La démocratisation de l’accès aux grandes écoles est une priorité de l’Association Passerelle depuis plusieurs années. Pour les étudiants en situation de handicap, l’association a mis en place un dispositif qui s’articule autour de 4 axes :

© agence prisme / pierre jayet

© agence prisme / pierre jayet

1) Un concours réservé aux étudiants en situation de handicap
Organisé en partenariat avec des établissements incubateurs (BTS, IUT ou Bachelors), le Concours post-Bac Handicap est proposé en classe de terminale aux étudiants en situation de handicap. Il comporte des épreuves écrites et orales. A l’issue de ce concours, les étudiants sélectionnés suivent une formation au sein d’une section de BTS, d’IUT ou de Bachelors. Une fois leur diplôme obtenu, ils intègrent directement la 1ère année ou la 2e pour les Bachelors du programme Grande Ecole d’une école de Passerelle.
2) Des dispositions prises et des aménagements mis en place, pour permettre l’accès au concours Passerelle des étudiants en situation de handicap déjà engagés dans leurs études supérieures et titulaires d’un diplôme Bac+2 ou Bac+3.
3) Un soutien financier apporté par un réseau d’entreprises partenaires
Ce soutien permet de financer l’adaptation des postes de travail des étudiants et leur permettre ainsi de mener à bien leur scolarité.
4) Une mutualisation des actions de sensibilisation autour du handicap dans les écoles membres de Passerelle
Cela va de la formation de référents Handicap dans chaque école avec l’aide de CED Hanploi à l’organisation d’handicafés en passant par un accompagnement personnalisé des étudiants ou encore la création d’un certificat.

 

L’ÉTUDIANT AU CENTRE DU DISPOSITIF, FACTEUR CLÉ DE RÉUSSITE
Les étudiants impliqués dans ce dispositif réussissent très bien, tant sur le plan académique que professionnel. Avec un peu de recul, ces succès s’expliquent de la manière suivante :
• Une forte demande des entreprises pour les raisons que l’on connait. Les étudiants ont un accès privilégié au monde du travail (et c’est à souligner dans différents domaines)
• Une perspective d’études sur 5 ans dont la 1ère partie se déroule dans un autre établissement mais permettant aux étudiants (et à leur famille) de pouvoir se projeter sur le long terme avec des perspectives positives
• Un réseau de partenaires comprenant des établissements d’enseignement supérieur, des associations spécialisées et des entreprises
• Et surtout, parce que nous plaçons l’étudiant au centre du dispositif et que nous nous organisons en conséquence pour qu’il réussisse.

 

ENCORE ET MALGRÉ TOUT DES RÉTICENCES
Cependant, le chemin à parcourir est encore long et beaucoup de réticences ou de préjugés sont encore à surmonter. Deux me semblent particulièrement importantes :
• L’auto-censure : « ce n’est pas fait pour moi », « je ne vais pas y arriver », « il y a forcément un loup » tels sont quelques uns des retours qui me sont régulièrement opposés lorsque je présente ce programme. De temps en temps, ces commentaires viennent de l’entourage, familial ou scolaire de l’étudiant.
• « La déclaration » ou plutôt la « non déclaration ». Un certain nombre d’étudiants – en situation d’éligibilité pour ce dispositif ne souhaite pas pour des raisons qui leur sont propres se déclarer et préfèrent postuler par les voies « classiques ». C’est dommage quand on voit les soutiens (notamment financiers) que peuvent apporter les entreprises. Je crois que cela s’estompera avec le temps et que de plus en plus d’étudiants pourront montrer et parler de leurs parcours et de leur réussite.

 

Par Jean-François Fiorina,
Président de Passerelle ESC, Directeur adjoint de GEM, Directeur de l’ESC Grenoble
jean-francois.fiorina@grenoble-em.com