Lætitia Somé, 20 ans, étudiante à l’Université Lyon 2 et porteuse du spectacle « Très bien sans toi mon ange »

Lætitia Somé, 20 ans, étudiante à l’Université Lyon 2 et porteuse du spectacle « Très bien sans toi mon ange »

Quelle a été ta démarche créative en participant à Coups de théâtres ?
« En arrivant à l’université, la possibilité de répéter dans des salles spacieuses et bien aménagées a fait naître chez moi l’envie de monter un projet de spectacle vivant. Je me suis intéressée à la question de la femme, de l’héroïne dans le théâtre, car j’ai vite compris à quel point il s’agissait d’un monde d’hommes. En cherchant des monologues féminins, ou des textes mettant en scène exclusivement des femmes, j’ai réalisé qu’elles parlaient toujours de l’homme absent ; c’est là que j’ai choisi ma thématique : comment la femme réagit-t-elle à l’abandon masculin ?
J’ai ensuite mené le projet en tant que comédienne et metteur en scène, tout en essayant d’accentuer l’idée de création collective, pour faire participer les autres comédiennes à la mise en scène. Le projet est devenu le spectacle « Très bien sans toi mon ange », d’une durée d’une heure et quart, avec 15 auteurs différents d’horizons très divers. Nous avons été sélectionnées pour le festival et nous l’avons joué à 2 reprises, devant une centaine de personnes environ à chaque représentation. »

 

Sans le théâtre, serais-tu la même aujourd’hui ?
« Absolument pas ! Le théâtre me définit totalement, que ce soit dans mon rapport à moi-même ou à la société. Le choix de devenir comédienne n’est pas anodin : j’ai mis du temps avant de l’embrasser totalement, car il implique une vie en dehors de la société, et ce même si le théâtre s’évertue à l’interroger constamment. Mais je ne le regrette pas une seconde, car il m’a beaucoup appris : l’humilité de savoir que rien n’est jamais acquis et qu’il faut toujours se réinventer, mais aussi le fait que nous sommes des constructions sociales, et qu’il s’agit d’apprendre à se dépêtrer de ces images qui nous collent à la peau. Or, étant une jeune femme de 20 ans, ceci m’interpelle et m’a permis de mûrir. »

 

Comment perçois-tu le jeu de comédien ?
« Il s’agit d’un travail de recherche constant. Sur son intimité propre mais aussi sur son rapport au corps. Un bon acteur reste avant tout un bon technicien : tout comme le danseur ou le chanteur, il doit prendre soin de ses instruments, et s’entraîner tous les jours. Concernant le travail intérieur, il est long, difficile et ingrat. On ne progresse pas toujours, souvent de manière infime… Mais il faut être patient, s’apprivoiser soimême, tester ses limites, et surtout être un très grand observateur, non seulement du monde qui nous entoure – certains individus sont, sans le savoir, de véritables personnages -, mais aussi des pièces qui se font et des techniques d’acteurs. »

 

Focus :
Coups de théâtres
Nées de l’envie des étudiants de pratiquer cet art de la scène, le Service Culturel de l’Université Lyon 2 organise les rencontres théâtrales depuis 17 ans.
Les grandes étapes ?
Rentrée de septembre : Information des étudiants quant à la possibilité de monter un projet théâtral.
Fin janvier : Organisation d’auditions par le Service Culturel afin de sélectionner les projets ayant la meilleure pertinence et qualité de travail.
Avril : Représentation dans l’amphithéâtre culturel (430 places, son et lumière assurés par une équipe de régisseurs professionnels…) !
Un accompagnement complet !
Logistique : Des locaux de répétitions sont mis à la disposition des étudiants à la Maison des Étudiants. Financier : Le FSDIE (Fonds de Soutien Des Initiatives Etudiantes) offre un accompagnement financier aux élèves.
Conseil : Un metteur en scène professionnelsoutient et conseille les étudiants tout au long de leur projet.

 

Anne-Sophie Mathieu