« Notre principal objectif est de devenir une école résolument tournée vers l’international avec un impact sur les pratiques managériales des entreprises par notre recherche et nos diplômés. »

Quels sont vos axes stratégiques majeurs ?
Pour asseoir le développement international de l’EDHEC, nous avons créé deux campus à Londres et à Singapour, villes à fort rayonnement international. Nous devons également être présents aux Etats-Unis où nous développons des partenariats avec les universités qui correspondent à nos domaines d’excellence. Ainsi, à Princeton – département ORFE en Mathématiques Financières – nous menons ensemble un programme de recherche donnant lieu notamment à une conférence annuelle à New York avec la communauté financière, ainsi qu’à une collaboration dans le cadre de notre PhD en finance. Nous travaillons aussi à un programme de formation continue avec l’Université de Yale, et à des projets importants avec l’Université de Stanford en matière d’entrepreneuriat. Nous souhaitons également être reconnus pour l’impact que nous avons sur lemanagement des entreprises, à travers notre recherche notamment. C’est ce que traduit notre devise « EDHEC for business ». Pour atteindre ce second objectif, nous continuons à développer nos pôles d’excellence en finance, en économie et en droit. La réussite internationale d’EDEHC Risk-Institute depuis dix ans dans le domaine de la finance est un bon exemple de cette ambition. Plus récemment, nous avons lancé en 2012 l’EDHEC Family Business Centre, un centre de recherche et de formation continue sur et pour la croissance des entreprises familiales.

 

Pourquoi l’approche de la recherche est-elle si particulière à l’EDHEC ?
Je déplore que dans l’enseignement supérieur la qualité de la recherche ne soit jamais évaluée par les entreprises. Il y a dix ans, nous avons lancé l’idée à l’EDHEC que la recherche devait servir l’entreprise, l’économie et la société dans son ensemble. Cette démarche se révèle complexe, car il a fallu inventer notre propre modèle. Cela se révèle payant aujourd’hui : si les entreprises et les professionnels financent notre recherche, à travers des chaires et de la formation continue, c’est parce qu’elle leur est utile, elle répond à des problématiques importantes pour l’économie. Pour mettre en place ce modèle à l’EDHEC, tout se joue au niveau de l’évaluation des professeurs. En effet, nous estimons qu’une évaluation des chercheurs qui ne reposerait que sur le nombre de publications académiques ne constituerait pas un bon système. Il m’apparaît plus opportun de mesurer l’impact des chercheurs aussi auprès de la presse spécialisée internationale et auprès des entreprises. Dans notre école, des passerelles existent entre la recherche et le sponsoring. Si une entreprise décide de financer une recherche de l’un des pôles de l’EDHEC, ce qui peut aller jusqu’à un million d’euros sur trois ans, c’est bien qu’elle la juge pertinente. Elle bénéficie d’une exposition importante en tant que sponsor, qui peut aller jusqu’à une diffusion à plus d’1,5 millions de contacts dans le monde dans certains cas. Surtout, elle est assurée d’une philosophie de l’EDHEC que cette recherche lui sera utile. Par exemple, le grand gérant d’actifs américain, Russell Investments, soutien notre recherche car il souhaite que ses clients assureurs en Europe soient préparés au mieux à la mise en place de la directive Solvabilité II.

 

Comment envisagez-vous les enjeux du groupe EDH EC pour les années à venir ?
Pour les écoles de commerce, le véritable enjeu des vingt prochaines années consistera à apporter des solutions au chômage et aux difficultés que rencontrent les finances publiques de notre pays. En effet, si l’on continue de former des élites et que le sort de notre nation ne s’améliore pas, c’est qu’il existe un problème d’efficacité pédagogique ! Nous devons notamment inculquer l’esprit entrepreneurial à tous les accompagner, notamment à l’aide d’un dispositif de cours dispensés en dernière année dans le cadre d’une spécialisation « entrepreneuriat » ainsi qu’avec notre incubateur, EDHEC Young Entrepreneur, qui permet l’émergence et l’accompagnement de projets concrets sur plusieurs années. Pour le moment, plus de 25 sociétés ont été « incubées » et 100 emplois créés. Encore une réussite concrète « EDHEC for business ».

 

Patrick Simon