Face à la concurrence mondiale en aérospatial et à la pénurie de spécialistes en France, le groupe ISAE repense ses formations, en collaboration avec le GIFAS (Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales). Portrait-robot de l’ingénieur qui partira à la conquête de l’espace.

 

Oliver Lesbre

Oliver Lesbre © Aude Lemarchand

Pour diplômer les pros de l’aéronautique et de l’aérospatial dont la France a besoin, le Groupe ISAE fait évoluer ses cursus. Plus qu’un socle de compétences scientifiques et techniques de haut niveau, le groupe souhaite transmettre à ses élèves, les clés pour maîtriser les enjeux d’actuels : « Nous voulons former des ingénieurs qui auront la vision la plus large possible. C’est pourquoi nous développons une approche systémique dans nos formations pour apprendre à nos étudiants à piloter des projets complexes en mobilisant des compétences multidisciplinaires », indique Olivier Lesbre, DG du Groupe ISAE.

Cap sur l’humain

Autre point central de cette refonte : l’ouverture. Outre l’international, les écoles du groupe développeront les qualités managériales et de leadership chez leurs étudiants.

Une ouverture qui se traduit aussi par le renforcement de la pédagogie par projets. 2018 fut l’année test de cette nouvelle dynamique qui a permis à de beaux projets comme EuroGlider, de voir le jour. Pour créer ce planeur à propulsion électrique capable de décoller par ses propres moyens, le Groupe ISAE a mobilisé les étudiants de toutes ses écoles ainsi que des partenaires comme Dassault Aviation ou une association de vélivole.

Destination innovation

L’innovation et l’entrepreneuriat sont également au cœur de la refonte du cursus ingénieur proposé par les écoles du groupe. Au-delà de la création d’espaces comme l’Innov’Space ou le FuturoLab, le Groupe ISAE mise sur l’expérience. « Dès la première année, nos étudiants sont sensibilisés avec la mise en place de semaines dédiées à l’innovation. Nous réalisons aussi un hackathon, durant lequel nos élèves travaillent avec des écoles d’art et de design », précise Olivier Lesbre.

Mais les étudiants du Groupe ISAE sont aussi de plus en plus nombreux à créer leur startup pendant ou après leur cursus. C’est pourquoi le groupe entend renforcer son accompagnement au travers des parcours spécifiques, mais aussi des rencontres et des startups week-end.

Quoi de neuf en 2019 ?

2019, année du neuf pour le Groupe ISAE qui accueille son 5emembre associé : Supméca. Seconde nouveauté au sein du groupe : la présence de l’ESTIA comme partenaire privilégié.

Autre chantier en cours : la création d’un nouveau cursus par apprentissage labellisé Groupe ISAE. L’objectif ? Répondre aux demandes des industriels qui veulent plus d’ingénieurs formés par ce biais et proposer cette formation en 2020 à ISAE Supaero et en 2021 à ISAE ENSMA et à l’ESTACA.

À la conquête des compétences de demain

Si le Groupe ISAE repense ses formations, c’est avant tout pour s’adapter aux nouvelles compétences dont le marché a besoin. Parmi les plus recherchées : architecture système, électronique, cybersécurité, robotique et mécatronique, supply chain, fabrication additive, industrie 4.0, relation client…

De quoi porter sa nouvelle dynamique « moins de technique, plus de polyvalence et d’éthique »,  comme l’explique Jean-Luc Bérard, Président de la commission des relations au travail du GIFAS et DRH du Groupe Safran. «Auparavant, le métier était tourné vers la technique, mais aujourd’hui, l’ingénieur doit être aussi un manager. Il doit être également plus sensible aux questions d’écologie et de développement durable ».

Aéronautique : un secteur qui donne des ailes

Philippe Dujaric, directeur des affaires sociales du GIFAS le dit : « 2018 est une année record en termes de production d’avions civils avec un chiffre d’affaires de 65 milliards d’euros, fortement tourné vers l’expédition. » Avec plus de 5 ans de carnet de commandes, l’aéronautique représente 350 000 emplois en France, dont 4 000 emplois nets créés en 2018, dont 70 % de CDI. Enfin, le secteur se tourne toujours plus vers l’alternance, avec une volonté affichée d’embaucher plus de 10 000 alternants d’ici 5 ans.

Des étoiles plein les yeux ? Avec 30 000 à 40 000 avions conçus chaque année (un rythme inégalé !), l’aéronautique est déjà le secteur de tous les possibles.