Le navire s’appelle entreprise, l’équipage collaborateurs et le capitaine directeur général. Sur une mer d’huile comme durant la tempête, le capitaine doit mener son navire et son équipage vers une multitude de ports : emploi, performance, rentabilité, motivation, équité, développement personnel et professionnel, etc. Comment ? Quelques pistes avec notamment les « leaders libérateurs ».

Isaac Getz, docteur en psychologie, HDR en gestion, professeur à ESCP Europe, a reçu le Prix Syntec Conseil en management 2010 récompensant la meilleure publication de recherche dans la catégorie Management/ ressources humaines/ organisation, pour ses travaux sur les « leaders libérateurs ». Il a publié en 2009 « Freedom, Inc. » avec Brian M. Carney chez Crown Business.

Isaac Getz, docteur en psychologie, HDR en gestion, professeur à ESCP Europe, a reçu le Prix Syntec Conseil en management 2010 récompensant la meilleure publication de recherche dans la catégorie Management/ ressources humaines/ organisation, pour ses travaux sur les « leaders libérateurs ». Il a publié en 2009 « Freedom, Inc. » avec Brian M. Carney chez Crown Business.

Le DG est le premier manager de l’entreprise en tant que responsable de l’opérationnel ; lorsqu’il impulse la stratégie, s’assure qu’elle est déployée dans les entités et qu’elle produit les objectifs attendus. Pour un dirigeant manager c’est communiquer clairement sur la stratégie, créer la motivation, reconnaître les réussites, décider. Il est le visage de l’entreprise dans les entités. Les organisations matricielles : siège, filiales, activités délocalisées ou externalisée, rendent plus complexe la gestion de l’opérationnel. Le DG déploie différents types de management selon le type d’employé en visant toutefois toujours le même objectif : que chacun soit investi et impliqué afin d’atteindre ses objectifs personnels et collectifs.

Posture managériale
La crise a de plus remis le management de proximité sur le devant de la scène. Les dirigeants qui s’étaient éloignés du terrain doivent redevenir visibles, communiquer dans un contexte incertain. Leur rôle de manager est renforcé : expliquer au jour le jour comment l’entreprise évolue, comment la stratégie doit permettre de passer cette période difficile et comment chacun doit s’investir pour y contribuer. On revient aux fondamentaux du management : communication transparente et authentique, relations interpersonnelles, reconnaissance. Alors que les cycles économiques sont de plus en plus volatiles et mondiaux, cette nouvelle posture du DG tend à devenir permanente.

Issac Getz, professeur à ESCP Europe
Vous venez de terminer des travaux sur les « leaders libérateurs », qui sont-ils ?
Ils sont avant gardistes, leurs entreprises sont exceptionnellement performantes et leurs collaborateurs heureux. C’est un style peu répandu qu’on trouve par exemple chez Harley Davidson ou GORE. Leur objectif : créer un environnement organisationnel, une culture dans laquelle les salariés sont à la fois libres et responsables pour prendre toute décision qu’ils estiment la meilleure pour l’entreprise. Il forment une entreprise composée d’adultes où chacun agit dans son périmètre tel un mini dirigeant.

Comment passe-t-on à ce modèle ?
Le leader cesse de dire aux salariés comment faire leur travail. Il les considère comme des êtres humains égaux à lui et élimine les symboles et pratiques qui disent que le manager est un être supérieur. Il traite avec respect, considération, confiance et équité. A ce moment, les salariés changent de posture, s’ouvrent, ont envie de partager leurs idées pour mieux faire. Après avoir libéré, le leader doit éviter l’anarchie, que chaque personne sache le mieux pour l’entreprise et possède les mêmes critères qu’un dirigeant pour le faire. Le DG doit prendre le temps de partager pour que chacun s’approprie ces critères. Cela passe par la formation, l’accompagnement dans la prise de responsabilité et la création d’un environnement dans chacun peut littéralement s’autodiriger. Bâtisseur de cette culture, le leader en devient le gardien. Il se déclare au service de ses salariés et ne prend quasi plus aucune décision !

Quels sont les traits de caractère communs à ces leaders libérateurs ?
Nous avons étudié 30 leaders libérateurs. Ils possèdent des valeurs profondes de respect, considération, équité, courtoisie, politesse. Ils disent « personne n’est spécial et nous le sommes tous. » Ils ont des capacités créatives. Ainsi, plutôt que de chercher à motiver des personnes désengagées de l’entreprise, ils cherchent à créer l’environnement dans lequel elles seront motivées. Enfin, leur caractéristique la plus profonde est la sagesse. Ils ont un style de pensée à la fois didactique et holistique.

A. D-F