 2016 un internat d’excellence à des jeunes filles le weekend et les vacances. Elles sont sélectionnées sur des critères sociaux en lien avec leur proviseur. Elles font des colles avec des X, préparent leurs concours.

Autre formule, les camps de mathématiques eux aussi montés en 2016 ?

Les groupes sont soit à parité, soit dédiés aux lycéennes. Ces jeunes venus de toute la France font des maths le matin avec des élèves, l’après-midi ils s’attellent à un problème résolu ou non avec un professeur, ils font du sport et assistent à des veillées que j’anime sur l’orientation. Ils sont très motivés et partagent la passion des maths.

L’objectif est-il d’inciter ces jeunes gens à intégrer Polytechnique ?

L’objectif de les amener à se dépasser, à aller le plus loin possible dans leurs aspirations. Certains tenteront Polytechnique, d’autres non. Pour les jeunes filles, la première chose est de faire tomber les idées reçues et l’autocensure. Nous leur montrons la diversité des métiers, ouvrons le champ des possibles, valorisons leur appétence pour les sciences. Notre travaillons aussi sur ces thèmes avec la CGE, des associations, des entreprises.

Comment mobilisez-vous la communauté des X autour de ces défis ?

Nous travaillons main dans la main avec le binet X-au féminin et le groupe des alumni Polytechnique-au féminin. Elèves filles comme garçons sont sensibles à ces questions et désireux que leur école soit à l’image de la société, paritaire. En tant que futurs managers, ils sont sensibilisés au déséquilibre dans les entreprises au sein de la profession d’ingénieurs. Etudiantes et diplômées proposent des rôles modèles de femmes polytechniciennes aux parcours professionnels et personnels réussis et épanouissants.

 

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