En remportant le prix Laval Virtual, les étudiants de l’école EON entrepreneur school, ont gagné un billet aller/retour au Japon début novembre pour défendre leur application en Réalité Virtuelle auprès des experts de l’International Virtual Reality Contest – par Thomas Solomon, Graphiste Designer de RA/RV chez EON Reality

 

 

 

En 2015, je faisais le choix de mettre en parenthèse mon activité professionnelle pour me former à la conception d’application en réalité virtuelle et augmentée, en suivant les cours dispensés dans l’école EON Entrepreneur School à Laval. Qui aurait cru qu’un an plus tard je me retrouverai catapulter dans ce pays le plus féru de nouvelles technologies qu’est le Japon ?

 

A l’occasion du Laval Virtual 2015, mes 3 coéquipiers et moi avons remporté un prix qui a permis à deux d’entre nous d’aller présenter notre projet « A night stroll in the Alps » et concourir à une compétition à Tokyo : L’IVRC (pour International Virtual Reality Contest) !

 

La confrontation de deux mondes

J’avais toujours entendu dire que pour découvrir l’archipel nippon, il valait mieux y être sensibilisé. Le fossé qui sépare nos deux cultures est tel qu’un apprentissage minimum de la langue et des coutumes locales est plus que vivement conseillé. Et bien c’est exactement ce que nous n’avons pas fait ! Le rythme intense de la formation, où nous avons alterné durant une année cours (en anglais exclusivement) et stages en entreprise ne laisse que peu de temps pour préparer ce voyage. Il a toutefois l’avantage de nous rendre opérationnels dès la fin de notre formation.

Dès notre arrivée nous avons tout de suite été mis au parfum. Voyager au Japon sans parler le Japonais c’est accepter l’idée de devenir analphabète. Si l’anglais est présent dans de nombreux sites touristiques, partout ailleurs, on se rend vite compte que peu de gens y parlent la langue de Shakespeare. On se retrouve donc à devoir faire preuve d’imagination pour se faire comprendre. On est devenu des spécialistes de la langue des signes et du mime.

 

Fabrication d’un prototype

Durant la première partie de notre voyage, nous avons été accueillis par l’émérite professeur SHIRAI à la KAIT university d’Atsugi. Sur place, nous avons eu deux jours pour fabriquer un prototype de chaise nécessaire à la présentation de notre projet. Il fallait créer une assise flexible fixée sur une structure en bois qui permet dans notre application de déplacer le 2ème joueur dans le monde virtuel.  Heureusement pour nous, l’université spécialisée dans les nouvelles technologies dispose d’un très bel atelier dont nous avons pu bénéficier. Les élèves peuvent y travailler le bois, le métal, la céramique et même l’impression 3D.

Aussitôt arrivés, après 18h de voyage, nous avons dû nous mettre au travail en luttant difficilement contre le jetlag !

Les Japonais sont très disciplinés, dès le plus jeune âge !

Effervescence chaotique pour préparer la compétition

Des visiteurs ultra motivés pour tester notre application

Les nombreux participants à la compétition IVRC

A la KAIT University nous avons fabriqué notre prototype en un jour, pas si simple

Ici des Japonais passent leur journée à parier de l’argent en jouant à des jeux de courses hippiques

Tokyo downtown by night : la nuit Tokyo s’habille de lumière. La foule, le bruit et le bêton sont omniprésents !

Une application originale

Notre application  » A night troll in the Alps » a été sélectionnée car elle crée de l’interaction entre les utilisateurs. Elle permet de rompre l’isolement de la personne qui porte le casque de Réalité Virtuelle car son déplacement et son évolution dans l’application vont être guidés par un autre utilisateur grâce à la chaise. Nous avons souhaité apporter une réponse à l’une des problématiques de la Réalité Virtuelle avec une application qui fonctionne avec 2 utilisateurs dépendants et solidaires l’un de l’autre. Cette approche multi-joueurs a été récompensée par le prix des experts de RA/RV de l’entreprise DEGICA, un des sponsors de l’évènement.

En route vers Tokyo

Tokyo fut une autre paire de manche. L’ambiance qui règne dans cette ville fait ressortir un paradoxe qui nous a marqué. Si les Japonais renvoient d’abord une image de citoyens ordonnés et disciplinés, leur rapport aux nouvelles technologies peut parfois paraître déroutant. Visiter une salle d’arcade au Japon vaut vraiment le détour ! On peut y voir toutes les générations (du cadre en costume à l’écolière en uniforme), se démener devant des jeux de rythmes tels des danseurs frénétiques dans un bruit assourdissant ! Les concurrents que nous avons rencontrés lors de la compétition avaient tous eu des idées très originales et proposaient des installations complètement folles. Il était ainsi possible de piloter des engins futuristes harnachés sur des structures métalliques, nager dans un intestin, revivre, sa naissance lové dans un hamac ou encore vivre sa mort installé dans un cercueil !

Et si nous fûmes un poil décontenancés par certaines, les visiteurs de la DC Expo étaient eux sans complexe, sans a priori et faisaient tous preuve d’une grande ouverture d’esprit. Enfants et adultes faisaient la queue pour tester un maximum d’applications et exprimaient la même joie et la même excitation. Il apparait sans nul doute que les nouvelles technologies sont facilement appropriées par les Japonais qui y sont ultra réceptifs. L’Asie montre un vrai appétit pour les technologies de Réalité Virtuelle et Augmentée. Dans le Groupe Eon Reality, pour lequel je travaille depuis septembre, on constate que le marché est quatre fois plus important qu’en Europe. Cette comparaison est d’autant plus visible que le Groupe dispose de 21 filiales dans le monde.  Infos sur EON Reality : http://www.eonreality.com