L’expérientiel est le meilleur terrain d’apprentissage… C’est animé par cette conviction que je propose aux étudiants du Programme Grande Ecole de vivre une expérience pédagogique atypique : la « Nuit de l’ONU ». Répartis en plus de 40 pays sous la forme de délégations, les étudiants se mobilisent toute une nuit autour d’une thématique à fort enjeu international. Négociation, sens de l’écoute, qualités de diplomatie… Durant cet exercice pas comme les autres, ils sont mis à rude épreuve et se surpassent pour défendre les couleurs d’une nation durant toute une nuit riche en débats et en rebondissements ! Un exercice qui leur permet de travailler leur gestion du stress dans un contexte incertain et de se préparer à leurs futures responsabilités en entreprise…

 

l’art de la négociation autrement

Les étudiants du Programme Grande École se promettent à une carrière dans des fonctions à responsabilités au sein d’un monde professionnel désormais fortement globalisé. La négociation, la diplomatie feront partie de leur quotidien professionnel, tout comme leur capacité à travailler dans des environnements multiculturels et à décrypter les mutations d’un monde plus que jamais rythmé par les enjeux géopolitiques. C’est sur la base de ce constat que la « Nuit de l’ONU » a vu le jour. Dans un format atypique, j’invite les étudiants à découvrir le fonctionnement d’une grande institution internationale lors d’un exercice de négociation et de diplomatie. Le tout en leur demandant de s’approprier en un temps record les principes culturels ainsi que les spécificités économiques d’une nation. De quoi mettre leur agilité à l’épreuve !

Si l’exercice est impressionnant, je veille à ce que les étudiants y soient parfaitement préparés pour en tirer pleinement profit. Pour cela, des cours de négociation, de géopolitique et des conférences d’experts internationaux précèdent la « Nuit de l’ONU ». De quoi s’immerger dans un environnement dont les codes et le fonctionnement ne leur sont – à priori – pas familiers au départs. Ils sont ainsi sensibilisés à ce que signifient l’art de la négociation multipartite, les rapports de forces, et une stratégie coopérative et compétitive avant de plonger dans le grand bain !

 

mobiliser les étudiants dans des conditions réalistes

Si la préparation des étudiants en amont est essentielle, leur première impression dès les premières minutes durant l’exercice l’est tout autant pour garantir une totale immersion dans l’environnement qui sera le leur pour les 15 heures à venir ! C’est pourquoi je porte une attention toute particulière à ce que l’exercice soit le plus réaliste possible. Drapeaux internationaux, chevalets pour chaque nation, espaces de négociation dédiés à chaque délégation à proximité directe de l’amphithéâtre où se tient l’assemblée générale de l’ONU factice… Tout est fait pour qu’ils vivent pleinement l’expérience, accompagnés par une équipe pédagogique experte en négociation internationale et en intelligence économique.

Dès le lancement, partir de 18 heures, chaque étudiant est assigné à un pays et rejoint sa délégation. Mobilisés autour d’une thématique d’actualité qui change chaque année, chaque délégation doit défendre ses convictions face aux 40 autres.  Pour cela les pays peuvent, en fonction des intérêts de chacun, former des coalitions pour peser davantage lors des débats internationaux et ainsi voir éventuellement leurs résolutions adoptées à la fin de la nuit.

Comme dans la réalité, des fils d’informations réalisés sur place par un organe de presse factice relatent l’avancement de certaines coalitions ou les échecs de négociations permettant de pimenter l’expérience et de mesurer leur capacité à réagir.

écoute, expression & endurance 

Les enjeux pédagogiques de la « Nuit de l’ONU » dépassent très largement l’apprentissage de la négociation. Enjeux mondiaux, fatigue physique et intellectuelle… Lors de cet apprentissage par l’action, les étudiants sont forcés à sortir de leur zone de confort. Ils expérimentent dans des conditions réalistes leurs capacités d’action, de prise de décision et de recul dans les conditions réelles des grandes négociations internationales. Dans l’exercice, la qualité de l’expression et l’aisance à l’oral sont essentielle. Le sens de l’écoute joue également un rôle clé, car c’est en écoutant et en comprenant parfaitement les autres que l’on apprend à intervenir au bon moment pour servir ses propres intérêts. Le format nocturne tout comme le rythme intensif complexifient l’exercice et les conditions de négociation tout comme de prise de décision.

Sur place, mes étudiants développent des compétences d’endurance réelles et comprennent que le sprint est souvent l’ennemi de la décision. Un enseignement qu’ils pourront exploiter tout au long de leur carrière professionnelle !

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Dimitri Vasiljevic, Enseignant chercheur en Comportement organisationnel et de Négociation, Département Hommes et Organisations, NEOMA Business School