LES DIRECTEURS D’ÉCOLES PASSÉS PAR L’ENTREPRISE SONT DE PLUS EN PLUS NOMBREUX. EST-CE UNE ÉVOLUTION STRATÉGIQUE ALORS QUE LES ÉCOLES FONT FACE À DES ENJEUX DE PLUS EN PLUS COMPLEXES ET SIMILAIRES À CEUX DES ENTREPRISES ? LEURS RÉPONSES.

 

© Mines Nantes - Service de la communication

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« L’expérience de différents milieux est enrichissante »
ANNE BEAUVAL, DIRECTRICE DE MINES NANTES A PASSÉ 6 ANS CHEZ EDF
« Avoir fait un aller-retour entre le supérieur et l’entreprise m’a montré qu’en réalité nos deux mondes se connaissent mal. Or, connaitre les besoins et rythmes des industriels permet d’identifier les messages et contenus réellement importants pour nos étudiants. Avoir des affinités fortes avec des entreprises est évidemment utile à une institution qui travaille avec et pour le monde économique. En matière de management, connaître le public et le privé a enrichit ma pratique. Enfin, avoir expérimenté différents milieux et modes de fonctionnement permet de prendre de la distance dans son analyse. »



« Savoir à quoi préparer nos élèves »
FRANCIS BÉCARD, DIRECTEUR DU GROUPE ESC TROYES ET DE LA TECHNOPOLE DE L’AUBE, A ÉTÉ DIRIGEANT CHEZ ASTROBOTIC
« Une expérience et même des allers-retours entre l’entreprise et l’école éviteraient une dichotomie un peu absurde. Car le but premier d’une école est que ses diplômés apportent une valeur-ajoutée à l’entreprise. Pour cela, il est impératif de bien connaître ses attentes. Une école se dirige comme une entreprise composée d’experts : le patron a une approche transversale. Il indique le chemin, fédère, motive et s’assure de la qualité des prestations. Au sein de nos CA, les représentants d’entreprises et les internationaux sont de plus en plus nombreux. Cela témoigne de la nécessité de l‘interaction entre les deux mondes. »

 

« Une meilleure compréhension mutuelle »
JACQUES BIOT, PRÉSIDENT DE L’ECOLE POLYTECHNIQUE A EXERCÉ DANS LA BIOPHARMACIE ET CRÉÉ UN CABINET DE CONSEIL
« Les parallèles entre les enjeux de l’entreprise et d’une école sont nombreux : l’ESR est une industrie soumise à une forte intensité concurrentielle internationale, elle a des besoins en capital croissants et son développement repose sur une politique de marque. Les médecins comme les professeurs sont des esprits libres, ils oeuvrent au service des autres. Ce sont des univers propices au management partagé, concerté. Enfin, parler le langage des entreprises permet de développer notre compréhension mutuelle, notre intimité et donc nos relations. Cela vaut aussi avec nos alumni et nos jeunes entrepreneurs. »


« L’expérience de l’entreprise est indispensable »
FRANÇOIS BONVALET, DIRECTEUR DE TBS A EXERCÉ CHEZ MASSEY FERGUSON PUIS CRÉÉ UN CABINET DE CONSEIL
« Les business schools font face à des tensions budgétaires et à une concurrence internationale. Leurs enjeux sont considérables et y répondre est crucial pour leur pérennité. Dès lors, une expérience dans le privé de la gestion de risques et de changements majeurs, de comment dégager des marges, de la culture du résultat, de l’international, n’est pas seulement un atout, c’est indispensable ! Je suis devenu un représentant et un collecteur de fonds pour mon institution. Un directeur d’école tel le chef d’un restaurant ou le chef d’une clinique, doit marier les expertises coeur et stratégiques de son organisation. »

 

« Connaître l’entreprise, c’est la seule façon d’être pertinent »
FRANK BOURNOIS, DIRECTEUR DE ESCP EUROPE A TRAVAILLÉ DANS LES RH CHEZ RHÔNE-POULENC ET CONSEILLE DES CODIR
« Avoir une double expérience est un atout à la tête d’une école. C’est à mon sens la seule façon de pouvoir faire  et dire des choses pertinentes vis-à-vis des futurs cadres que nous formons ou des dirigeants diplômés de notre établissement ou partenaires. Les outils et compétences de l’entreprise comme l’analyse, l’exécution, la mesure des actions sont très utiles pour diriger une école. »

