L’exercice théâtral qui t’a le plus inspiré ?
« Lorsque j’étais à Dauphine, j’ai suivi l’option ‘‘Théâtre en anglais’’, et nous devions jouer Annie Hall de Woody Allen. J’interprétais Annie dans une scène où elle tombe amoureuse. Ce qui m’a énormément plu, c’est l’exploration en pouvaient en ressortir. C’est un véritable travail de recherche sur l’humain. D’ailleurs, je me suis tellement engagée dans les différents exercices d’interprétation, que mes propres émotions se sont trouvées mises en jeu dans cette scène. Ce que je retiens, c’est que j’ai adoré explorer sous toutes ses coutures l’instant magique où l’on tombe amoureux. »

 

En tant que présidente, quelles sont tes fonctions ? Qu’est ce que tu préfères dans ce nouveau rôle que tu endosses ?
« J’ai à la fois un rôle de représentant du Binet, mais également celui de donner l’impulsion dans la création de projets, apporter des idées nouvelles, prendre les décisions concernant l’association. Ce qui me plait particulièrement, c’est de présider une entité qui peut ouvrir sur de nombreuses perspectives, toutes différentes, et c’est à nous de lui donner un sens et une direction. Par ailleurs, j’aime l’ambiance de travail qui règne dans le Binet, à la fois sérieuse et détendue, et surtout très familiale. »

 

Quel est le projet de l’année ?
«Nous avons récemment travaillé sur un projet un peu moins conventionnel que les pièces montées tout au long de l’année par le Binet. Nous avons oeuvré à la création d’une représentation que nous avons intitulée : «Paris théâtral !». L’enjeu que nous nous étions fixé était de monter un spectacle vivant que nous pourrions jouer dans un lieu public, sans annoncer au préalable qu’il s’agit d’une mise en scène. Pour créer ce spectacle, nous avons choisi la méthode par l’improvisation. Cela nous a permis de faire le lien avec le Binet improvisation de l’école et d’associer ainsi nos compétences. Le spectacle a commencé par une scène de dispute de couple censée attirer l’attention des passants. Pour cela, nous avons joué et rejoué la scène, toujours en improvisant, de façon à faire émerger de nombreuses idées. Après quoi, nous gardions les idées qui faisaient l’unanimité. Nous avons ensuite intégré dans l’histoire des personnages un peu loufoques au déguisement farfelu, qui sont venus à la rescousse du couple. Ce spectacle a eu lieu le 18 avril 2013 au Jardin du Luxembourg. Et nous avons prévu de renouveler l’expérience prochainement ! »

 

Si tu devais donner ta propre perception du théâtre à travers une expérience personnelle ?
« Avant d’entrer à Polytechnique, j’ai fait un stage à la Maison des Jeunes et de la Culture de Ris Orangis. Là-bas j’ai découvert une nouvelle dimension et vertu exceptionnelle du théâtre : celle de faire le lien entre des personnes d’univers totalement différents. En effet, il y avait une compagnie de théâtre résidente, et la MJC se servait régulièrement de cette troupe pour rapprocher des personnes qui n’auraient jamais été amenées à se rencontrer et à partager quelque chose. Je n’ai malheureusement pas pu faire parti du projet, mais je l’ai suivi de très près ! Nous, élèves de Polytechnique, et les jeunes avec lesquels nous travaillions, venions de deux univers différents et pourtant sur scène deux mondes se sont retrouvés ! La MJC essaie souvent également de faire le lien entre le monde des séniors et celui des jeunes. Monter un spectacle de théâtre donne réellement lieu à une expérience fédératrice. »

 

Anne-Sophie Mathieu