LA QUÊTE DE SENS AU TRAVAIL SUPPOSE UN PRÉALABLE : LA QUÊTE, VOIRE LA CONQUÊTE, D’UN EMPLOI. POUR CERTAINES PERSONNES CETTE PREMIÈRE RECHERCHE S’AVÈRE PLUS – PARFOIS BEAUCOUP PLUS – DIFFICILE QUE POUR D’AUTRES. C’EST LE CAS POUR LES JEUNES EN SITUATION DE HANDICAP.

 

Christian Grapin © Cedric Helsy

Christian Grapin © Cedric Helsy

 

Pas de quête du sens au travail, sans quête de travail
Être jeune en situation de handicap, c’est d’abord être jeune. Or, en France les jeunes sont surreprésentés parmi les chômeurs avec un jeune sur quatre au chômage contre une personne sur dix pour l’ensemble de la population. En tout c’est plus de 2 millions de jeunes qui sont sans diplôme ni emploi. Parmi eux, les plus touchés sont ceux qui ont une faible qualification. Le CEREQ montre que 50 % des non diplômés sont au chômage, contre 32 % parmi les détenteurs d’un CAP-BEP, 21 % des bacheliers, 10 % ayant un BTS ou une licence et 5 % pour les Bac +5.

 

La quête d’un diplôme pour les jeunes en situation de handicap, car il n’y a pas de quête du travail, sans quête d’un diplôme
Être jeune en situation de handicap, c’est évidemment avoir un handicap. En France, 80 % de personnes handicapées en âge de travailler ont une qualification inférieure au Bac. Le taux de chômage des travailleurs handicapés avoisine les 20 %. Fin 2014, ils étaient 9 % de plus à être sans emploi qu’en 2013 et étaient 2,2 fois plus nombreux qu’en 2007. Aujourd’hui encore peu de jeunes en situation de handicap accèdent aux études supérieures. Si à la rentrée 2013, 142 000 enfants handicapés étaient scolarisés en primaire, seuls 18 200 jeunes étudiaient dans l’enseignement supérieur. Si l’on peut se réjouir de la progression des jeunes en situation de handicap au sein de l’enseignement supérieur (ils étaient 8 500 en 2005), on ne peut se satisfaire de la situation actuelle. Sur l’ensemble des jeunes scolarisés seul 1% arriveront à un niveau Bac +5. Ces jeunes confrontés à leur handicap et confrontés aux poids du diplôme dans l’accès à l’emploi se dévalorisent, se sous-estiment, s’auto-censurent et pensent que faire des études ne mènera pas à grand-chose, car ils ne pourront pas accéder à un emploi intéressant, ne pourront pas exercer des responsabilités. Ils n’ont pas tort ! Si les entreprises forment au management des « collaborateurs » handicapés, combien parlent de managers handicapés ?

 

L’enjeu de TREMPLIN est de guider les jeunes en situation de handicap, de donner un sens à la quête de leur qualification, à la quête de leur emploi
En tant que Directeur de l’association TREMPLIN Études-Handicap-Entreprises, je ne m’interroge pas sur la quête de sens de mon travail. En quoi consiste-t-il ? A apporter à travers les missions de l’association, une réponse à un besoin sociétal : le développement de la qualification et de l’expérience professionnelle des lycéens et étudiants en situation de handicap. Répondre à un besoin social est par essence plein de sens. Lorsque l’objectif de vos missions est de tout mettre en oeuvre pour qu’à l’issue de leur parcours d’études et de la construction de leur projet professionnel les jeunes handicapés accèdent à un emploi à la hauteur de leurs ambitions et de leurs capacités, et puissent, à leur tour, s’interroger sur la quête de sens au travail, vous n’avez plus à vous interroger sur la vôtre. L’association veut donner du sens à ces jeunes dans les directions académiques et professionnelles qu’ils peuvent prendre. Et donner du sens aux autres, c’est SE donner du sens.

 

Quand l’entreprise donne du sens au travail, à ceux qui n’y sont pas encore
Nous ne sommes pas seuls à accompagner ces lycéens et étudiants en situation de handicap. TREMPLIN, c’est aujourd’hui une association qui compte plus de deux cents entreprises partenaires sur l’ensemble du territoire national. Nous mobilisons ces entreprises, et elles se mobilisent. Nous les accompagnons pour qu’elles ouvrent leurs portes à ces jeunes, pour qu’elles les accueillent en stage, en jobs d’été, en jobs d’étudiants, en alternance, en CDD et en CDI. C’est à travers ces expériences concrètes, ces immersions professionnelles que les entreprises donnent un sens à ces jeunes handicapés dans les études et les orientations professionnelles qu’ils ont choisies. Ce double accompagnement par TREMPLIN et par l’entreprise leur ouvre le champ des possibles, leur propose des opportunités, leur montre des portes qu’ils ne voyaient même pas.

 

Quand l’entreprise permet à ses salariés de donner du sens aux jeunes en situation de handicap, elle permet à ces mêmes salariés de répondre à leur quête du sens au travail
Mais, dans les entreprises, qui accueille ces jeunes, les forme, les encadre dans leurs stages, leurs alternances, leurs jobs d’été ? Ce sont les salariés, les responsables, les tuteurs, les tutrices des entreprises partenaires. Ces salariés donnent aux jeunes en situation de handicap l’opportunité de découvrir un métier, de valider leurs études, de s’exercer professionnellement, de prendre une place dans leurs activités. A travers ce qu’ils donnent, ces salariés, comme les salariés de TREMPLIN, donnent un sens au devenir de ces jeunes. Et je le répète, donner un sens aux autres, c’est se donner un sens.

 

Pouvoir être, par son activité professionnelle, socialement responsable, c’est pouvoir répondre à sa quête du sens au travail
Cette alliance entre TREMPLIN et ses entreprises aux bénéfices des lycéens et étudiants en situation de handicap, inscrit les salariés de l’entreprise qui s’engagent à nos côtés dans une action socialement responsable. Ça peut être une belle réponse à leur quête de sens au travail.

 

Par Christian Grapin,
Directeur de
TREMPLIN Études-Handicap-Entreprises

 

Contact : christain.grapin@tremplin-handicap.fr