 

« Une manière de rendre à la société »
PAUL FRIEDEL, DIRECTEUR DE TÉLÉCOM BRETAGNE A TRAVAILLÉ EN FRANCE ET À L’INTERNATIONAL (PHILIPS, ORANGE, DIEBOLD, E-SAN LTD)
« En entreprise, j’ai beaucoup travaillé sur l’innovation. J’ai expérimenté une chose fondamentale : l’ingénieur a la capacité à changer le monde en déployant ses inventions. Le monde est à l’aube d’une profonde transformation. Je peux dire avec conviction à nos étudiants qu’ils ont toutes les cartes en main pour en être des acteurs majeurs. Prendre la tête de Télécom Bretagne, c’est aussi pour moi une manière de rendre à la société et de transmettre aux jeunes ce que l’économie et la société attendent d’eux. De même, je suis très à l’aise pour dire à l’entreprise ce que notre école peut lui apporter. »


©TEM

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« Une propension commune à se projeter dans le futur »
DENIS GUIBARD, DIRECTEUR DE TÉLÉCOM ECOLE DE MANAGEMENT A PASSÉ 25 ANS CHEZ ORANGE
« Je viens d’intégrer le monde académique. Je retrouve à TEM une forte propension à se projeter vers le futur en préparant les cadres qui vont le faire. Il est très intéressant pour les entreprises de se confronter à l’enseignement supérieur et vice-versa. Les entreprises sont des parties prenantes des écoles, c’est pour elles que nous formons nos étudiants. Je mets mon expertise de la façon d’interagir avec l’entreprise au service de TEM. J’apporte aussi mon souci de l’efficacité, de l’analyse stratégique, une logique entrepreneuriale, une nouvelle manière d’appréhender la GRH ou le management des processus. »

 

« Mettre mon expérience au service de l’école »
GÉRARD PIGNAULT, DIRECTEUR DE CPE LYON A EXERCÉ 20 ANS CHEZ PÉCHINEY
« Une école a besoin d’équipes diverses pour réaliser ses missions et répondre à ses enjeux. Ainsi, j’apporte ma connaissance des métiers auxquels nous préparons nos ingénieurs et j’applique les méthodes de travail et de management que j’ai éprouvées dans l’entreprise. Le fait que de nombreux dirigeants se mettent au service d’écoles souligne l’importance des évolutions qu’elles ont à mener, notamment dans leurs relations avec le monde socio-économique. Cela indique aussi qu’elles sont attractives et qu’un décloisonnement des milieux s’opère. A titre personnel, c’est une façon d’être utile en rendant ce que j’ai appris à l’école et à ses étudiants. »

 

« Une réponse à la convergence des problématiques »
PHILIPPE RIVET, DIRECTEUR DE L’ESDES A EXERCÉ CHEZ HP ET DIRIGÉ DES PME
« J’ai intégré la sphère académique après un doctorat. Au départ, je souhaitais rester dans l’enseignement et la recherche, puis j’ai été ré-attiré vers le management. Mon expérience de direction d’entreprises dans un contexte international et concurrentiel est à la fois un atout et une source de légitimité. Les écoles étant elles aussi confrontées à ces problématiques. J’enseigne aussi la stratégie. Mon expérience me permet de contextualiser les connaissances pour les élèves. Bien connaître l’entreprise est aussi un plus dans nos liens avec le monde économique pour soutenir notre raison d’être : le bon placement de nos diplômés. »

 

« Faire l’interface entre deux cultures »
ROMAIN SOUBEYRAN, DIRECTEUR DE MINES PARISTECH A ÉTÉ CTO DE CGG VERITAS AUX ETATS-UNIS
« Avoir travaillé à la charnière de la recherche, de la technologie et du marketing m’est très utile à la tête de l’école leader en recherche partenariale. Chaque chercheur génère environ 120 000 € de contrat par an. Il ne suffit pas d’avoir le meilleur produit ou technologie, le packaging est essentiel pour faire la différence. L’ensemble Mines/Armines est une entreprise académique. Mes expériences m’apportent une bonne compréhension des problématiques en matière d’innovation de nos partenaires industriels. Je peux faire l’interface entre nos deux cultures avec légitimité. Je nourris un regard concret sur l’industrie. »

 

ADF