La dernière enquête de l’insertion des diplômés des grandes écoles publiée par la Conférence des Grandes Ecoles montre que les jeunes diplômés managers et ingénieurs ont un niveau de rémunération équivalent. La disparité entre la rémunération des deux catégories de diplômés se réduit. Ainsi, une différence de 3000 € en faveur des diplômés d’écoles de management en 2005 était réduite à une centaine d’euros en 2014 (hors prime)(1).

 

Atelier conseil-carrière, Agnès Marchand © F Sénard, Audencia Group

Atelier conseil-carrière, Agnès Marchand © F Sénard, Audencia Group

Cette tendance est sans doute liée au fait que les diplômés ingénieurs candidatent aujourd’hui pour des postes traditionnellement réservés aux diplômés d’écoles de management, surtout dans le secteur de la finance ou pour les postes de chefs de projet.

 

Historiquement , et en intégrant les primes, les managers gagnent plus que les ingénieurs.
Puisque cette situation existe depuis longtemps certains assument que ce sera toujours ainsi. Deux raisons peuvent nourrir cette croyance. Tout d’abord, grâce à leur formation, les diplômés d’écoles de management se montrent plus forts en négociation : pas seulement en négociation avec des fournisseurs ou des clients, mais également pour négocier leur propre salaire. Les diplômés ingénieurs qui se limitent à la recherche de postes purement techniques, hors dimension managériale, débutent à un niveau salarial plus faible.
La logique de la double compétence modifie cette vision. Elle permet à un étudiant – manager ou ingénieur – de s’ouvrir à d’autres cultures et d’acquérir des compétences supplémentaires. Cette hybridation de compétences rend adaptable, flexible : en un mot, innovant.
Les employeurs sont en quête de personnalités créatives et mobiles
– sur le plan physique et intellectuel – pour évoluer dans l’économie complexe d’aujourd’hui. Ainsi, un diplômé qui peut passer d’un domaine à un autre grâce à un parcours pluridisciplinaire constitue un élément intéressant.
Une formation sous le signe de la double compétence, voire la multicompétence, répond aux attentes des recruteurs. Elle introduit cependant un flou dans la distinction historique entre diplômés notamment dans le cas d’un parcours double diplôme.

 

L’obtention d’un double diplôme se traduit par un coût pour les étudiants,
a minima une année d’études supplémentaire, mais garantit un retour sur investissement rapide. Le salaire initial moyen d’un double diplômé manager et ingénieur est supérieur d’environ 10% à celle de ses collègues. Source d’opportunités de carrière évidente, ces nouveaux cursus exigeants nécessitent une vraie réflexion de la part de l’étudiant qui peut ainsi retrouver une polyvalence souvent compromise par le choix cornélien de la classe préparatoire : scientifique, littéraire ou économique et commerciale.
A Audencia Nantes, 100 % des étudiants s’ouvrent aux domaines hors du management et entre autres à 5 parcours double-compétence (droit, sciences pour l’ingénieur, lettres et philosophie, beaux-arts et architecture) dont 3 doubles-diplômes. De tels profils sont essentiels afin d’aider les entreprises à faire face à un monde où 60 % des métiers de demain n’existent pas encore (étude EY/Linkedin). Soucieuses du bon placement de leurs étudiants, les écoles de management proposent un accompagnement de qualité. Ainsi, en s’appuyant sur l’organisation de nombreuses rencontres avec les entreprises, une offre de conseil carrière et une démarche compétences, Audencia favorise la bonne insertion professionnelle de ses futurs diplômés.
L’intégration de l’innovation, de la créativité et de la pensée « design » dans la culture, voire les gènes, des jeunes diplômés est fondamentale. Associée à un regard critique, elle leur permet de questionner les idées reçues. Cet atout, une caractéristique de l’ensemble des futurs managers, s’avère un des points forts d’étudiants ouverts à des compétences doubles ou multiples.

 

(1) L’insertion des diplômés des grandes écoles – Résultat de l’enquête 2014 – La Conférences des Grandes Ecoles

 

Par Philippe Dépincé, directeur d’Audencia Grande Ecole