Parce que de la diversité nait la performance, le monde de l’enseignement bataille ferme pour l’égalité. Mais qu’on parle de mixité ou de parité, l’enjeu reste de taille : comment donner les mêmes chances à toutes et tous dans une société où les stéréotypes sexués ont encore la dent dure ? Grandes écoles et universités se mobilisent.

L’égalité oui… mais où et quand ?
Si la proportion des filles dans les écoles d’ingénieurs et de commerce reste stable depuis plusieurs années, force est de constater que si les formations en management atteignent une parité quasiment parfaite, 2/3 des ingénieurs diplômés le sont aujourd’hui d’une école où il y a moins de 25% de femmes. Ainsi, si des écoles généralistes incluant des disciplines plébiscitées par les jeunes filles comme la chimie ou la biologie font office de bonnes élèves, d’autres établissements spécialistes des sciences dures, de la mécanique, de l’électronique ou de la construction par exemple, restent encore au fond de la classe.

 

Quand les étudiants voient la parité comme un «non sujet»…
Malgré cela, nombre d’étudiantes ne voient pas ces disparités, pourtant flagrantes, comme un problème. « Elles ne se sentent pas stigmatisées car elles considèrent pouvoir prétendre exactement aux mêmes opportunités que leurs camarades masculins », note Yves Poilane, Directeur de Télécom ParisTech. De même, pour Marie-Laure Charpignon, élève à Centrale Paris, « être ingénieur c’est être rationnel, organisé, créatif et gérer une équipe : les femmes savent faire ça aussi bien que les hommes et peuvent donc prétendre aux mêmes fonctions et aux mêmes salaires ». Mais comme le note Rachida Lemmaghti, Responsable du Pôle égalité femmes – hommes de l’Université Paris Diderot « malheureusement, les étudiantes sont souvent peu conscientes des inégalités, beaucoup confondent encore égalité de droit et égalité de fait ».

 

Les Grandes Ecoles et universités agissent !
Car la réalité est là : pas de parité dans l’enseignement supérieur, pas de parité dans l’entreprise. C’est pour cela que nombre d’établissements se sont emparés de la question, les écoles d’ingénieurs en tête. Il s’agit d’abord de sensibiliser au plus tôt collégiennes et lycéennes aux filières et carrières scientifiques et techniques, via des ateliers, des témoignages,… à l’image de ceux mis en place par l’ESTP, Grenoble INP ou Centrale Paris. Les universités et leurs Missions Egalité, récemment mises en place dans 25 établissements, ne sont pas non plus en reste. A ce titre, Paris Diderot fait figure d’exemple. « l’Université a toujours été très engagée sur les questions de genre. Elle est aujourd’hui la seule Université dotée d’un service dédié à l’égalité femme-homme et montre ainsi sa volonté de distinguer les questions liées au genre des problématiques sur la diversité » insiste Rachida Lemmaghti. Qu’on se le dise, le monde l’enseignement supérieur est en ordre de marche !

 

Et les business schools ?
Même si la parité est généralement exemplaire dans les formations en commerce et en management, les questions d’égalité ou de mixité n’y sont pas pour autant balayées d’un revers de main. Bien au contraire. Grenoble EM a ainsi récemment piloté le projet « Management Egalitaire des RH », financé par le Fonds Social Européen. Des diplômées, à l’image de Nathalie Navarro, membre du Réseau Entreprendre, encouragent également les jeunes femmes à oser l’ambition. « Même si les femmes sont brillantes dans leurs études, les hommes restent majoritaires parmi les top managers et les porteurs de projets d’entreprise. Mais elles ne doivent pas hésiter à se lancer : ne pensons pas uniquement risque et pensons opportunité. »

 

CW.