S’il est désormais acquis que les collaborateurs sont une richesse mais également un élément différenciant pour l’entreprise et pour son image, les bouleversements que connaissent nombre de métiers –allant jusqu’à la disparition de certains d’entre eux- peuvent-ils laisser envisager l’accès au bonheur en entreprise ? Dans ce contexte, quel peut être le rôle de celui qu’on appelait jusqu’alors Directeur des Ressources Humaines ? Par Giuseppe Zara, Responsable pédagogique ESG RH

 

Giuseppe Zara, Responsable pédagogique ESGRH

Entreprise et IA… une bonne chose pour les collaborateurs ?

La transformation de l’entreprise, due à l’arrivée massive de l’Intelligence Artificielle, a produit des situations que nous pouvons définir comme perturbantes pour le système social de l’entreprise. Nombre de métiers connus aujourd’hui disparaîtront dans trois à cinq ans maximum. Un rapport de Dell et de « l’Institut pour le futur », estime que 85 % des emplois qui existeront en 2030 n’existent pas encore aujourd’hui. Un autre rapport nous informe que plus de 80 % des tâches effectuées aujourd’hui par l’homme, domaines de la comptabilité ou du juridique compris, pourraient être assurées par des machines, avec plus d’efficacité et de rentabilité.

Et le bonheur dans tout ça.. ?

Alors, face à tous ces bouleversements, où se trouve le bonheur ? Et quid de la « richesse humaine » ?

Selon un article paru dans la Harvard Business Review du 10/02/2015, il existerait un déficit global de lien social en entreprise. Il devient urgent que les DRH le prennent en compte s’ils ne veulent pas être totalement déconnectés de leurs collaborateurs. ADP Research Institute a mené 3 études mondiales (en 2013) auprès des collaborateurs, des acteurs de la fonction RH et des hauts dirigeants concernant la gestion du capital humain dans leur entreprise. Les résultats croisés de ces études ont été rassemblés en France en un livre blanc : « Gestion du capital humain déconnectée des salariés. Un état des lieux mondial » dont voici les 3 points les plus significatifs :

  1. Si les RH estiment à 74 % que la gestion des salariés est de bonne qualité, les salariés européens ne sont que 38 % à partager cette opinion.
  2. La fonction RH est globalement peu satisfaite d’elle-même, avec des taux de 53 % en Europe et 59 % aux US.
  3. Le taux de satisfaction concernant l’équilibre vie privée/vie professionnelle dans le monde varie lui aussi selon la zone géographique, entre 38% en Europe et 49% aux Etats-Unis.

La richesse humaine, devenue une valeur en entreprise

Malgré ces chiffres, le rôle du DRH a fait que la richesse humaine s’est vue attribuer une valeur qui va au-delà de la simple considération sociétale. Grâce au positionnement employabilité versus emploi, la politique RH des entreprises peut rendre aux salariés leurs lettres de noblesse ! Le DRH se transforme en développeur de talents, aide et veille à l’insertion professionnelle des salariés. Le bonheur au travail peut exister uniquement si la logique de production « coûte que coûte » est remplacée par la logique de l’intervention collaborative dans les choix des processus de travail. La relation de confiance est primordiale à l’implémentation d’un cercle vertueux qui considère l’ensemble des parties prenantes.

Le schéma ci-dessous l’explique.

Bonheur ou richesse, intérêt individuel ou collectif. Quelle est la mission du DRH ?

« Directeur du Personnel », puis « Directeur des Ressources Humaines » à la fin des années 80-90, quelle sera la nouvelle dénomination de la fonction pour les années à venir ? « Directeur des Relations Humaines », « Directeur des Richesses Humaines », « Directeur du Développement Humain »… De nombreuses tentatives fleurissent.

Je pense que l’art de s’adapter sémantiquement ne doit pas conduire à passer à côté du plus important : l’Humain. L’amour de l’autre, ce que les anciens Grecs appelaient Agapè, est en effet l’aptitude à adopter, et est la démarche qui permettra à l’entreprise, et au DRH en particulier, de remplir sa mission : mettre l’intérêt collectif au-dessus de l’intérêt individuel.

 

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#3MARQUEEMPLOYEUR / Mon recruteur est un robot, mode ou tendance de fond ?