Qu’il s’agisse de parler à un comité de direction, à des banquiers, à des opérationnels, à des investisseurs ou à ses équipes, le PDG arrive souvent avec des chiffres là où on lui demande des mots. Focus sur le data Storytelling, qui l’aide à mieux faire passer les messages importants.

 

Vous connaissez le Data storytelling ? Cette nouvelle pratique qui permet de faire parler les chiffres pour capter l’attention de son auditoire ? De fait, présenter l’information sous forme de récit afin de faciliter les commentaires est devenu une démarche très en vogue chez les dirigeants. Plus que la simple énonciation de chiffres, le Data Storytelling facilite l’écoute et la compréhension du public et permet d’exposer plus facilement son argumentation. Un enjeu de taille quand on sait la masse de données croissantes dont disposent aujourd’hui les entreprises, et sous lesquelles elles peuvent rapidement se retrouver submergées.

Des dirigeants de plus en plus accros

Né aux Etats-Unis dans les années 90, cette technique narrative qui s’apparente à celle des contes ou des récits est en plein boom au sein des patrons d’entreprises, comme le révèle une récente enquête Qlik-BARC-Cognizant * menée auprès de 250 dirigeants européens. Ainsi, 56 % du top management et 46 % des responsables et gestionnaires financiers disent y avoir recours, contre seulement 23 % des responsables-projet et 12 % des utilisateurs occasionnels de données. Pour Dan Sommer, directeur principal Global Market Intelligence chez Qlik : « Cela peut sembler paradoxal, mais dans un monde où la data est omniprésente, l’art de la narration, l’enchaînement des idées et les mots retrouvent toute leur importance » explique ce spécialiste de l’analyse visuelle.

Une technique qui se travaille

Loin d’être un jeu d’enfant, le data storytelling exige une certaine dose de réflexion pour imaginer un scénario et un fil conducteur qui auront un impact sur l’auditoire. Afin de faciliter sa préparation, certains dirigeants ont recours à des outils de Business Intelligence proposant des fonctionnalités de data storytelling. Comme le point de départ du data storytelling reste la donnée, la pertinence, la lisibilité et la fluidité des informations utilisées en amont sont primordiales. La « mise en scène » des données ouvre alors de nouvelles perspectives au décisionnel, dans une optique collaborative de partage des informations. Outre son aspect ludique, le data storytelling constitue donc un vrai levier pour capter l’attention d’un auditoire et le faire adhérer à une idée. A intégrer de toute urgence dans le kit de survie du dirigeant !

 Témoignage de Kilian Bazin, co-fondateur de Toucan Toco, lauréat du Trophée du Cloud : D’abord un constat. Alors que la collecte de données s’est généralisée à l’ensemble de l’entreprise, tous services confondus, l’analyse et la transmission des résultats reste une pratique inaccessible à la majorité des collaborateurs. Le Data Storytelling, c’est une association heureuse : celle des techniques ancestrales du récit avec ce que la modernité a produit de plus abstrait et austère, à savoir les chiffres de performance d’une entreprise. Des neuroscientifiques ont démontré que c’est dans le cortex préfrontal, lieu de gestion des émotions, que sont prises les décisions. Afin de faire passer un message, il faut donc s’adresser aux émotions des individus. Comment ? En racontant une histoire…

Quèsaco ? Le Data Storytelling (en français l’accroche narrative) est la création d’un récit qui intègre à la fois les données brutes, les connexions qui existent entre elles et les commentaires qui en découlent.

La phrase : « Une histoire est 22 fois mieux retenue qu’une statistique » – Jennifer Aaker, psychologue et professeur de marketing à Stanford

*Etude réalisée entre septembre et octobre 2016 par BARC avec Qlik et Cognizant auprès de 250 responsables en entreprise en Europe.

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