Depuis 2014, les écoles du Campus Eiffel, dont l’ESCE, se sont associées pour offrir les Parenthèses Culture. Animé par des intervenants prestigieux, ce cycle de conférences est une façon d’afficher et de prolonger notre ambition pédagogique au sein de l’école : favoriser l’échange et la circulation des connaissances et permettre aux étudiants de s’ouvrir aux grands enjeux contemporains. Cette année, c’est le philosophe et écrivain Luc Ferry qui a pu ainsi nous apporter son éclairage sur une question aussi intemporelle que celle du Bonheur.

Si ce thème peut paraître de prime abord éloigné des principales missions d’une école de commerce, à l’ESCE, nous avons fait le pari de l’intégrer activement à la pédagogie. Dès la première année, dans le cadre des Conférences de méthode, un cours destiné à initier les étudiants à la recherche en leur donnant des repères conceptuels et méthodologiques. Ensuite, tout au long du cursus, sous forme de participation aux « Parenthèses Pédago », des vidéos mises en ligne sur le site de l’ESCE et offrant aux étudiants l’occasion de réagir aux conférences de Luc Ferry.

 

Le bonheur, tout un dossier !
Dès la rentrée, les étudiants ont donc travaillé par petits groupes sur le Bonheur en vue de produire un dossier évalué au sein des Conférences de méthode. Cela nous a permis de constater l’étendue des champs couverts par ce thème : l’économie, le marketing, les ressources humaines… Des problématiques ont surgi. Certains se sont intéressés au mythe du bonheur véhiculé par la société de consommation et la frustration afférente. D’autres se sont concentrés sur la violence des stéréotypes fabriqués par la publicité – la minceur, la beauté, l’hyper-sexualisation des enfants… – et la perte d’estime de soi qu’elle peut produire chez les adolescents. D’autres encore se sont interrogés sur le bienfondé d’une politique volontariste du bonheur, que ce soit à l’école, dans le sport, ou à travers les grandes utopies : peut-on faire le bonheur de tous ou l’autorité doit-elle se contenter « d’être juste, nous nous chargerons d’être heureux ? » (Benjamin Constant). Enfin, interpellés par le sens que l’on prête au mot bonheur, des élèves ont constaté qu’il n’y avait pas une vision universellement reconnue du bonheur, qu’il pouvait y avoir des différences de perception selon l’âge, le milieu social, les cultures, les religions. Au-delà de la richesse des problématiques soulevées et des discussions engagées, l’essentiel, à travers le travail fourni, était d’apprendre aux étudiants à recueillir et traiter l’information sur un sujet afin de s’approprier de nouveaux savoirs, de construire une pensée, de développer des compétences argumentatives et de synthèse.

 

Le Bonheur, une question de sens
L’ESCE a, de par sa vocation internationale, compris très tôt l’intérêt d’inscrire au coeur de sa pédagogie les Sciences Humaines et la Culture Générale. Elle a toujours veillé à donner, outre des outils et des compétences indispensables à l’insertion dans la vie professionnelle, des aptitudes tout aussi utiles quoique moins visibles, à commencer par l’ouverture à autrui, la curiosité intellectuelle et artistique, le goût des langues et des cultures. Sans oublier la réflexivité, car, plus que jamais, dans un monde complexe, les étudiants devront être en capacité de répondre aux demandes d’adaptation aux changements tout en conférant du sens à leurs actions et à leur vie. N’est-ce pas là, finalement, ce qui fait retour à la question sous-jacente derrière le bonheur : quel type d’influence puis-je exercer sur ma vie ?

 

Par Olivier Jacquemond,
Enseignant-chercheur & Responsable du pôle Sciences Humaines ESCE